Eau en Guadeloupe : la RĂ©gion revendique 226 millions dâeuros investis depuis 2018, mais reconnaĂźt quâelle ne peut pas rĂ©soudre seule la crise - Actu 1
Alors que les coupures dâeau et les difficultĂ©s dâapprovisionnement continuent dâaffecter de nombreuses communes, la RĂ©gion Guadeloupe a publiĂ© un bilan dĂ©taillĂ© de son action dans le secteur de lâeau depuis 2018. Le document fait Ă©tat de 226 millions dâeuros mobilisĂ©s, de prĂšs de 200 opĂ©rations engagĂ©es et dâinterventions dans lâensemble des cinq intercommunalitĂ©s de lâarchipel.
Mais derriÚre ces chiffres, la collectivité reconnaßt également une réalité : malgré cet effort financier, elle ne peut, à elle seule, répondre à toutes les difficultés auxquelles est confronté le territoire.
Plus de 226 millions dâeuros mobilisĂ©s depuis 2018
Dans son bilan, la RĂ©gion souligne avoir fait de lâeau une prioritĂ©. Au total, 226 millions dâeuros ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s Ă travers diffĂ©rents dispositifs financiers, associant des fonds rĂ©gionaux, europĂ©ens et des partenariats avec dâautres acteurs publics.
PrÚs de 200 chantiers et opérations ont été soutenus ou engagés, concernant aussi bien :
la production dâeau potable ;
la réhabilitation des réseaux ;
lâassainissement ;
les stations dâĂ©puration ;
la sécurisation des captages ;
la modernisation des infrastructures.
Ces investissements ont concernĂ© les cinq communautĂ©s dâagglomĂ©ration : Cap Excellence, la CARL, la CANGT, Grand Sud CaraĂŻbe et Nord Grande-Terre.
Un problÚme structurel hérité de plusieurs décennies
Ce bilan intervient dans un contexte oĂč la question de lâeau demeure lâun des principaux sujets de prĂ©occupation en Guadeloupe.
Depuis des annĂ©es, le territoire souffre dâun rĂ©seau vieillissant, dâun manque dâinvestissements accumulĂ©s sur plusieurs dĂ©cennies et dâune gouvernance complexe qui a longtemps Ă©tĂ© fragmentĂ©e entre plusieurs opĂ©rateurs.
Selon plusieurs rapports, prĂšs de la moitiĂ© de lâeau produite serait encore perdue Ă cause des fuites sur les rĂ©seaux. Certaines canalisations datent de plusieurs dizaines dâannĂ©es et nĂ©cessitent des travaux de renouvellement particuliĂšrement coĂ»teux.
Ă ces difficultĂ©s sâajoutent la croissance dĂ©mographique, les Ă©pisodes de sĂ©cheresse liĂ©s au changement climatique et la nĂ©cessitĂ© de moderniser les Ă©quipements de traitement.
« La Région ne peut pas répondre seule »
Le document publiĂ© par la collectivitĂ© comporte Ă©galement une forme dâaveu.
MalgrĂ© lâampleur des investissements engagĂ©s, la RĂ©gion reconnaĂźt quâelle « ne peut pas rĂ©pondre seule Ă toutes les difficultĂ©s ».
Une dĂ©claration qui souligne que la crise de lâeau dĂ©passe largement les compĂ©tences dâune seule institution. LâĂtat, les intercommunalitĂ©s, le Syndicat Mixte de Gestion de lâEau et de lâAssainissement de Guadeloupe (SMGEAG), lâUnion europĂ©enne et diffĂ©rents partenaires financiers sont Ă©galement appelĂ©s Ă intervenir.
Le SMGEAG toujours confrontĂ© Ă dâimportants dĂ©fis
Créé en 2021 pour unifier la gestion de lâeau et de lâassainissement, le SMGEAG devait permettre de sortir dâune gouvernance jugĂ©e inefficace.
Mais le syndicat fait encore face Ă de nombreuses difficultĂ©s financiĂšres, techniques et organisationnelles. La remise Ă niveau complĂšte du rĂ©seau nĂ©cessitera plusieurs annĂ©es et plusieurs centaines de millions dâeuros supplĂ©mentaires.
En parallĂšle, les habitants continuent de subir des coupures dâeau rĂ©guliĂšres, alimentant une forte dĂ©fiance Ă lâĂ©gard des institutions.
Entre bilan et appel Ă une mobilisation collective
Pour la RĂ©gion Guadeloupe, ce document vise Ă rappeler que des moyens importants ont Ă©tĂ© engagĂ©s depuis 2018. Mais il met aussi en lumiĂšre les limites de lâaction rĂ©gionale face Ă un problĂšme dont les racines remontent Ă plusieurs dĂ©cennies.
