🚨 Voici les 5 Actualités des Caraïbes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 17 Mai 2026
Barbade : un scientifique découvre dans les sargasses des micro-organismes capables de produire des antibiotiques- Actu 1
Longtemps perçues comme une catastrophe écologique et économique pour les littoraux caribéens, les sargasses pourraient bien devenir une ressource scientifique majeure. À la Barbade, un chercheur de l’University of the West Indies a identifié trois nouvelles espèces de micro-organismes dans des sargasses en décomposition, ouvrant la voie à de potentielles avancées dans les domaines de la médecine, des biotechnologies et de l’environnement.
Une découverte historique pour la Barbade
Le scientifique barbadien Bidyut Mohapatra a révélé avoir découvert plusieurs nouveaux microbes, dont une espèce baptisée Streptomyces sargassi.
Selon lui, il s’agit d’une première historique :
« C’est la première fois que des micro-organismes sont nommés d’après la Barbade. »
Le chercheur explique avoir volontairement choisi de rendre hommage au pays plutôt que de donner son propre nom à ces découvertes.
Des bactéries capables de produire plus de 20 antibiotiques
L’une des découvertes les plus prometteuses concerne les capacités biologiques de Streptomyces sargassi.
Le micro-organisme agirait comme une véritable “usine cellulaire”, capable de produire simultanément :
des enzymes,
des composés antibiotiques,
et des molécules potentiellement utiles pour l’industrie pharmaceutique.
Le scientifique affirme que cette bactérie pourrait permettre la création de plus de 20 nouveaux antibiotiques, un enjeu majeur à l’heure où la résistance bactérienne devient un problème mondial de santé publique.
Des microbes capables de dégrader le plastique
Mais les applications dépassent largement le cadre médical.
Selon le chercheur, ces bactéries possèdent également la capacité de dégrader certains plastiques, ouvrant la voie à des procédés plus écologiques de traitement des déchets.
Les micro-organismes pourraient aussi transformer les sargasses en :
biocarburants,
produits agricoles,
composés industriels,
ou fertilisants naturels.
Une perspective particulièrement stratégique pour la Caraïbe, confrontée depuis plus d’une décennie aux échouements massifs d’algues brunes sur ses côtes.
Transformer un fléau caribéen en industrie d’avenir
Dans plusieurs territoires caribéens comme la Guadeloupe, la Martinique, la Barbade ou encore la République dominicaine, les sargasses provoquent régulièrement :
des perturbations du tourisme,
des problèmes sanitaires liés aux émanations toxiques,
des impacts économiques pour la pêche,
et une dégradation des écosystèmes côtiers.
Cette découverte pourrait donc contribuer à changer le regard porté sur ces algues envahissantes.
Le Dr Mohapatra souhaite désormais que les bénéfices scientifiques et économiques restent dans la région :
« Beaucoup d’entreprises veulent que je parte, mais mon objectif principal est de faire quelque chose pour la Barbade. »
Un intérêt scientifique international
Les travaux du chercheur commencent déjà à attirer l’attention de la communauté scientifique mondiale.
La American Society for Microbiology l’a invité à présenter ses recherches à Washington, un honneur réservé à seulement quelques scientifiques dans le monde cette année.
Ses découvertes ont également été validées par le National Center for Biotechnology Information (NCBI) ainsi que par plusieurs centres spécialisés en Belgique et en Allemagne.
Une innovation née dans la Caraïbe
Autofinancé pendant près de dix ans, ce projet symbolise aussi le potentiel scientifique caribéen dans les domaines de la recherche environnementale et des biotechnologies.
Alors que les sargasses représentent l’un des plus grands défis écologiques de la région, cette découverte montre qu’elles pourraient aussi devenir une ressource stratégique pour l’innovation, la santé et la transition écologique dans la Caraïbe.
Le Guyana devient un refuge pour les Cubains fuyant l’effondrement économique de Cuba-Actu 2
Depuis plusieurs années, Cuba traverse une crise économique et sociale d’une ampleur historique. Pénuries alimentaires, coupures d’électricité à répétition, manque de carburant, inflation galopante, effondrement du pouvoir d’achat : l’île connaît une détérioration rapide des conditions de vie qui pousse des centaines de milliers de Cubains à quitter le pays.
