🚨 Voici les 5 Actualités des Caraïbes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 5 Juillet 2026
Chlordécone : plus de 500 parties civiles se pourvoient en cassation- Actu 1
Le combat judiciaire autour du chlordécone n’est pas terminé. Plus de 500 parties civiles ont décidé de saisir la Cour de cassation pour contester la confirmation du non-lieu dans ce scandale sanitaire majeur aux Antilles.
Cette démarche intervient après la décision de la cour d’appel de Paris, rendue le 22 juin, qui a confirmé le non-lieu prononcé en 2026 et fermé, à ce stade, la porte à une réouverture de l’enquête pénale.
Une nouvelle étape judiciaire
Pour les parties civiles, cette décision n’est pas acceptable. Leur avocat, Me Christophe Lèguevaques, estime que « la voie est désormais grande ouverte » devant la Cour de cassation.
La haute juridiction ne rejugera pas les faits. Elle devra vérifier si la cour d’appel a correctement appliqué le droit. C’est donc sur le raisonnement juridique des magistrats que les avocats entendent désormais concentrer leur bataille.
Le cœur du débat : la preuve du lien entre pollution et maladies
Selon Me Lèguevaques, le non-lieu confirmé repose principalement sur une idée : il serait scientifiquement impossible d’établir un lien de causalité individuel et certain entre l’exposition au chlordécone et les pathologies développées par les victimes.
Pour les avocats des parties civiles, cette exigence pose un problème majeur.
Dans les dossiers liés à des substances toxiques, demander à chaque victime de prouver de manière certaine que sa maladie vient précisément d’un produit donné revient, selon eux, à rendre presque impossible toute condamnation pénale.
C’est sur ce point que les parties civiles espèrent faire avancer le droit.
Une contamination toujours massive
Utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique entre 1972 et 1993, malgré les alertes sur sa dangerosité, le chlordécone continue de contaminer les sols, les eaux, le milieu marin et la chaîne alimentaire.
Classé dès 1979 comme agent possiblement cancérogène, ce pesticide peut rester dans les sols pendant plusieurs siècles, parfois jusqu’à 600 ans.
Une récente étude de Santé publique France, publiée le 24 juin, indique que plus de 80 % des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés et qu’un adulte sur six dépasse le seuil de risque sanitaire.
Un scandale reconnu, mais sans responsable pénal
Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un contexte paradoxal. Le Parlement français a récemment reconnu la part de responsabilité de l’État dans le scandale du chlordécone. Mais sur le terrain pénal, aucune responsabilité individuelle n’a pour l’instant été retenue.
Pour les victimes, cette situation laisse un profond sentiment d’injustice : le scandale est reconnu, la contamination est documentée, mais personne n’est renvoyé devant un tribunal.
La Cour de cassation représente désormais l’un des derniers recours judiciaires pour tenter de rouvrir le débat pénal.
LE CHAMPION OLYMPIQUE KIRANI JAMES REMPLACERA LA REINE ELIZABETH II SUR LES BILLETS DES CARAÏBES ORIENTALES - Actu 2
C’est un symbole fort de l’évolution de l’identité caribéenne. La Banque centrale des Caraïbes orientales a confirmé que le champion olympique grenadien Kirani James figurera sur le futur billet de 5 dollars des Caraïbes orientales , remplaçant ainsi l’effigie de la reine Elizabeth II.
Les nouveaux billets devraient être mis en circulation à partir de 2027 et mettront à l’honneur plusieurs grandes figures de la région, marquant un tournant historique pour cette monnaie utilisée par huit territoires de la Caraïbe.
Un héros régional honoré de son vivant
À seulement 19 ans, Kirani James était entré dans l’histoire en remportant le 400 mètres des Jeux olympiques de Londres en 2012, offrant à la Grenade sa première médaille d’or olympique.
Depuis, il est devenu l’un des plus grands athlètes de l’histoire des Caraïbes. Champion du monde en 2011, il est également devenu le premier homme de l’histoire du 400 mètres à remporter successivement l’or, l’argent puis le bronze aux Jeux olympiques (2012, 2016 et 2021).
Déjà honoré dans son pays avec un stade et un boulevard portant son nom, Kirani James ajoute désormais une nouvelle distinction exceptionnelle à son palmarès.
« C’est un honneur. Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle chose puisse arriver. Cela me rend fier d’être Grenadien et membre de l’OECO », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre grenadien Dickon Mitchell a salué une « légende vivante », soulignant qu’il est extrêmement rare qu’une personnalité encore en activité soit représentée sur une monnaie.
Un changement hautement symbolique
Au-delà de l’hommage rendu à Kirani James, cette décision traduit une évolution plus profonde.
Depuis plusieurs années, plusieurs États caribéens souhaitent mettre davantage en avant leurs propres héros nationaux plutôt que les symboles de l’ancienne puissance coloniale britannique.