Car malgrĂ© 226 millions dâeuros investis et prĂšs de 200 chantiers lancĂ©s, la crise de lâeau reste loin dâĂȘtre rĂ©solue. La collectivitĂ© admet ainsi quâaucun acteur ne pourra, seul, relever ce dĂ©fi.
Sainte-Lucie devient partenaire officiel dâArsenal et mise sur le football pour promouvoir son tourisme- Actu 2
La petite Ăźle de Sainte-Lucie, forte dâenviron 180 000 habitants, vient dâannoncer la signature dâun partenariat mondial pluriannuel avec le club anglais dâArsenal FC. Lâaccord, qui entrera en vigueur dĂšs la saison 2026-2027, fait de Sainte-Lucie la « Destination Officielle » des Gunners et sâinscrit dans une stratĂ©gie plus large visant Ă renforcer la visibilitĂ© internationale du pays tout en dĂ©veloppant le sport chez les jeunes.
Une vitrine mondiale pour lâĂźle caribĂ©enne
GrĂące Ă cet accord conclu entre la Saint Lucia Tourism Authority (SLTA) et Arsenal, Sainte-Lucie bĂ©nĂ©ficiera dâune exposition mĂ©diatique considĂ©rable.
La destination sera mise en avant Ă lâEmirates Stadium lors des rencontres de Premier League, de Womenâs Super League et des compĂ©titions nationales disputĂ©es par le club londonien. Les campagnes numĂ©riques dâArsenal, qui touchent des centaines de millions de supporters Ă travers le monde, intĂ©greront Ă©galement des contenus promotionnels consacrĂ©s Ă lâĂźle.
Le Royaume-Uni reprĂ©sente dĂ©jĂ lâun des principaux marchĂ©s touristiques de Sainte-Lucie. Ce partenariat vise donc Ă consolider cette clientĂšle tout en renforçant la notoriĂ©tĂ© de la destination auprĂšs dâautres marchĂ©s internationaux.
Un centre de formation pour les jeunes Saint-Luciens
Au-delĂ du volet touristique, lâaccord prĂ©voit Ă©galement un programme de dĂ©veloppement du football local.
Un « Academy Hub » sera créé Ă Sainte-Lucie afin dâoffrir aux jeunes talents un accĂšs Ă des formations, du mentorat et des parcours de progression inspirĂ©s des mĂ©thodes du club londonien.
Lâobjectif est de favoriser lâĂ©mergence de futurs joueurs professionnels tout en utilisant le sport comme outil de dĂ©veloppement social et Ă©ducatif.
Une stratégie déjà éprouvée
Ce partenariat avec Arsenal ne constitue pas une premiĂšre pour Sainte-Lucie.
Ces derniĂšres annĂ©es, lâĂźle a dĂ©jĂ signĂ© des accords de visibilitĂ© avec plusieurs grandes franchises nord-amĂ©ricaines, notamment les :
New York Yankees ;
Toronto Raptors ;
Toronto Maple Leafs ;
Brooklyn Nets.
La stratĂ©gie du gouvernement saint-lucien consiste Ă associer lâimage du pays Ă des marques sportives internationales afin de diversifier son offre touristique et de dĂ©velopper le tourisme sportif.
Une tendance de plus en plus présente dans la Caraïbe
Sainte-Lucie nâest pas le premier territoire caribĂ©en Ă utiliser le sport comme levier dâinfluence.
La Barbade a renforcĂ© sa prĂ©sence dans le cricket international, la JamaĂŻque capitalise depuis longtemps sur lâimage dâUsain Bolt, tandis que TrinitĂ©-et-Tobago et la RĂ©publique dominicaine investissent Ă©galement dans la diplomatie sportive.
Avec Arsenal, Sainte-Lucie sâoffre lâun des clubs les plus suivis au monde. Un choix qui pourrait lui permettre dâattirer davantage de visiteurs, mais aussi dâinspirer une nouvelle gĂ©nĂ©ration de jeunes footballeurs saint-luciens.
La JamaĂŻque nĂ©gocie avec Washington pour accueillir temporairement des migrants expulsĂ©s des Ătats-Unis- Actu 3
La JamaĂŻque pourrait bientĂŽt rejoindre la liste grandissante des pays ayant conclu un accord migratoire avec lâadministration Trump. Kingston a confirmĂ© ĂȘtre en train de finaliser un dispositif qui permettrait aux Ătats-Unis de transfĂ©rer temporairement des migrants expulsĂ©s sur son territoire, avant leur retour vers leur pays dâorigine ou leur rĂ©installation dans un Ătat tiers.
