🚨Voici les 5 Actualités des Antilles à retenir cette semaine 🌴🚨
Jamaïque–Cuba : la coopération médicale sous pression américaine-Actu 1
La Jamaïque renégocie son programme de coopération médicale de longue date avec Cuba, dans un contexte de pression diplomatique accrue des États-Unis.
Au cœur de cette séquence : près de 300 médecins et spécialistes cubains toujours en poste en Jamaïque, alors même que le protocole d’entente encadrant officiellement le programme est arrivé à expiration.
Un programme toujours actif, mais en renégociation
Le ministre jamaïcain de la Santé et du Bien-être, Christopher Tufton, a confirmé que la coopération médicale se poursuit en vertu des contrats existants :
« Il est toujours en vigueur. Nous avons toujours des professionnels cubains ici. »
Aucun nouveau protocole d’entente n’a encore été signé. Des discussions sont en cours, mais Kingston attend des clarifications et certaines demandes formulées par la Jamaïque restent en suspens. Le ministre n’a pas souhaité détailler les exigences spécifiques.
Malgré cette incertitude administrative, des programmes clés continuent, notamment le programme cubain de soins ophtalmologiques et la présence de médecins cubains dans les hôpitaux et centres de santé publics.
Une coopération vieille de plus d’un demi-siècle
La coopération médicale entre la Jamaïque et Cuba remonte à plus de 50 ans. Depuis les années 1970, La Havane a formé des centaines de médecins et dentistes caribéens grâce à des bourses gouvernementales. Beaucoup exercent aujourd’hui dans toute la région.
Le 20 mars 2025, la ministre jamaïcaine des Affaires étrangères, Kamina Johnson Smith, a réaffirmé que le programme demeurait « vital » pour le système de santé national, précisant qu’un examen interne avait été engagé avant même que la pression internationale ne s’intensifie.
Dans un pays confronté à des pénuries chroniques de personnel médical, la présence des brigades cubaines représente un pilier structurel du service public de santé.
Washington durcit le ton
La surveillance américaine s’est accrue sous l’administration actuelle à Washington, qui accuse les missions médicales cubaines à l’étranger de se livrer à des pratiques assimilables au travail forcé et à la traite des êtres humains.
Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa à plusieurs responsables caribéens liés, selon eux, au programme. En 2025, Dennis Cornwall, ministre des Finances de la Grenade, figurait parmi les personnes visées.
Des pressions similaires ont été signalées à Antigua-et-Barbuda et à Saint-Kitts-et-Nevis.
Vendredi dernier, l’ambassade des États-Unis à Barbade a affirmé qu’il existait des « méthodes alternatives » pour recruter du personnel de santé dans la région, tout en déclarant vouloir « demander des comptes » aux responsables cubains et aux gouvernements étrangers participant au programme.
Les dirigeants caribéens rejettent les accusations
Plusieurs chefs de gouvernement de la région ont fermement défendu la coopération avec Cuba.
Le Premier ministre de Sainte-Lucie, Philip J. Pierre, a déclaré que son pays aurait été invité à cesser d’envoyer ses ressortissants étudier la médecine à Cuba , une affirmation que Washington a ensuite nuancée.
De son côté, la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a affirmé l’an dernier qu’elle préférait perdre son visa américain plutôt que de rompre le partenariat médical avec La Havane.
Ces déclarations traduisent une ligne commune : la coopération médicale avec Cuba est perçue comme un instrument de souveraineté sanitaire, non comme un dispositif coercitif.
Un bras de fer géopolitique dans la Grande Caraïbe
Au-delà du dossier jamaïcain, cette séquence révèle une tension plus large entre Washington et plusieurs gouvernements caribéens.
Pour les États-Unis, les brigades médicales cubaines constituent un outil d’influence politique et économique de La Havane.
Pour les États caribéens, elles représentent :
une solution concrète aux pénuries de personnel,
un mécanisme de formation de leurs propres professionnels,
un partenariat Sud–Sud historique.
La Jamaïque se trouve aujourd’hui à l’équilibre entre ces deux réalités : préserver un programme essentiel à son système de santé tout en gérant la pression diplomatique de son principal partenaire commercial et sécuritaire.
SpaceX autorisée à reprendre ses atterrissages de Falcon 9 aux Bahamas après la suspension liée à Starship-Actu 2
Après plusieurs mois d’interruption, les atterrissages de fusées Falcon 9 aux Bahamas vont reprendre. L’Autorité de l’aviation civile des Bahamas (CAAB) a annoncé mardi avoir donné son feu vert à SpaceX pour relancer ses opérations sur le territoire bahaméen, à la suite d’évaluations réglementaires et environnementales approfondies.
Le premier atterrissage est prévu mercredi soir, entre 17h00 et 21h30 (heure locale). L’autorité précise que, selon les conditions météorologiques et atmosphériques, un ou plusieurs « bruits sourds » pourraient être entendus lors de la phase de rentrée et d’atterrissage. Leur intensité dépendra notamment de l’altitude, de la trajectoire et des paramètres environnementaux au moment de la descente.
