🚨 Voici les 5 Actualités des Antilles à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 11 Janvier 2026
Venezuela : un bilan humain lourd après la capture de Maduro, Caracas et La Habana rendent hommage aux victimes - Actu 1
L’opération militaire américaine qui a conduit à la capture et à l’exfiltration de Nicolás Maduro, le samedi 3 janvier, s’est soldée par un bilan humain tragique, marquant un tournant dramatique dans la crise politique et géopolitique qui secoue le Venezuela.
Un bilan qui s’alourdit au fil des jours
Dans les heures qui ont suivi l’assaut, les autorités de Caracas et de La Habana ont commencé à communiquer des chiffres sur les pertes humaines, tandis que des témoignages locaux et des déclarations officielles faisaient état d’un bilan en évolution constante.
Selon les chiffres communiqués par le ministère vénézuélien de l’Intérieur, l’attaque américaine a causé de nombreuses pertes parmi les forces de sécurité locales et leurs alliés, avec au moins 55 morts identifiés à un stade préliminaire, dont 23 militaires vénézuéliens et 32 militaires et policiers cubains issus des services de sécurité, présents au Venezuela depuis plusieurs années dans le cadre de la coopération bilatérale. Ces chiffres s’appuient sur des données partagées par les gouvernements vénézuélien et cubain, bien qu’un bilan global et définitif reste difficile à établir.
Deuil national et hommages officiels
Trois jours après l’opération, mardi 6 janvier, Delcy Rodríguez, nommée présidente par intérim dans le sillage de l’arrestation de Maduro, a décrété une semaine de deuil national en mémoire des « martyrs qui ont donné leur vie pour la défense de notre pays ». Lors d’une allocution à la télévision nationale, elle a souligné que les victimes comprenaient « des jeunes, des femmes et des hommes » tombés « en défendant le Venezuela et le président Nicolás Maduro », une formulation qui donne une dimension symbolique à ces pertes dans le récit officiel du gouvernement vénézuélien.
Le gouvernement cubain, allié historique de Caracas, a également rendu hommage à ses ressortissants tués, en diffusant les portraits de plusieurs des 32 militaires cubains sacrifiés lors de l’assaut, âgés de 26 à 67 ans, et en déclarant deux jours de deuil national. Cuba a qualifié l’attaque américaine d’« acte criminel d’agression » et de « terrorisme d’État », dénonçant une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne.
Contexte et implications de la présence cubaine
La présence de forces cubaines au Venezuela s’inscrit dans une coopération de longue date entre les deux pays : depuis plusieurs décennies, La Habana envoie des officiers, du personnel de renseignement et des membres des forces de sécurité pour appuyer la présidence vénézuélienne dans la protection rapprochée et les services d’état-major stratégique. Cette coopération est souvent symboliquement liée à l’échange d’hydrocarbures à prix préférentiels que Caracas accorde à Cuba depuis l’ère chaviste.
Des spécialistes soulignent que Maduro, confronté à des crises politiques et institutionnelles internes, a historiquement fait davantage confiance aux officiers et agents soutenus par Cuba que parfois à ses propres services de sécurité, une dynamique qui explique en partie pourquoi un nombre significatif de victimes lors de l’assaut étaient des Cubains intégrés à ces unités spécialisées.
La France sommée de sortir de sa réserve en Guyane : un rapport sénatorial sonne l’alarme - Actu 2
Un rapport sénatorial publié mercredi appelle la France à rompre avec sa « passivité stratégique » sur le plateau des Guyanes. Face à l’orpaillage illégal, au pillage des ressources et à l’influence croissante de la Chine, les parlementaires recommandent d’accélérer le développement de la filière aurifère légale et de renforcer la coopération avec les voisins de la Guyane. Le texte préconise notamment un rapprochement avec le Guyana, devenu en quelques années un nouvel Eldorado pétrolier mondial.
Cette évolution interroge la capacité de Paris à peser dans une région désormais convoitée, à l’heure où Washington redéfinit sa présence en Amérique du Sud. Pour la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, la France devra se doter de moyens sensiblement plus importants si elle souhaite demeurer « un acteur régional clé ».
Un rapport qui met en lumière les fragilités françaises
Les sénateurs pointent un ensemble de vulnérabilités : dispositifs militaires limités, diplomatie atone et coopération régionale encore insuffisante. De leur point de vue, les moyens actuels ne permettent pas de garantir une influence durable sur un territoire qui plonge la France au cœur de l’Amérique du Sud, à la frontière du Guyana et du Suriname.
Le rapport plaide pour une montée en puissance globale : renforcement des capacités opérationnelles, sécurisation accrue des frontières, soutien à l’économie locale et stratégie diplomatique plus affirmée.
