🚨 Voici les 5 Actualités des Caraïbes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 3 Mai 2026
Guyana : un contrat pétrolier controversé avec ExxonMobil prive l’État de centaines de millions de dollars d’impôts - Actu 1
Le contrat pétrolier signé en 2016 entre le Guyana et ExxonMobil continue de susciter de vives critiques. En cause : un mécanisme fiscal qui a permis à la compagnie américaine d’échapper à environ 525 millions de dollars d’impôt sur les sociétés en 2025, selon plusieurs analyses relayées par la presse locale.
Au cœur de la polémique, l’article 15.1 du contrat, qui accorde à ExxonMobil une exonération d’impôt sur ses activités pétrolières dans le pays. En théorie, cette disposition s’inscrit dans une logique d’attractivité économique destinée à attirer les investissements étrangers dans un secteur encore émergent à l’époque mais dans la pratique, le mécanisme va plus loin.
Un système fiscal indirect qui interroge
Plutôt que de percevoir directement l’impôt auprès de la compagnie, l’article 15.4 prévoit que l’État guyanais paie lui-même un montant équivalent à l’administration fiscale, au nom d’ExxonMobil. Un dispositif inhabituel, souvent qualifié de “taxe payée par l’État pour le compte de l’entreprise”.
Résultat : sur des bénéfices estimés à plusieurs milliards, environ 525 millions de dollars n’ont pas été imposés au taux normal de 25 % en 2025.
Pour les détracteurs de cet accord, cela pose une question centrale : le Guyana tire-t-il pleinement profit de sa richesse pétrolière ?
Un paradoxe économique frappant
Cette situation prend une dimension encore plus sensible lorsqu’on la compare à une autre décision récente du gouvernement.
Le pays a en effet contracté un emprunt d’environ 527 millions de dollars auprès de l’EXIM Bank américaine pour financer le projet de développement de Wales.
Un montant quasiment identique à celui des recettes fiscales non perçues.
Pour certains observateurs, ce parallèle illustre un coût d’opportunité majeur :
des revenus potentiels qui auraient pu réduire le recours à l’endettement.
Une économie en plein boom… mais sous tension
Ces débats interviennent alors que le Guyana connaît une transformation spectaculaire.
En moins de dix ans, ce petit pays d’Amérique du Sud est devenu l’un des épicentres mondiaux de la croissance économique, porté par l’exploitation massive de ses réserves offshore.
Le Fonds des ressources naturelles a atteint environ 3,82 milliards de dollars
Les recettes pétrolières pourraient atteindre 2,79 milliards de dollars en 2026
Cette dynamique est renforcée par un contexte international favorable, marqué par une hausse des prix du pétrole, proche des 100 dollars le baril, notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Autrement dit : le Guyana gagne beaucoup d’argent… mais la question de sa redistribution reste entière.
Un accord critiqué mais défendu
Le contrat de 2016 est régulièrement dénoncé par l’opposition politique et une partie de la société civile, qui le jugent trop favorable à ExxonMobil.
Cependant, le gouvernement rappelle que cet accord a été signé à une époque où le Guyana ne disposait ni d’infrastructures, ni d’expérience dans l’exploitation pétrolière.
Sans conditions attractives, les investissements massifs n’auraient peut-être jamais eu lieu. C’est tout le dilemme classique des pays émergents riches en ressources :
attirer les investisseurs… sans brader leurs richesses.
Guadeloupe : Bouillante au cœur d’un tournant énergétique, 25 millions d’euros pour accélérer la géothermie - Actu 2
Un investissement stratégique pour l’avenir énergétique
La transition énergétique en Guadeloupe franchit une nouvelle étape. Le 23 avril, Banque des Territoires et Bpifrance ont conclu un partenariat stratégique afin de soutenir le développement de Géothermie Bouillante, acteur clé de la production d’énergie renouvelable dans l’archipel.
Au total, 25,2 millions d’euros sont mobilisés, répartis entre un investissement direct de 3,2 millions d’euros et un prêt de 22 millions d’euros. Derrière ces chiffres, c’est une ambition claire : renforcer un site historique pour en faire un pilier encore plus central du système énergétique guadeloupéen.
Une centrale historique au rôle déjà essentiel
Exploitée depuis plus de trente ans, la centrale géothermique de Bouillante occupe une place stratégique dans le mix énergétique local. Elle produit aujourd’hui 15,5 mégawatts, soit environ 10 % des besoins électriques de la Guadeloupe.
Son fonctionnement repose sur une ressource naturelle rare : la chaleur du sous-sol volcanique. Captée à près de 1 200 mètres de profondeur, cette énergie atteint des températures d’environ 260 °C, permettant une production électrique continue, indépendante des conditions climatiques.
Au-delà de sa contribution énergétique, la centrale joue également un rôle environnemental majeur, en évitant chaque année l’émission d’environ 220 000 tonnes de CO₂. Dans un territoire encore largement dépendant des énergies fossiles importées, cet apport est loin d’être négligeable.
Moderniser pour produire davantage et mieux
Le financement annoncé vise à ouvrir une nouvelle phase de développement pour le site de Bouillante. Plusieurs axes sont au cœur du projet : la réalisation de nouveaux forages exploratoires, la modernisation des installations existantes et l’optimisation des performances énergétiques.