Alors que les routes migratoires traditionnelles vers les États-Unis se referment progressivement sous l’administration de Donald Trump, une nouvelle dynamique migratoire est en train d’émerger dans la région. Désormais, c’est le Guyana qui s’impose comme une destination majeure pour les Cubains en quête d’opportunités économiques et de stabilité.
Porté par son boom pétrolier spectaculaire, le Guyana attire aujourd’hui des milliers de migrants cubains, transformant profondément son paysage démographique et économique.
Le pétrole transforme le Guyana en nouvelle puissance économique régionale
En moins de dix ans, le Guyana est devenu l’un des phénomènes économiques les plus impressionnants de la planète.
La découverte d’immenses réserves pétrolières offshore par ExxonMobil a complètement bouleversé l’économie du petit pays sud-américain. Les revenus pétroliers explosent, les investissements étrangers affluent et le pays connaît une croissance économique parmi les plus fortes du monde.
La production pétrolière guyanienne devrait bientôt atteindre près de deux millions de barils par jour, entraînant une multiplication des projets immobiliers, des infrastructures, des hôtels et des grands chantiers de construction.
Mais cette croissance fulgurante provoque aussi une pénurie massive de main-d’œuvre.
Le Guyana, qui compte moins d’un million d’habitants, ne dispose pas suffisamment de travailleurs qualifiés pour soutenir ce développement accéléré. C’est dans ce contexte que les migrants cubains trouvent progressivement leur place.
Des milliers de Cubains s’installent désormais au Guyana
Selon plusieurs responsables communautaires cités par le Stabroek News, entre 5 000 et 6 000 Cubains vivent aujourd’hui de manière permanente au Guyana.
Des milliers d’autres transitent également par le pays avant de rejoindre le Brésil ou d’autres destinations sud-américaines.
Le Guyana est devenu particulièrement stratégique grâce à sa politique d’exemption de visa pour les Cubains. Cette facilité d’entrée a transformé le pays en véritable corridor migratoire régional.
Beaucoup de migrants rejoignent ensuite la ville frontalière de Lethem afin d’entrer dans l’État brésilien de Roraima.
Les chiffres de l’International Organization for Migration illustrent cette bascule migratoire :
les arrivées régulières de Cubains au Brésil sont passées d’environ 2 100 en 2024 à plus de 6 400 en 2025 ;
dans le même temps, les passages irréguliers de Cubains par le Honduras ont chuté de 75 %, signe du déclin des routes vers les États-Unis.
L’Amérique latine n’est donc plus seulement une zone de passage pour les Cubains : elle devient progressivement un nouvel espace d’installation durable.
L’exode cubain atteint un niveau historique
L’ampleur de l’exode cubain est spectaculaire.
Selon les données de l’OIM, près d’un Cubain sur cinq aurait quitté l’île au cours de la dernière décennie. La population cubaine serait passée de 11,3 millions d’habitants à environ 8,6–8,8 millions depuis 2021.
Cette fuite massive s’explique par l’aggravation de la crise intérieure :
effondrement économique,
sanctions américaines,
pénuries énergétiques,
manque de médicaments,
baisse du tourisme,
et perte de perspectives pour une grande partie de la jeunesse.
Pour de nombreux Cubains, partir devient désormais une question de survie économique.
Une politique migratoire encore très limitée
Le principal problème reste l’absence d’un véritable cadre d’intégration.
Aujourd’hui, les Cubains disposent essentiellement d’un système de visa temporaire renouvelable par périodes de trois mois. Il n’existe pas encore de politique migratoire globale permettant :
la reconnaissance rapide des diplômes,
l’accès facilité au marché du travail qualifié,
ou une voie claire vers la résidence permanente.
Résultat : de nombreux professionnels vivent dans une forme de précarité administrative malgré leur contribution à l’économie locale.
Pour plusieurs observateurs, le Guyana risque ainsi de gaspiller une ressource stratégique aussi importante que son pétrole : le capital humain.
Une question qui concerne toute la Caraïbe
Cette dynamique dépasse largement le seul cadre guyanien.
Des pays comme la Jamaïque, la Barbade, le Belize, la République dominicaine, ou encore Trinité-et-Tobago font eux aussi face à des pénuries de personnel qualifié dans la santé, l’éducation ou les infrastructures.
L’exode cubain pourrait donc représenter une opportunité régionale majeure.