Une zone remodelée par les hydrocarbures et les rivalités de puissance
Le plateau des Guyanes se trouve aujourd’hui au croisement d’enjeux énergétiques, économiques et géopolitiques. L’essor fulgurant du Guyana et du Suriname, où les découvertes pétrolières se multiplient, attire investisseurs et États. Dans le même temps, la réactivation symbolique de la doctrine Monroe que Washington mobilise régulièrement pour justifier son influence dans l’hémisphère pourrait restreindre l’espace d’action des puissances extérieures.
Cette dynamique s’ajoute aux tensions causées par l’orpaillage illégal en Guyane française, un phénomène qui siphonne les ressources, dégrade l’environnement et échappe au contrôle de l’État. La Chine, très présente via les filières aurifères et ses investissements en Amérique du Sud, est également citée parmi les acteurs à surveiller.
Une inquiétude politique assumée
Cédric Perrin, président de la commission et sénateur (LR) du Territoire de Belfort, résume la tonalité du rapport : « De quelles forces disposons-nous pour exister ? Si demain la doctrine Monroe des Américains s’étend, tout est possible ». Les auteurs estiment que les signaux d’alerte se multiplient et que l’État doit anticiper plutôt que subir.
Redéfinir la place de la Guyane dans la stratégie française
Au-delà de la dimension militaire, les sénateurs invitent à repenser la Guyane comme un pivot stratégique et non comme un simple territoire ultramarin. Cette approche implique une politique extérieure mieux ancrée dans les réalités locales, un développement économique cohérent avec les ressources du territoire et un dialogue renforcé avec les voisins sud-américains.
Les recommandations devraient nourrir de prochains débats parlementaires et ministériels.
Les océans ont absorbé une quantité record de chaleur en 2025 - Actu 3
Les océans ont une nouvelle fois battu un record inquiétant : en 2025, ils ont absorbé une quantité de chaleur sans précédent, selon une étude internationale publiée vendredi. Ce phénomène, désormais récurrent, alimente l’élévation du niveau de la mer, renforce les tempêtes et accélère la destruction des coraux.
C’est la neuvième année consécutive que la chaleur stockée par les océans atteint un record. « La quantité totale de chaleur dans les 2 000 premiers mètres des océans a augmenté d’environ 23 zettajoules en 2025 », précise à l’AFP Lijing Cheng, professeur à l’Institut de physique atmosphérique (IAP) de l’Académie chinoise des sciences et auteur principal de l’étude publiée dans Advances in Atmospheric Sciences. Pour rendre cette énergie tangible, le scientifique évoque « l’équivalent de 12 bombes d’Hiroshima explosant chaque seconde, chaque jour de l’année ».
Le poumon thermique du climat sous tension
Véritables régulateurs du climat, les océans absorbent près de 90 % de l’excès de chaleur généré par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Leur réchauffement n’est pas uniforme : en 2025, les océans tropicaux, l’Atlantique Sud, la Méditerranée, le Nord de l’océan Indien et l’océan Austral se distinguent parmi les zones qui accumulent le plus d’énergie.
L’analyse repose sur une combinaison de données, notamment le réseau international de 4 000 flotteurs Argo, qui plongent jusqu’à 2 000 mètres de profondeur pour relever températures et salinité.
Des conséquences visibles et profondes
La montée en chaleur des océans agit sur plusieurs leviers :
dilatation thermique, contribuant à l’élévation du niveau de la mer,
vagues de chaleur marines, qui fragilisent et blanchissent les coraux,
intensification des phénomènes extrêmes, tels que cyclones et pluies diluviennes.
Bien que la température en surface des mers ait légèrement reculé en 2025 , un effet attribué à l’épisode La Niña, connu pour son refroidissement temporaire , elle demeure néanmoins la troisième plus élevée jamais mesurée.
Un réchauffement qui s’accélère
Pour les auteurs, le constat dépasse désormais la seule observation scientifique. La tendance de fond s’accélère, alimentée par l’augmentation continue des gaz à effet de serre. « La plus grande incertitude du système climatique n’est plus la physique, mais les choix que l’humanité fait », souligne Karina von Schuckmann, océanographe chez Mercator Ocean International et co-autrice de l’étude.
L’étude rappelle néanmoins qu’une réduction rapide des émissions pourrait limiter les impacts futurs, en préservant un climat compatible avec les sociétés humaines et les écosystèmes marins.
Martinique : les Robertins exaspérés face aux sargasses, un collectif bloque plusieurs axes - Actu 4
En Martinique, la colère monte au Robert. Depuis plusieurs jours, les habitants dénoncent une situation devenue « invivable » en raison des échouements massifs de sargasses, ces algues brunes venues de l’Atlantique qui asphyxient régulièrement les communes du littoral.
Nuisances environnementales et sanitaires
Au-delà des nuisances visuelles et de la dégradation du cadre de vie, les Robertins alertent sur le danger sanitaire lié à la décomposition de ces algues. En se dégradant, les sargasses libèrent notamment du gaz toxique, dont l’hydrogène sulfuré (H₂S), responsable d’odeurs nauséabondes, d’irritations respiratoires et de symptômes neurologiques, en particulier chez les personnes les plus vulnérables — enfants, personnes âgées ou asthmatiques.