Une reprise après une suspension liée à Starship
Ce redémarrage intervient dans un contexte particulier. En mars 2025, un vol d’essai de la fusée Starship s’était soldé par une désintégration partielle au-dessus des eaux proches des Bahamas. Bien que l’incident ne concernait pas directement les lanceurs Falcon 9, les autorités bahaméennes avaient décidé de suspendre l’ensemble des atterrissages de SpaceX par précaution.
L’objectif : mener des études complémentaires afin de s’assurer que les opérations spatiales ne présentent aucun risque pour la vie marine et terrestre, en particulier dans des zones écologiquement sensibles comme la baie d’Exuma. Les Bahamas, dont l’économie dépend largement du tourisme et de la qualité de leur environnement marin, ont adopté une approche prudente face à ces activités aérospatiales inédites dans la région.
Des garanties réglementaires et environnementales
Selon la CAAB, « toutes les autorisations et évaluations réglementaires et environnementales requises ont été obtenues conformément aux protocoles établis en matière de sécurité et d’opérations aérospatiales ». Cela signifie que SpaceX a dû fournir des données techniques détaillées sur les trajectoires, les risques de débris, les ondes acoustiques et l’impact potentiel sur les écosystèmes.
La reprise des atterrissages marque également l’anniversaire du premier retour réussi d’un Falcon 9 dans la baie d’Exuma l’an dernier ,un événement qui avait été salué comme une étape majeure dans la coopération entre SpaceX et les autorités bahaméennes.
Un programme ambitieux mais surveillé
Avant la suspension, SpaceX envisageait jusqu’à 20 atterrissages de Falcon 9 aux Bahamas en 2025. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de récupération et de réutilisation des premiers étages, élément central du modèle économique de l’entreprise fondée par Elon Musk.
Si la reprise constitue un signal de confiance des autorités bahaméennes, le programme reste étroitement encadré. Les autorités ont indiqué qu’elles continueront de surveiller de près l’impact des opérations, notamment en cas d’anomalie ou d’incident futur.
Frappe américaine en mer des Caraïbes : trois morts, Sainte-Lucie sous le choc-Actu 3
Une opération militaire américaine menée en mer des Caraïbes a provoqué une vive émotion à Sainte-Lucie. Selon les autorités américaines, trois personnes ont été tuées lors d’une « frappe cinétique létale » conduite par le United States Southern Command (Commandement Sud des États-Unis). Parmi les victimes figureraient deux ressortissants saint-luciens, présentés localement comme des pêcheurs.
Une opération justifiée par Washington
Dans un communiqué, le Commandement Sud affirme avoir ciblé des individus soupçonnés d’activités liées au trafic de drogue, les qualifiant de « narcoterroristes ». Les autorités américaines n’ont toutefois pas rendu publics, à ce stade, d’éléments de preuve détaillés permettant d’étayer ces accusations, invoquant le cadre opérationnel et sécuritaire de la mission.
Cette frappe s’inscrit dans une série d’opérations antidrogue menées ces derniers mois dans la région caraïbe, zone stratégique pour les routes du narcotrafic entre l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord. Selon les données communiquées par les autorités américaines, ces opérations auraient causé plus d’une centaine de morts depuis septembre dernier, un chiffre qui alimente les débats sur la proportionnalité et la transparence de ces interventions.
Colère et inquiétude chez les pêcheurs
À Sainte-Lucie, l’émotion est palpable, notamment dans les communautés littorales. Kaygianna Toussaint Charlery, directrice des opérations de la coopérative de pêcheurs Goodwill, a fait état d’une inquiétude grandissante. Elle souligne que les pêcheurs redoutaient depuis longtemps d’être pris dans des opérations sécuritaires régionales, en raison notamment du partage d’eaux maritimes et de la complexité des juridictions en mer.
Si les informations confirmant l’identité des victimes se vérifient, explique-t-elle, cela renforcerait le sentiment de vulnérabilité d’un secteur déjà fragile. Pour de nombreuses familles saint-luciennes, la pêche constitue la principale source de revenus. Une baisse des sorties en mer, par crainte d’incidents, pourrait avoir des conséquences directes sur les revenus des ménages, mais aussi sur l’approvisionnement alimentaire national.
Un contexte régional tendu
La mer des Caraïbes est devenue ces dernières années un théâtre d’opérations sécuritaires accrues. Les États-Unis justifient leur présence par la lutte contre les réseaux de narcotrafic transnationaux, qui exploitent les routes maritimes pour acheminer cocaïne et autres stupéfiants.
Cependant, ces interventions suscitent régulièrement des interrogations dans les États insulaires, soucieux de préserver leur souveraineté, leur sécurité économique et la protection de leurs ressortissants. Dans ce dossier précis, les autorités saint-luciennes devraient chercher à obtenir des clarifications diplomatiques sur les circonstances exactes de la frappe, et les éléments ayant conduit à l’usage de la force létale.
Netflix lance « Bandi », sa première série tournée majoritairement en Martinique - Actu 4
Netflix prépare pour 2026 « Bandi », présentée comme sa première production originale tournée majoritairement en Martinique. Une série dramatique en huit épisodes qui ambitionne d’inscrire durablement l’île dans le paysage des grandes fictions internationales.
