🚨 Voici les 5 Actualités des Caraïbes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 19 Juillet 2026
LA JAMAÏQUE PERD DES MILLIERS D’HABITANTS CHAQUE ANNÉE - Actu 1
La population de la Jamaïque n’a progressé que de 600 habitants en 2025. Un chiffre particulièrement révélateur des défis démographiques auxquels le pays est désormais confronté.
Selon les dernières données publiées par le Planning Institute of Jamaica (PIOJ), la Jamaïque comptait 2 764 200 habitants à la fin de l’année 2025, contre 2 763 600 un an plus tôt, soit un taux de croissance de quasiment 0 %.
Derrière cette stabilité apparente se cache une réalité plus complexe : la Jamaïque fait face simultanément à un vieillissement de sa population, à une baisse durable de sa natalité et à une émigration importante de ses habitants.
Des milliers de Jamaïcains quittent encore le pays chaque année
En 2025, la Jamaïque a enregistré :
28 900 naissances
21 300 décès
un solde naturel positif de 7 600 personnes
Cependant, ce gain démographique a presque entièrement été annulé par les départs vers l’étranger. Le pays a enregistré une perte nette d’environ 7 000 habitants liée aux migrations internationales, après déjà 8 800 départs nets en 2024.
Les principales destinations restent les mêmes depuis plusieurs décennies :
les États-Unis
le Canada
le Royaume-Uni
Cette émigration concerne aussi bien des travailleurs qualifiés que des étudiants ou des familles à la recherche de meilleures opportunités économiques.
Un phénomène qui touche l’ensemble des Caraïbes
La Jamaïque n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, de nombreux pays caribéens connaissent une importante fuite de leurs talents. Les Caraïbes comptent parmi les régions du monde les plus touchées par l’émigration des travailleurs hautement qualifiés.
Médecins, infirmiers, enseignants, ingénieurs ou encore professionnels des nouvelles technologies quittent régulièrement la région pour l’Amérique du Nord ou l’Europe.
Cette situation contribue fortement au développement économique des diasporas caribéennes à travers le monde, mais elle prive également les territoires de compétences dont ils ont besoin pour leur propre développement.
Une natalité désormais insuffisante
Autre sujet d’inquiétude : la Jamaïque affiche désormais un taux de fécondité inférieur au seuil nécessaire au renouvellement de sa population.
Le pays est entré dans les dernières phases de la transition démographique, caractérisées par :
une faible natalité
une faible mortalité
une croissance démographique très faible voire négative
un vieillissement progressif de la population
La proportion des enfants âgés de 0 à 14 ans continue ainsi de diminuer, tandis que celle des personnes âgées de plus de 65 ans augmente régulièrement.
Les ménages jamaïcains sont également plus petits qu’auparavant et les foyers composés d’une seule personne sont de plus en plus nombreux.
Le gouvernement prépare une stratégie nationale
Face à cette situation, le gouvernement jamaïcain travaille actuellement sur une stratégie nationale consacrée à la fertilité et au soutien des familles.
Le ministre de la Santé, Christopher Tufton, insiste toutefois sur un point : il ne s’agit pas d’encourager les Jamaïcains à avoir plus d’enfants pour des raisons statistiques.
L’objectif est plutôt de créer un environnement plus favorable à la vie familiale grâce à :
un meilleur soutien financier aux familles
des aides à la garde d’enfants
des dispositifs de congés parentaux
un renforcement des services de santé reproductive
un accompagnement plus important des parents
Le gouvernement souhaite également ouvrir un débat national sur les raisons qui poussent les Jamaïcains à retarder ou renoncer à la parentalité.
LE GUYANA INVESTIT MASSIVEMENT DANS SON AGRICULTURE - Actu 2
Le gouvernement guyanien annonce un investissement de 2,76 milliards de dollars guyaniens (environ 13 millions de dollars américains) dans son secteur rizicole et un soutien financier direct à plus de 5 000 agriculteurs. Une décision qui illustre la volonté du pays de ne pas miser uniquement sur le pétrole pour construire son avenir économique.