L’objectif est double. D’une part, augmenter la capacité de production pour répondre à une demande croissante. D’autre part, améliorer l’efficacité globale du site afin de réduire les coûts d’exploitation et de renforcer la compétitivité de cette énergie renouvelable.
Cette montée en puissance s’inscrit également dans une logique de sécurisation du réseau électrique. Dans un territoire insulaire exposé aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés énergétiques mondiaux, disposer d’une source d’énergie stable et locale constitue un avantage stratégique.
Un projet inscrit dans une stratégie nationale et locale
Ce développement s’intègre dans les grandes orientations énergétiques françaises, notamment la stratégie bas carbone et le plan France 2030, qui consacre plus d’un milliard d’euros à la géothermie.
Mais en Guadeloupe, ces enjeux prennent une dimension particulière. La transition énergétique ne se limite pas à une question environnementale : elle est aussi liée à l’autonomie énergétique, à la stabilité économique et à la résilience du territoire.
Réduire la dépendance aux hydrocarbures importés, sécuriser l’approvisionnement et limiter l’impact des hausses de prix sur les consommateurs sont autant de défis auxquels la géothermie peut apporter une réponse concrète.
Des ambitions régionales pour 2030
À plus long terme, les ambitions sont élevées. La centrale de Bouillante prévoit d’atteindre une capacité de 50 mégawatts d’ici 2030, ce qui permettrait de couvrir jusqu’à 20 % des besoins électriques de la Guadeloupe.
Bandi s’impose dans 19 pays et confirme son succès mondial - Actu 3
Trois semaines après sa sortie sur Netflix, la série Bandi confirme son statut de phénomène international. Tournée en grande partie en Martinique, la production continue de séduire un public mondial et s’installe durablement dans les classements.
Des chiffres solides sur la durée
Les données publiées par la plateforme témoignent d’une performance remarquable : depuis son lancement le 9 avril 2026, la série cumule plus de 70 millions d’heures de visionnage.
Sur la seule période du 20 au 26 avril, Bandi a enregistré plus de 1,9 million de vues, confirmant sa capacité à maintenir l’intérêt des spectateurs malgré un léger ralentissement après un démarrage très fort.
La semaine précédente (13 au 19 avril), la série affichait déjà des résultats impressionnants avec 5,2 millions de vues et plus de 40 millions d’heures visionnées, lui permettant d’atteindre la première place du Top 10 mondial des séries non anglophones.
Top 10 dans 19 pays à travers le monde
La série étend désormais son empreinte à l’échelle internationale, en figurant dans le Top 10 de 19 pays :
Amériques & Caraïbes : Argentine, Brésil, Bahamas, Costa Rica, République dominicaine, Honduras, Jamaïque, Panama, Trinité-et-Tobago
Outre-mer : Martinique, Guadeloupe, La Réunion (Top 1 dans les trois territoires)
Europe : France, Luxembourg, Portugal
Afrique : Kenya, Île Maurice, Nigéria
Océanie : Nouvelle-Calédonie
La semaine précédente, Bandi occupait déjà la première place dans trois pays, confirmant son ancrage dans plusieurs marchés.
Transport aérien en Outre-mer : Les Co- rapporteurs dénonce un système fiscal « étouffant » - Actu 4
La mission d’information sur le transport aérien ultramarin a rendu ses conclusions ce lundi 27 avril 2026. Dans un rapport de 80 pages, les députés fustigent une fiscalité record qui transforme l’avion, pourtant indispensable, en un produit de luxe inaccessible, creusant ainsi les inégalités territoriales.
Un constat alarmant : la « vache à lait » du secteur aérien
Après deux mois de travaux intensifs et 29 auditions, le constat des co-rapporteurs est sans appel : la France impose au secteur aérien l’une des fiscalités les plus lourdes d’Europe, totalisant plus de 3 milliards d’euros par an. Sur les onze taxes en vigueur, huit sont directement supportées par les passagers.
Davy Rimane, président de la délégation et député de la Guyane, ne mâche pas ses mots : « Nous sommes la vache à lait. C’est nous qui payons pour tout, ce qui n’est pas normal ». Ce système, jugé opaque et inéquitable, pèse de manière disproportionnée sur les citoyens ultramarins pour qui l’avion n’est pas un choix, mais une continuité territoriale vitale.
Des prix prohibitifs qui isolent les territoires
Le rapport met en lumière des situations tarifaires aberrantes qui freinent la mobilité régionale et nationale :
Vols inter-îles : Un trajet Martinique-Guadeloupe peut atteindre 400 € en période de vacances, soit un minimum de 200 € pour seulement 45 minutes de vol.
Isolement régional : Un vol Martinique-Guyane coûte désormais le prix d’un aller-retour Paris-Antilles.
Monopoles de fait : En Guyane, le trajet Cayenne-Paris oscille entre 800 € et 1 200 € depuis qu’Air France se retrouve seule sur la ligne.