D’autant que les liens entre Cuba et plusieurs territoires caribéens sont anciens. Dès le XIXe siècle, des travailleurs jamaïcains migraient vers Cuba, notamment dans les régions de Santiago et Guantánamo, où subsistent encore aujourd’hui des communautés d’origine antillaise.
Pour certains analystes, les gouvernements caribéens devront désormais choisir entre maintenir des politiques migratoires restrictives… ou intégrer pleinement cette nouvelle redistribution des talents dans la région.
Saint-Vincent-et-les-Grenadines rejoint la course aux “passeports dorés” dans la Caraïbe- Actu 3
Saint-Vincent-et-les-Grenadines s’apprête à franchir un tournant majeur de sa stratégie économique. Le nouveau gouvernement dirigé par Goodwin Friday veut mettre en place un programme de citoyenneté par investissement (Citizenship by Investment Program ), rejoignant ainsi plusieurs autres territoires de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) qui proposent déjà ce type de dispositif.
Ces programmes, souvent surnommés “passeports dorés”, permettent à des investisseurs étrangers d’obtenir la nationalité d’un pays caribéen en échange d’un investissement financier. Dans la plupart des cas, les candidats doivent soit effectuer un don à un fonds national de développement, soit investir dans l’immobilier, le tourisme ou certains projets économiques approuvés par l’État.
Dans la Caraïbe orientale, des pays comme Saint Kitts and Nevis, Antigua and Barbuda, Dominica, Grenada et Saint Lucia utilisent déjà ces programmes depuis plusieurs années pour attirer des capitaux étrangers. Pour ces petits États insulaires, les recettes générées représentent parfois une part considérable des revenus publics.
Un changement de cap politique
Pendant des années, l’ancien gouvernement du Parti travailliste unifié (ULP), dirigé par Ralph Gonsalves, s’était opposé à l’idée de vendre des passeports. Le pays estimait alors que ce système pouvait fragiliser la souveraineté nationale et nuire à sa réputation internationale.
Mais la situation économique actuelle pousse les nouvelles autorités à revoir cette position. Le Premier ministre Goodwin Friday affirme que le pays fait face à une dette publique massive, proche du milliard de dollars américains, avec un ratio dette/PIB dépassant les 110 %.
Selon lui, les revenus du futur programme permettraient notamment :
de réduire la dette nationale ;
de financer une future banque nationale de développement ;
d’aider les petites et moyennes entreprises ;
de soutenir des projets d’infrastructures et de modernisation économique.
Le gouvernement considère donc le CIP comme une source rapide de liquidités dans un contexte économique régional compliqué, marqué par la hausse du coût de la vie, la vulnérabilité climatique et le ralentissement de certains secteurs historiques comme l’agriculture.
Pourquoi ces programmes sont-ils si populaires dans la Caraïbe ?
L’essor des programmes de citoyenneté par investissement dans la Caraïbe s’explique aussi par l’histoire économique de la région.
Pendant des décennies, plusieurs îles dépendaient fortement des exportations de bananes et de sucre vers l’Europe grâce à des accords préférentiels. Mais l’effondrement progressif de ces régimes commerciaux a provoqué une chute importante des revenus publics.
Face à cette crise, certains gouvernements ont cherché de nouveaux modèles économiques comme le développement du tourisme de luxe , les services financiers offshore les investissements immobiliers et la vente de citoyennetés.
Pour beaucoup de petits États insulaires, ces programmes sont devenus une manière de compenser leur manque de ressources naturelles et leur faible marché intérieur.
Les inquiétudes des États-Unis et de l’Europe
Mais ces “passeports dorés” suscitent de plus en plus d’inquiétudes à l’international, notamment du côté des United States et de l’union européenne.
Washington estime que certains programmes ont parfois permis à des individus au profil douteux hommes d’affaires sous sanctions, personnes poursuivies pour corruption ou blanchiment, voire criminels d’obtenir de nouvelles identités et de voyager librement avec des passeports caribéens.
Le principal enjeu concerne l’accès sans visa. Les passeports de plusieurs États caribéens donnent accès à plus de 100 pays, notamment l’espace Schengen européen et parfois le Royaume-Uni.
Les autorités américaines craignent donc :
des risques de blanchiment d’argent ;
des failles dans les contrôles de sécurité ;
l’utilisation de nouvelles identités pour contourner des sanctions internationales.
Ces inquiétudes ont déjà entraîné plusieurs mesures de pression diplomatique.