Alors que le Guyana connaît l’une des plus fortes croissances économiques au monde grâce au pétrole, le gouvernement continue d’investir massivement dans l’agriculture, considérée comme un secteur stratégique pour la diversification de son économie.
Le ministre de l’Agriculture, Zulfikar Mustapha, a annoncé que ces aides visent notamment à protéger les producteurs locaux face à la baisse des prix mondiaux du riz. Le gouvernement a également réduit les loyers fonciers, les frais de drainage et d’irrigation, supprimé certaines taxes sur les produits chimiques et les machines agricoles, tout en travaillant à rendre les engrais et les semences plus accessibles.
Une production de riz en forte progression
Les investissements engagés ces dernières années portent déjà leurs fruits. La production nationale de riz est passée d’environ 550 000 tonnes en 2020 à 825 000 tonnes en 2025. Elle devrait atteindre près de 827 000 tonnes cette année.
Parallèlement, plusieurs projets d’expansion agricole sont en cours. Le gouvernement prévoit notamment de mettre à disposition près de 90 000 acres de nouvelles terres agricoles grâce à la construction d’infrastructures de drainage et d’irrigation, tout en encourageant le développement de cultures à plus forte valeur ajoutée ainsi que l’aquaculture.
Le Guyana veut devenir le grenier agricole des Caraïbes
Souvent présenté comme le nouvel eldorado pétrolier des Caraïbes, le Guyana poursuit en réalité une stratégie économique plus large. Le pays ambitionne également de devenir l’un des principaux fournisseurs alimentaires de la région.
Cette politique s’inscrit dans les objectifs de la CARICOM, qui souhaite réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Grâce à ses vastes terres cultivables et à ses importantes ressources en eau, le Guyana apparaît comme l’un des pays les mieux placés pour contribuer à la sécurité alimentaire caribéenne.
Si le pétrole transforme profondément l’économie guyanienne, le gouvernement entend donc utiliser cette richesse pour développer durablement d’autres secteurs stratégiques, à commencer par l’agriculture.
L’ESPAGNE OUVRE SES PORTES À NEUF PAYS DE LA CARAÏBE- Actu 3
L’Espagne a annoncé la suppression de l’obligation de visa pour les citoyens de neuf pays membres de la CARICOM, une décision qui marque un nouveau rapprochement entre l’Europe et la Caraïbe anglophone.
Les pays concernés sont :
Antigua-et-Barbuda
Bahamas
Barbade
Dominique
Grenade
Saint-Christophe-et-Niévès
Sainte-Lucie
Saint-Vincent-et-les-Grenadines
Trinité-et-Tobago
En revanche, le Guyana, le Suriname, la Jamaïque et Haïti ne sont pas concernés par cette mesure.
Un rapprochement entre l’Espagne et la CARICOM
Cette décision s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations diplomatiques entre l’Espagne et les pays caribéens. Madrid cherche depuis plusieurs années à développer ses liens économiques, culturels et politiques avec la région, notamment à travers ses relations avec la CARICOM.
La suppression des visas devrait faciliter les déplacements pour le tourisme, les voyages d’affaires, les échanges universitaires ainsi que la coopération institutionnelle entre ces États et l’Espagne.
Pour les ressortissants concernés, cette mesure permettra de voyager plus facilement vers l’Espagne, qui constitue également une porte d’entrée vers l’Europe et l’espace Schengen pour de nombreux visiteurs caribéens.
Une mobilité internationale toujours inégale dans la Caraïbe
Cette annonce rappelle également que la mobilité internationale reste très variable selon les pays de la Caraïbe.
Les petits États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) figurent régulièrement parmi les pays disposant des passeports les plus puissants de la région. À l’inverse, plusieurs pays caribéens continuent de faire face à des restrictions importantes en matière de visas.
Ces différences s’expliquent notamment par des accords bilatéraux, des considérations diplomatiques, sécuritaires ou encore migratoires.
Si cette mesure ne concerne pour l’instant que neuf pays, elle illustre néanmoins la volonté croissante de certains partenaires européens de renforcer leurs relations avec la Caraïbe, une région dont l’importance géopolitique et économique ne cesse de croître.