Le gouverneur de la Banque centrale des Caraïbes orientales, Timothy Antoine, avait déjà annoncé que les futures séries de billets mettraient à l’honneur des personnalités caribéennes emblématiques.
Une tendance qui s’accélère dans la Caraïbe
La décision s’inscrit dans un mouvement plus large observé dans plusieurs pays de la région.
En 2025, le Belize a lui aussi retiré l’effigie d’Elizabeth II de ses billets pour la remplacer par deux héros nationaux : George Cadle Price, artisan de l’indépendance du pays, et Philip Goldson.
Cette évolution accompagne les débats sur l’héritage colonial, la souveraineté et l’identité des États caribéens. Plusieurs monarchies de la région réfléchissent également à devenir des républiques, à l’image de la Barbade qui a rompu ses derniers liens institutionnels avec la Couronne britannique en 2021.
Une monnaie commune pour huit territoires
Le dollar des Caraïbes orientales est utilisé dans les six États indépendants de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale , Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines ainsi que dans les territoires britanniques d’Anguilla et de Montserrat.
Avec l’arrivée de Kirani James sur les nouveaux billets, la région fait le choix de célébrer l’une de ses plus grandes figures sportives et d’affirmer davantage une identité caribéenne tournée vers ses propres héros.
Les dirigeants caribéens annoncent une réunion régionale face aux discriminations encore subies par les communautés rastafariennes - Actu 3
La CARICOM a annoncé la tenue prochaine d’une réunion régionale consacrée aux droits des rastafariens. L’objectif est de répondre aux discriminations et aux inégalités que cette communauté continue de dénoncer dans plusieurs pays de la Caraïbe.
La décision a été prise lors de la 42ᵉ réunion intersessionnelle des chefs de gouvernement, organisée le 8 mai 2026.
Une reconnaissance des discriminations persistantes
Dans leur déclaration, les dirigeants de la CARICOM reconnaissent que de nombreux rastafariens continuent d’être confrontés à des difficultés dans différents domaines de la vie quotidienne.
L’accès à l’éducation, à certains emplois, aux services publics ou encore la reconnaissance de certaines pratiques culturelles et religieuses demeurent, selon eux, des sujets de préoccupation dans plusieurs États membres.
Les chefs de gouvernement ont ainsi réaffirmé leur volonté de garantir aux rastafariens une pleine égalité de droits et une meilleure protection contre les discriminations.
Un comité régional pour proposer des solutions
Afin de poursuivre ce travail, la CARICOM a décidé de créer un comité composé de représentants de la Barbade, de la Jamaïque, de Saint-Christophe-et-Niévès, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de Trinité-et-Tobago.
Ce groupe sera chargé d’élaborer des recommandations et de poursuivre les discussions avec les organisations rastafariennes aux niveaux régional et international.
Une histoire longtemps marquée par la marginalisation
Né en Jamaïque dans les années 1930, le mouvement rastafari s’est construit autour d’une identité spirituelle, culturelle et politique, en mettant notamment en avant les racines africaines des peuples afro-descendants et la figure de l’empereur éthiopien Haile Selassie I.
Pendant plusieurs décennies, les rastafariens ont été victimes de fortes discriminations dans plusieurs territoires caribéens. Le port des dreadlocks, l’usage rituel du cannabis, ainsi que leurs convictions religieuses ont souvent conduit à des arrestations, des exclusions scolaires ou professionnelles et parfois à des violences de la part des autorités.
L’un des épisodes les plus marquants reste le Massacre de Coral Gardens en Jamaïque, au cours duquel plusieurs rastafariens furent tués ou arrêtés après des affrontements avec les forces de l’ordre.
Des avancées dans plusieurs pays
Ces dernières années, plusieurs gouvernements caribéens ont commencé à reconnaître ces injustices historiques.
Certaines initiatives comprennent des excuses officielles, des programmes d’attribution de terres ou encore l’adoption de lois renforçant la protection contre les discriminations au travail. La dépénalisation partielle du cannabis dans plusieurs pays de la région a également constitué une avancée importante pour les communautés rastafariennes.
Pour la CARICOM, ces expériences nationales pourraient désormais servir de base à un cadre régional commun, afin de renforcer la reconnaissance des droits des rastafariens et de lutter plus efficacement contre les discriminations encore présentes dans plusieurs États membres.
LES ÉTATS-UNIS ET LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE SIGNENT UN ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE CIVIL-Actu 4
Les États-Unis et la République dominicaine ont signé, le 17 juin à Washington, un mémorandum d’entente sur la coopération nucléaire civile. L’accord, paraphé par Christopher Landau et Joel Santos, ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays.
L’objectif est de développer une coopération dans le domaine du nucléaire civil, tout en respectant les normes internationales en matière de sûreté, de sécurité et de non-prolifération.