Un projet porté par le créateur du Bureau des Légendes
À l’origine de la série, Éric Rochant, créateur de la série culte Le Bureau des Légendes. Réputé pour son sens du réalisme et ses intrigues politiques tendues, il change ici de registre. Avec « Bandi », Rochant explore un drame familial enraciné dans les réalités sociales, historiques et culturelles martiniquaises.
La réalisation est notamment confiée à Jimmy Laporal-Trésor, dont le travail s’est déjà distingué par une mise en scène immersive et contemporaine. La production associe des talents hexagonaux et caribéens, illustrant une volonté d’équilibre entre regard international et ancrage local.
Un « western caribéen » entre loyauté et survie
Décrite comme un « western caribéen épique », « Bandi » suit une famille martiniquaise confrontée à une menace majeure après un événement tragique. Pour survivre, le clan devra faire bloc face aux pressions extérieures et aux fractures internes.
Le titre lui-même est chargé de sens : en créole, bandi renvoie autant au banditisme qu’à la débrouillardise. Une ambiguïté morale qui semble au cœur du récit, entre quête de dignité, héritage colonial et tensions sociales contemporaines.
EVIL P au casting : une touche locale affirmée
Autre élément qui attire l’attention : la participation annoncée d’EVIL P, figure de la scène artistique antillaise. Sa présence renforce l’ancrage culturel du projet et traduit une volonté claire d’intégrer des talents issus du territoire.
Si son rôle reste confidentiel, sa contribution devrait apporter une énergie contemporaine à cette fresque centrée sur la famille et la loyauté.
Un tournage structurant pour l’île
Le tournage, étalé sur plusieurs mois en 2025, a mobilisé de nombreux techniciens, comédiens et prestataires locaux. Au-delà de l’impact artistique, « Bandi » représente un enjeu économique pour la filière audiovisuelle martiniquaise.
Une partie des dialogues serait en créole, signe d’une volonté d’authenticité linguistique. Netflix poursuit ainsi sa stratégie de productions locales à résonance mondiale, déjà éprouvée dans d’autres territoires.
Poutine dénonce un « blocus pétrolier inacceptable » contre Cuba, la Caraïbe appelée à la solidarité-Actu 5
Le président russe Vladimir Poutine a vivement critiqué les nouvelles restrictions américaines visant l’approvisionnement en carburant de Cuba, les qualifiant d’« inacceptables ». Cette déclaration intervient alors que l’île traverse l’une des crises énergétiques les plus graves de son histoire récente, sur fond de tensions géopolitiques accrues dans la région.
Moscou réaffirme son soutien à La Havane
Reçu à Moscou, le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla a évoqué une situation d’approvisionnement « critique ». Selon l’agence russe TASS, Vladimir Poutine a assuré que la Russie n’acceptait pas les sanctions imposées par Washington et qu’elle continuerait à soutenir Cuba « dans sa lutte pour l’indépendance et le droit de suivre sa propre voie de développement ».
Alliée historique de La Havane depuis l’époque soviétique, Moscou examine des pistes d’aide, notamment dans le domaine énergétique. Toutefois, aucune annonce concrète d’envoi massif de carburant n’a été confirmée à ce stade.
Des sanctions américaines aux lourdes conséquences
Les tensions se sont intensifiées depuis que l’administration de Donald Trump a renforcé la pression économique sur Cuba, notamment en ciblant les circuits d’approvisionnement pétrolier. Washington a également menacé d’imposer des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à l’île, qualifiant le gouvernement cubain de « menace inhabituelle et extraordinaire ».
La réduction des importations de carburant a entraîné des coupures d’électricité prolongées, des difficultés de transport et des perturbations majeures dans les services publics. À La Havane, des images montrant l’accumulation d’ordures dans les rues ont illustré l’impact concret de la pénurie sur la vie quotidienne.
Les Nations unies ont récemment alerté sur un risque d’aggravation humanitaire si la situation énergétique ne s’améliore pas rapidement.
Une crise devenue régionale
Au-delà du face-à-face entre Moscou et Washington, la crise cubaine suscite des réactions dans l’ensemble de la Caraïbe. L’ambassadeur de la Barbade auprès de la CARICOM, David Comissiong, a appelé les gouvernements et les citoyens caribéens à apporter une réponse humanitaire concrète face à l’aggravation de la situation.
Selon lui, la solidarité régionale ne peut se limiter à des déclarations politiques : elle doit se traduire par des actions tangibles, qu’il s’agisse d’assistance énergétique, alimentaire ou logistique. Cette prise de position reflète une inquiétude croissante dans la région, où les interdépendances économiques et sociales rendent la stabilité cubaine stratégique pour l’ensemble de l’espace caribéen.
Entre pressions politiques et urgence sociale
Si Washington affirme que ces mesures visent à encourager des « changements radicaux », la Maison Blanche n’a pas officiellement appelé à un changement de régime. De son côté, La Havane dénonce une politique de pression susceptible d’aggraver la souffrance de la population.
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