LA CARICOM APPELLE LE ROYAUME-UNI À ACCÉLÉRER LA DÉCOLONISATION DES CARAÏBES - Actu 4
La Commission des réparations de la CARICOM demande au Royaume-Uni de restituer les îles Vierges britanniques et appelle le roi Charles III à s’engager en faveur de la décolonisation des territoires britanniques d’outre-mer encore présents dans la région.
En déplacement à Londres cette semaine, les représentants de la Commission des réparations de la CARICOM ont rappelé que, selon eux, les Caraïbes demeurent « la région la plus colonisée du monde ». Une déclaration qui s’inscrit dans le prolongement des revendications croissantes de justice réparatrice, mais également de souveraineté politique portées par plusieurs dirigeants et intellectuels caribéens.
Les réparations ne concernent pas uniquement l’esclavage
Lorsque l’on parle des réparations réclamées par les États caribéens, le débat est souvent réduit à une question de compensations financières liées à l’esclavage.
Pourtant, le plan en dix points adopté par la Commission des réparations de la CARICOM va bien au-delà. Il comprend notamment :
des excuses officielles des anciennes puissances coloniales ;
des programmes de développement et de santé publique ;
des investissements dans l’éducation ;
le transfert de technologies ;
mais également la question de la décolonisation des territoires encore sous administration étrangère.
La décolonisation est aujourd’hui présentée comme un élément indissociable de la justice réparatrice.
Les Caraïbes, une région encore largement non souveraine
On oublie souvent qu’une grande partie des Caraïbes ne sont toujours pas des États indépendants.
Le Royaume-Uni conserve plusieurs territoires d’outre-mer dans la région, parmi lesquels :
Anguilla
Montserrat
Îles Vierges britanniques
Îles Caïmans
Îles Turques-et-Caïques
Bermudes
Ces territoires disposent d’une autonomie importante, mais certaines compétences régaliennes demeurent exercées par Londres à travers des gouverneurs nommés par le gouvernement britannique.
La question ne concerne d’ailleurs pas uniquement le Royaume-Uni. Les Caraïbes comptent également des territoires administrés par la France, les Pays-Bas et les États-Unis.
La Martinique citée comme exemple
Le président de la Commission des réparations de la CARICOM, Sir Hilary Beckles, a notamment évoqué le cas de la Martinique lors de son intervention.
Il a déclaré protester contre le fait que les visiteurs soient accueillis à l’aéroport par un panneau indiquant « Bienvenue en France » alors qu’ils se trouvent dans la Caraïbe.
Une déclaration qui illustre la vision portée par une partie du mouvement réparateur caribéen : celle d’une région qui n’aurait pas encore achevé son processus de décolonisation, malgré les indépendances acquises au cours du XXᵉ siècle.
Il convient toutefois de rappeler que les situations politiques sont extrêmement différentes d’un territoire à l’autre. Certains territoires souhaitent davantage d’autonomie, d’autres défendent le maintien de leur statut actuel, tandis que certains mouvements politiques revendiquent l’indépendance.
Un message adressé au roi Charles III
Les représentants de la CARICOM ont également interpellé le roi Charles III, qui doit intervenir lors de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth prévue en novembre prochain à Antigua-et-Barbuda.
Sans lui demander explicitement de soutenir l’indépendance des territoires concernés, ils l’invitent à ouvrir un dialogue sur :
la souveraineté
la décolonisation
la justice réparatrice
et les responsabilités historiques du Royaume-Uni dans la région
Un mouvement qui prend de l’ampleur
Ces dernières années, les demandes de réparations portées par la CARICOM ont considérablement gagné en visibilité sur la scène internationale.
La Commission estime que le mouvement est désormais entré dans une nouvelle phase, celle des négociations, après :
la multiplication des excuses présentées par certaines institutions européennes ;
l’adoption par l’ONU d’une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité ;
le rapprochement diplomatique entre les pays africains et caribéens sur cette question.
Le débat dépasse désormais largement la seule question financière. Pour une partie des dirigeants caribéens, la justice réparatrice implique également de repenser les rapports politiques, économiques et institutionnels hérités de la période coloniale.
Plus de soixante ans après les premières indépendances dans la région, la question de la décolonisation continue donc d’occuper une place centrale dans les débats politiques caribéens.