Un accord qui ne signifie pas la construction immédiate d’une centrale
Contrairement à ce que pourrait laisser penser son intitulé, cet accord ne prévoit ni la construction immédiate d’une centrale nucléaire, ni le transfert de technologies nucléaires sensibles.
Il établit avant tout un cadre de coopération destiné à préparer d’éventuels projets futurs. Les domaines évoqués concernent notamment la production d’électricité, la recherche scientifique, la formation, ainsi que la fabrication d’isotopes utilisés en médecine pour le diagnostic et le traitement de certaines maladies.
Cette étape constitue généralement le préalable à une coopération plus approfondie entre les deux pays.
Diversifier un système énergétique très dépendant des importations
Pour la République dominicaine, cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer sa sécurité énergétique.
Le pays dépend encore fortement des combustibles fossiles importés pour produire son électricité. Ces dernières années, les autorités dominicaines ont accéléré le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. Le nucléaire civil apparaît désormais comme une option supplémentaire pour diversifier le mix énergétique à long terme et répondre à une demande en électricité qui continue de croître.
Une stratégie américaine dans la Caraïbe
Pour Washington, ce mémorandum s’inscrit dans une politique plus large de coopération énergétique avec ses partenaires.
L’administration de Donald Trump considère les accords de coopération nucléaire civile comme un outil diplomatique permettant de promouvoir les standards américains en matière de sûreté nucléaire, tout en ouvrant la voie à de futurs partenariats industriels et technologiques.
Au-delà de l’énergie, cet accord traduit également le rapprochement entre les deux pays, déjà renforcé ces derniers mois par plusieurs coopérations dans les domaines de la sécurité, de la santé et de la lutte contre les migrations irrégulières.
Une tendance régionale
La République dominicaine n’est pas la seule nation caribéenne à chercher de nouvelles solutions pour assurer son indépendance énergétique.
Face à la volatilité des prix du pétrole et aux objectifs de transition énergétique, plusieurs pays de la région investissent dans des sources d’énergie diversifiées : la géothermie en Dominique et en Guadeloupe, le pétrole au Guyana et au Suriname, ou encore l’exploration offshore à la Barbade et en Jamaïque.
Si le nucléaire reste aujourd’hui un projet de long terme pour Saint-Domingue, la signature de ce mémorandum montre que la République dominicaine souhaite désormais explorer toutes les options disponibles pour renforcer sa sécurité énergétique et accompagner son développement économique.
ARUBA DÉSIGNÉE DESTINATION CARIBÉENNE LA PLUS SÛRE POUR LES LUNES DE MIEL EN 2026 - Actu 5
Aruba a été désignée destination caribéenne la plus sûre pour les lunes de miel en 2026, selon le nouvel indice publié par Honeymoon Always. L’île devance Barbade et Curaçao, qui complètent le podium.
Ce classement met en avant les destinations offrant le meilleur équilibre entre sécurité, infrastructures touristiques et qualité des services pour les jeunes mariés.
Le Top 10 des destinations les plus sûres
Aruba
Barbade
Curaçao
Antigua-et-Barbuda
République dominicaine
Porto Rico
Grenade
Jamaïque
Bahamas
Sainte-Lucie
Comment le classement est-il établi ?
L’indice porte sur 27 destinations caribéennes, mais seules dix îles sont comparées d’une année sur l’autre afin d’assurer un suivi cohérent.
Contrairement à un simple classement basé sur la criminalité, cette étude combine plusieurs critères :
les infrastructures dédiées aux lunes de miel (30 % de la note) ;
la sécurité et la criminalité (20 %) ;
la fréquentation touristique (20 %) ;
l’accès aux soins médicaux (15 %) ;
le risque d’ouragans et de perturbations climatiques (10 %) ;
la proximité régionale (5 %).
Aruba obtient la meilleure note globale avec 8,50/10, devant la Barbade (8,21) et Curaçao (7,62).
Un classement à interpréter avec prudence
Ce type d’indice constitue avant tout un outil destiné aux voyageurs, et non un classement officiel de la sécurité des États caribéens.
Les résultats reposent sur une méthodologie propre à Honeymoon Always, qui accorde une place importante aux infrastructures touristiques, aux services de santé et à l’expérience globale des visiteurs, en plus des données relatives à la sécurité.
Ainsi, une destination moins bien classée ne doit pas nécessairement être considérée comme dangereuse. Par exemple, Sainte-Lucie, classée dixième dans cette comparaison, demeure l’une des destinations les plus prisées des jeunes mariés et a été élue à de nombreuses reprises « World’s Leading Honeymoon Destination » lors des World Travel Awards.
Ce classement illustre surtout les différences de profils entre les destinations caribéennes et les critères privilégiés par les voyageurs à la recherche d’une lune de miel.
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