Les États-Unis ont notamment suspendu certains visas concernant Dominica et Antigua and Barbuda ; placé la Grenade sous surveillance renforcée et évoqué des restrictions supplémentaires si les mécanismes de contrôle ne sont pas améliorés.
L’Union européenne a également averti qu’elle pourrait remettre en cause certains accords de libre circulation si les contrôles deviennent insuffisants.
Entre nécessité économique et risque géopolitique
Pour les gouvernements caribéens, le débat reste extrêmement sensible.
D’un côté, les programmes de citoyenneté par investissement génèrent des centaines de millions de dollars dans des économies souvent fragiles et fortement dépendantes du tourisme.
De l’autre, ils exposent ces pays à des pressions diplomatiques croissantes de la part des grandes puissances occidentales.
Avec l’arrivée prochaine de Saint Vincent and the Grenadines dans ce marché très lucratif, la Caraïbe orientale confirme plus que jamais son rôle central dans l’industrie mondiale des “golden passports”, au moment même où les critiques internationales se multiplient.
Assassinat de Jovenel Moïse : quatre hommes reconnus coupables aux États-Unis dans une affaire encore entourée de zones d’ombre-Actu 4
Près de cinq ans après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, la justice américaine vient de franchir une nouvelle étape majeure. Quatre hommes ont été reconnus coupables, le 8 mai 2026, par un tribunal fédéral de Miami pour leur participation au complot ayant conduit à l’attaque du 7 juillet 2021 contre le chef d’État haïtien.
Mais derrière ces condamnations, l’affaire continue de soulever d’immenses interrogations en Haiti comme à l’international. Car malgré plusieurs procès et arrestations, de nombreuses zones d’ombre demeurent sur les véritables commanditaires, les motivations exactes du complot et les complicités éventuelles au sein des appareils sécuritaires et politiques haïtiens.
Un assassinat qui a plongé Haïti dans un chaos encore plus profond
Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, Jovenel Moïse est assassiné dans sa résidence privée de Pèlerin, sur les hauteurs de Port-au-Prince, par un commando lourdement armé composé en grande partie d’anciens militaires colombiens.
L’attaque choque le monde entier. Le président haïtien est tué par balles, tandis que son épouse est grièvement blessée. Plus troublant encore : les gardes présidentiels, pourtant nombreux et lourdement équipés, n’interviennent pratiquement pas pendant l’opération.
Cet élément alimente depuis des années les soupçons de complicités internes. Beaucoup d’Haïtiens continuent de s’interroger sur la facilité avec laquelle le commando a pu accéder à la résidence présidentielle puis quitter les lieux sans véritable résistance.
La mort de Jovenel Moïse a accéléré l’effondrement institutionnel du pays. Depuis cet assassinat, Haïti n’a toujours pas organisé d’élection nationale. Le pays n’a plus de président élu et une grande partie du territoire est désormais sous l’influence de gangs armés qui contrôlent des quartiers entiers de Port-au-Prince.
Quatre hommes condamnés aux États-Unis
Les quatre accusés reconnus coupables par la justice américaine sont :
Arcangel Pretel Ortiz, un Colombien ;
Antonio Intriago, homme d’affaires vénézuélo-américain ;
Walter Veintemilla ;
James Solages, Américano-Haïtien arrêté initialement en Haïti.
Tous étaient liés à la société de sécurité privée CTU Security, basée en Floride.
Selon l’accusation, plusieurs membres du groupe espéraient obtenir d’importants contrats sécuritaires et politiques après le renversement de Jovenel Moïse. Mais l’opération, présentée initialement par certains comme une mission d’arrestation ou de transition politique, s’est finalement transformée en assassinat.
Les accusés ont été reconnus coupables de :
complot visant à tuer ou enlever un chef d’État étranger ;
soutien matériel au complot ;
violation des lois américaines encadrant les opérations paramilitaires à l’étranger.
Ils risquent désormais la prison à perpétuité.
Une affaire traversée par les polémiques
Malgré les condamnations, le dossier reste extrêmement controversé.
D’abord parce que plusieurs observateurs estiment que seuls des exécutants ou des intermédiaires ont été jugés jusqu’à présent. Beaucoup considèrent que les véritables cerveaux politiques et financiers de l’opération n’ont jamais été clairement identifiés.