Les habitants affirment vivre avec les fenêtres fermées, des maux de tête récurrents, des difficultés respiratoires et des perturbations du sommeil, et dénoncent l’absence de mesures suffisamment rapides et efficaces.
Le collectif Sargasse-Robert passe à l’action
Face au sentiment d’abandon, le collectif Sargasse-Robert, récemment structuré, est passé à l’action ce matin en bloquant plusieurs axes routiers de la commune pour interpeller les autorités locales et nationales. L’objectif : obtenir des solutions durables, une prise en charge sanitaire réelle et un calendrier clair de collecte et de traitement des algues.
Les manifestants exigent également un protocole d’alerte et de suivi des concentrations de gaz, ainsi qu’une meilleure assistance aux foyers les plus touchés.
Un problème récurrent dans la Caraïbe
Les échouements de sargasses ne sont pas un phénomène nouveau. Depuis 2011, l’ensemble de la Caraïbe est confronté à ces arrivées massives, liées à des changements dans les courants océaniques, aux apports nutritifs du bassin amazonien et au réchauffement des eaux. La Martinique, comme la Guadeloupe ou certaines îles anglophones, fait partie des territoires les plus régulièrement impactés.
États-Unis : une caution pouvant atteindre 15 000 $ exigée pour les visas des citoyens de la Dominique et d’Antigua-et-Barbuda - Actu 5
Les États-Unis ont étendu leur nouvelle politique de cautionnement des visas à plusieurs pays, incluant la Dominique et Antigua-et-Barbuda, deux membres de la Communauté caribéenne (CARICOM). À partir du 21 janvier 2026, les ressortissants de ces pays devront, dans certains cas, déposer une caution financière allant de 5 000 à 15 000 dollars américains s’ils souhaitent obtenir un visa B-1 (affaires) ou B-2 (tourisme) pour entrer aux États-Unis.
Cette mesure s’inscrit dans un programme pilote mis en place par le Département d’État américain, sous l’autorité d’une règle temporaire qui court jusqu’en août 2026. Le but affiché par Washington est de lutter contre le non-respect par certains visiteurs des conditions de séjour notamment les dépassements de durée autorisée en imposant une garantie financière remboursable si les conditions du visa sont respectées.
Concrètement, un agent consulaire peut exiger, au moment de l’entretien de visa, que le demandeur accepte de déposer une caution de 5 000 $, 10 000 $ ou 15 000 $, via la plateforme du Trésor américain Pay.gov, et ce après dépôt du formulaire I-352 du Département de la Sécurité intérieure. Cette caution est remboursée intégralement si le visiteur respecte les termes de son visa (notamment en quittant le territoire à temps) ou si sa demande de visa est refusée. En revanche, son versement ne garantit pas l’obtention du visa lui-même.
La démarche intervient alors que le Département d’État a élargi cette obligation à 38 pays, principalement en Afrique mais aussi en Amérique latine et aux Caraïbes, dont Cuba, le Venezuela, la Côte d’Ivoire, le Nigeria ou encore le Bangladesh. La Dominique et Antigua-et-Barbuda sont les deux seuls membres de la CARICOM inclus dans cette liste aux côtés de Cuba.
Une mesure dans un contexte de restrictions migratoires élargi
L’introduction de ce système de caution (visa bond) s’inscrit dans une série de politiques plus strictes adoptées par l’administration américaine pour renforcer le contrôle des entrées sur son territoire. Elle fait suite à plusieurs mesures récentes, comme la suspension ou la limitation de l’émission de certains visas pour des pays jugés à risques et des procédures de vérification renforcées des voyageurs, notamment en lien avec des programmes de citoyenneté par investissement
Pour les citoyens des pays concernés, cette évolution relance des débats politiques et diplomatiques :
Plusieurs gouvernements ont demandé des clarifications sur l’impact réel de ces mesures.
Les voyageurs américains, étudiants et professionnels ont été incités à ajuster leurs projets pour éviter les conséquences pratiques de ces nouvelles contraintes.
Des discussions ont eu lieu entre des officiels de ces pays et des représentants du Département d’État afin d’atténuer les effets, notamment pour les titulaires de visas existants.
Un signal fort pour les relations avec la CARICOM
Au sein de la région caribéenne, cette politique est perçue comme un signal de surveillance accrue par Washington à l’encontre de certains États. Elle est également interprétée comme un message plus large sur la manière dont les États-Unis envisagent désormais la gestion des flux migratoires, des programmes d’investissement et des risques perçus liés aux voyageurs étrangers.
Pour la Dominique et Antigua-et-Barbuda, deux nations qui ont historiquement promu des programmes de citoyenneté par investissement attractifs, cette enveloppe de caution pourrait représenter une contrainte financière significative pour les voyageurs, tout en suscitant des interrogations sur la manière dont ces politiques s’inscrivent dans les relations bilatérales et les enjeux migratoires régionaux.
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