SHELL ÉTEND SA PRÉSENCE DANS LES CARAÏBES AVEC UN IMPORTANT PROJET ÉNERGÉTIQUE AUX BAHAMAS- ACTU 5
Le géant britannique Shell vient de donner son feu vert à la construction d’un terminal de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) aux Bahamas. Un investissement qui illustre l’intérêt croissant des grandes compagnies énergétiques internationales pour les Caraïbes et la diversification énergétique de la région.
La filiale Shell Bahamas Power Company a annoncé sa décision finale d’investissement pour ce projet stratégique, qui sera développé à Clifton Pier, sur l’île de New Providence, où vit la majorité de la population bahaméenne.
Dans le cadre de cet accord, Shell acquiert également une participation de 40 % dans la société New Providence Gas (NPG), une coentreprise créée avec Sun Oil, filiale du groupe bahaméen FOCOL Holdings.
Une alternative au diesel et au fioul
Aujourd’hui, les Bahamas dépendent encore très largement des importations de diesel et de fioul pour produire leur électricité, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la volatilité des prix de l’énergie sur les marchés internationaux.
Le futur terminal permettra de réceptionner du gaz naturel liquéfié, qui sera ensuite transformé en gaz naturel avant d’alimenter les centrales électriques locales.
L’objectif affiché est triple :
améliorer la fiabilité du réseau électrique
réduire les émissions de gaz à effet de serre
diminuer la dépendance énergétique du pays aux carburants pétroliers traditionnels.
Shell assurera directement l’approvisionnement en GNL grâce à ses infrastructures américaines et à son réseau régional en pleine expansion.
Les Caraïbes au cœur des enjeux énergétiques mondiaux
Ce projet témoigne d’une tendance plus large observée depuis plusieurs années dans la région. Alors que les Caraïbes sont particulièrement exposées au changement climatique, elles restent également parmi les territoires les plus dépendants au monde des importations énergétiques.
La plupart des États caribéens importent encore la quasi-totalité des combustibles nécessaires à leur production électrique, ce qui contribue à des coûts de l’électricité parmi les plus élevés de la planète.
Face à cette situation, plusieurs pays multiplient les investissements dans différents secteurs énergétiques :
le pétrole au Guyana et au Suriname
la géothermie en Guadeloupe et en Dominique
l’énergie solaire à Cuba et dans plusieurs petits États insulaires
le gaz naturel aux Bahamas
le nucléaire civil en République dominicaine ;
l’éolien et le solaire dans plusieurs territoires caribéens
Le gaz naturel comme énergie de transition
Les Bahamas se sont fixés l’objectif de produire 30 % de leur électricité à partir des énergies renouvelables d’ici 2030.
Le gaz naturel est présenté par le gouvernement et par Shell comme une énergie de transition permettant d’accompagner le développement des renouvelables. Contrairement au solaire ou à l’éolien, le gaz permet notamment d’assurer une production électrique continue et de stabiliser le réseau.
Le pays prévoit ainsi de combiner :
des installations solaires
des micro-réseaux hybrides sur les îles les plus isolées
l’utilisation du gaz naturel pour la production électrique à New Providence
Shell poursuit son développement dans la région
Au-delà des Bahamas, cet investissement confirme la stratégie du groupe britannique de renforcer sa présence dans les Caraïbes et plus largement dans les marchés émergents du gaz naturel liquéfié.
Le GNL est devenu un secteur particulièrement stratégique depuis la guerre en Ukraine et la reconfiguration des marchés mondiaux de l’énergie. Les États-Unis sont aujourd’hui l’un des principaux exportateurs mondiaux de GNL, et les Caraïbes apparaissent comme un marché particulièrement attractif pour les grands groupes énergétiques.
Longtemps perçues comme de petites économies dépendantes du tourisme, les Caraïbes sont désormais au cœur de plusieurs grandes transformations énergétiques mondiales. Entre pétrole, gaz, géothermie, solaire ou encore nucléaire civil, la région cherche plus que jamais à sécuriser son approvisionnement énergétique tout en réduisant sa dépendance aux importations de combustibles fossiles.
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