Le nom de plusieurs personnalités haïtiennes, hommes d’affaires, anciens responsables politiques et membres des élites économiques a régulièrement circulé dans l’enquête, sans qu’un récit définitif ne s’impose.
Autre polémique majeure : le rôle des forces de sécurité haïtiennes.
Comment un commando étranger a-t-il pu pénétrer aussi facilement dans la résidence présidentielle ? Pourquoi les gardes rapprochés du président n’ont-ils pratiquement pas riposté ? Plusieurs responsables sécuritaires ont été arrêtés ou interrogés au fil de l’enquête, mais beaucoup d’Haïtiens estiment que toute la vérité n’a jamais été révélée.
L’enquête a également mis en lumière les connexions transnationales du complot :
recrutement de mercenaires colombiens ;
sociétés de sécurité basées aux États-Unis ;
financements opaques ;
réseaux politiques haïtiens ;
ramifications possibles dans plusieurs pays de la région.
Une justice fragmentée entre Haïti et les États-Unis
L’affaire illustre aussi la faiblesse des institutions judiciaires haïtiennes.
Une partie importante du dossier a finalement été traitée par la justice américaine, notamment parce que plusieurs suspects vivaient en Floride, que des réunions préparatoires s’y seraient tenues et que certains financements seraient passés par les États-Unis.
Pour beaucoup d’Haïtiens, cette situation est profondément frustrante : le procès principal lié à l’assassinat d’un président haïtien se déroule largement à l’étranger, alors même que la population réclame vérité et justice sur son propre territoire.
Un symbole du basculement d’Haïti
L’assassinat de Jovenel Moïse est devenu le symbole d’un pays entré dans une crise multidimensionnelle.
Pour beaucoup d’Haïtiens, la question dépasse désormais les seules condamnations judiciaires. Elle touche à un problème plus large : celui d’un État profondément fragilisé, où les réseaux criminels, économiques et politiques semblent parfois s’entremêler au point de rendre la vérité difficile à établir complètement.
Melchie Dumornay, la nouvelle étoile haïtienne du football mondial féminin - Actu 5
À seulement 21 ans, Melchie Dumornay continue de franchir les sommets. L’attaquante haïtienne de Olympique Lyonnais Féminin a été élue meilleure joueuse de la Première Ligue féminine, confirmant son statut de phénomène du football mondial.
Une distinction prestigieuse pour celle que beaucoup considèrent déjà comme l’un des plus grands talents de sa génération. Cette saison encore, la joueuse haïtienne impressionne par sa vitesse, sa technique et sa maturité sur le terrain. Elle disputera d’ailleurs une deuxième finale de UEFA Women’s Champions League, preuve de son ascension fulgurante au plus haut niveau européen.
Une fierté immense pour Haïti
Lors de la cérémonie des récompenses, Melchie Dumornay a tenu à rappeler l’importance de ses racines haïtiennes dans son parcours.
Capitaine des Haiti women’s national football team, surnommées les Grenadières, elle porte régulièrement la voix d’Haiti sur la scène internationale.
« C’est une fierté pour moi de représenter mon pays Haïti Chérie, et ça fait grave plaisir de pouvoir amener mon pays à suivre et vivre aussi à travers mes exploits. »
Comme souvent, elle a également adressé un message en créole haïtien pour remercier les Haïtiens de leur soutien, un geste devenu symbolique pour une joueuse très attachée à son pays natal malgré son succès en Europe.
Dans un contexte où Haïti traverse une crise profonde marquée par l’insécurité et l’instabilité politique, les performances de Melchie Dumornay représentent aussi une source de fierté et d’espoir pour de nombreux Haïtiens, en particulier la jeunesse.
Une ascension fulgurante
Le parcours de Melchie Dumornay impressionne depuis plusieurs années déjà.
Née à Mirebalais en Haïti, elle explose très tôt dans le football local. À seulement 15 ans, elle évolue déjà en première division haïtienne et termine meilleure buteuse du championnat.
Ses performances avec les sélections jeunes haïtiennes attirent rapidement l’attention du monde entier. Lorsqu’elle rejoint l’équipe d’Haïti des moins de 20 ans, plus d’une cinquantaine de clubs en Europe, en Asie et aux États-Unis cherchent à la recruter.
Finalement, elle choisit Stade de Reims Féminines comme première étape européenne avant de rejoindre l’ogre du football féminin européen : Olympique Lyonnais Féminin.