Pour Béatrice Bellay, députée de la Martinique, le diagnostic est clair : le transport aérien est devenu un puissant « facteur d’inégalité territoriale », menaçant de confiner une partie de la population.
L’onde de choc de la disparition d’Air Antilles
Le timing de ce rapport est crucial : il intervient au lendemain de la liquidation judiciaire de la compagnie Air Antilles. Cette disparition entraîne non seulement la perte de 116 emplois, mais réduit drastiquement la concurrence dans la zone Caraïbe.
Frantz Gumbs (Saint-Martin/Saint-Barthélemy) alerte sur les conséquences sociales : sans concurrence, les prix risquent de s’envoler davantage, créant une forme de « confinement territorial » pour les plus précaires.
Un appel à l’action pour la Loi de Finances
Les députés pointent également du doigt l’instabilité politique sept ministres des Outre-mer depuis 2022 — et le silence du ministère des Transports, qui n’a pas répondu aux sollicitations de la mission.
Les recommandations clés des co-rapporteurs :
Simplification fiscale : Réduire le nombre de taxes pesant directement sur le passager.
Transparence des prix : Rendre plus lisible la composition des tarifs pour les usagers.
Soutien à la continuité territoriale : Réviser les dispositifs d’aide pour compenser l’enclavement structurel des Outre-mer.
Ce rapport de la délégation aux Outre-mer entend peser de tout son poids lors des débats sur la prochaine Loi de finances, avec l’objectif de transformer ces recommandations en mesures législatives concrètes pour redonner de l’air au pouvoir d’achat des Ultramarins.
Fin de vol pour Air Antilles : Le ciel antillais perd l'un de ses acteurs historiques - Actu 5
Le verdict est tombé comme un couperet le lundi 4 mai 2026. Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a prononcé la liquidation judiciaire immédiate d’Air Antilles, mettant un point final à l’agonie d’un fleuron de l’aviation régionale. Pour les 116 salariés et les milliers de passagers réguliers, cette décision marque la fin d’une ère et le début d’une période d’incertitude majeure pour la connectivité des territoires d’Outre-mer.
L’impasse financière : 56 millions d’euros de passif
Malgré les multiples tentatives de sauvetage, le dossier Air Antilles s’est heurté à une réalité comptable implacable. Avec une dette abyssale de 56 millions d’euros, la compagnie était devenue un « gouffre financier » selon les termes de l’administration judiciaire.
La spirale négative, amorcée dès 2023 avec la chute de la maison-mère (le groupe Caire), s’était accélérée en décembre 2025. À cette date, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait pris la décision radicale de clouer la flotte au sol, invoquant des défaillances graves dans l’organisation et le suivi documentaire de la maintenance. Sans avions dans le ciel et avec des pertes d’exploitation persistantes, le redressement judiciaire entamé en février dernier n’aura été qu’un court sursis.
Le rejet des offres : Un vide de repreneurs crédibles
Le tribunal n’a retenu aucun des trois projets de reprise, fustigeant le manque de solidité des garanties présentées :
Le consortium mené par l’entrepreneur local Pierre Sainte-Luce a été balayé en raison d’un volet social jugé « incontestablement insuffisant ».
Une holding basée à Londres a jeté l’éponge à la dernière minute, retirant son offre avant l’audience.
Une troisième option n’envisageait qu’un rachat partiel d’actifs, sans aucune considération pour le maintien des emplois.
Face à ce vide, les juges ont conclu qu’aucun plan de redressement n’était viable, condamnant l’entreprise à disparaître.
Le “soulagement” paradoxal des salariés
Dans les rangs du personnel, l’émotion est vive mais teintée d’une forme de libération. Séverine Louisor Malborougt, figure de proue de la délégation du personnel, a décrit un sentiment de soulagement face à l’épuisement.
Pour les salariés, cette liquidation est la fin d’un tunnel de gestion chaotique. Les critiques envers les dernières directions sont acerbes : les stratégies de relance successives sont qualifiées de « hasardeuses » et de « catastrophiques ». En fermant ce chapitre professionnel, les 116 employés disent surtout adieu à une période de stress chronique liée à l’incertitude du lendemain.
Air Caraïbes, seul maître à bord : Les enjeux du monopole
La conséquence la plus immédiate pour les citoyens antillais est l’instauration d’un monopole de fait. Air Caraïbes devient l’unique opérateur à assurer les liaisons stratégiques entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Cette situation soulève des inquiétudes légitimes :
L’envolée des prix : Sans concurrence, le risque d’une augmentation des tarifs est réel, menaçant le pouvoir d’achat sur des trajets souvent vitaux (soins, travail, famille).
La continuité territoriale : L’État et les collectivités locales vont devoir surveiller de près la capacité d’Air Caraïbes à absorber seule le flux de passagers, au risque de voir certains territoires s’isoler.
La fragilité du réseau : Le ciel antillais repose désormais sur un seul acteur. Le moindre incident technique ou mouvement social chez l’opérateur restant pourrait paralyser l’ensemble des échanges inter-îles.
Le ciel des Antilles s’est éclairci d’un point de vue juridique, mais il s’est considérablement assombri pour les usagers qui craignent désormais de payer le prix fort de cette disparition.
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