Cette initiative sâinscrit dans la stratĂ©gie plus large de Washington visant Ă externaliser une partie de sa politique migratoire en sâappuyant sur des pays partenaires.
JusquâĂ 25 migrants toutes les deux semaines
Le vice-Premier ministre et ministre de la SĂ©curitĂ© nationale, Horace Chang, a annoncĂ© que la JamaĂŻque accueillerait jusquâĂ 25 personnes tous les quinze jours, avec une limite maximale de 25 migrants prĂ©sents simultanĂ©ment sur le territoire.
Selon les autoritĂ©s jamaĂŻcaines, les personnes concernĂ©es ne seront pas dĂ©tenues et ne possĂ©deront pas de casier judiciaire. Leur hĂ©bergement devrait ĂȘtre assurĂ© par lâOrganisation internationale pour les migrations (OIM), tandis que les coĂ»ts du programme seraient pris en charge par le gouvernement amĂ©ricain.
Les modalitĂ©s opĂ©rationnelles restent toutefois Ă prĂ©ciser avant lâentrĂ©e en vigueur du dispositif.
Une stratĂ©gie mondiale de lâadministration Trump
Depuis son retour Ă la Maison-Blanche, Donald Trump a considĂ©rablement renforcĂ© sa politique dâexpulsion des migrants. Son administration cherche Ă accĂ©lĂ©rer les renvois en nĂ©gociant des accords avec plusieurs pays prĂȘts Ă accueillir temporairement des personnes que les Ătats-Unis peinent Ă rapatrier directement.
Cette politique est menĂ©e en Ă©troite collaboration avec lâImmigration and Customs Enforcement (ICE), lâagence fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine chargĂ©e de lâapplication des lois migratoires et des expulsions. Ces derniĂšres annĂ©es, lâICE est devenue lâun des symboles les plus controversĂ©s de la politique migratoire amĂ©ricaine.
Au-delà de la Jamaïque, des accords similaires ont été négociés avec le Panama, le Costa Rica, le Salvador, Saint-Kitts-et-Nevis, la Dominique et plusieurs pays africains.
Une relation privilégiée avec Washington
InterrogĂ© sur les contreparties obtenues par Kingston, Horace Chang nâa pas Ă©voquĂ© dâavantages financiers particuliers. Il a plutĂŽt insistĂ© sur lâimportance de prĂ©server de bonnes relations avec les Ătats-Unis.
« La question de ce que nous en retirons nâest pas pertinente », a-t-il dĂ©clarĂ©, qualifiant les Ătats-Unis dâ« ami ».
Cette position reflĂšte lâimportance stratĂ©gique des relations entre les deux pays. Les Ătats-Unis demeurent le premier partenaire Ă©conomique de la JamaĂŻque, un marchĂ© essentiel pour les exportations et une destination majeure pour la diaspora jamaĂŻcaine.
Des critiques des organisations de défense des droits humains
La politique amĂ©ricaine dâexpulsions vers des pays tiers suscite nĂ©anmoins de nombreuses critiques.
Plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que ces pratiques peuvent exposer certains migrants à des risques de persécution ou de traitements contraires au droit international. Elles dénoncent également le manque de transparence entourant certains transferts déjà effectués vers des pays comme le Panama ou le Salvador.
Les dĂ©fenseurs des droits des migrants rappellent que certaines personnes expulsĂ©es nâont parfois aucun lien personnel, culturel ou linguistique avec les pays qui les accueillent temporairement.
Une tendance qui gagne la CaraĂŻbe
La JamaĂŻque nâest pas un cas isolĂ©. Plusieurs gouvernements caribĂ©ens ont dĂ©jĂ acceptĂ© de coopĂ©rer avec Washington sur ces questions migratoires.
Saint-Kitts-et-Nevis a rĂ©cemment accueilli un premier groupe de ressortissants de la CARICOM transfĂ©rĂ©s depuis les Ătats-Unis. La Dominique a indiquĂ© quâelle pourrait recevoir jusquâĂ 28 personnes par an. Antigua-et-Barbuda et le Guyana ont Ă©galement menĂ© des discussions avec Washington.
Guyana : ExxonMobil sur le point de rĂ©cupĂ©rer ses 55 milliards de dollars dâinvestissements, tandis que les Guyanais attendent encore les retombĂ©es du boom pĂ©trolier - Actu 4
En moins dâune dĂ©cennie, le Guyana est devenu lâun des phĂ©nomĂšnes Ă©conomiques les plus spectaculaires de la planĂšte. Depuis la dĂ©couverte des gigantesques rĂ©serves du bloc Stabroek en 2015, le petit pays sud-amĂ©ricain de moins de 850 000 habitants a enregistrĂ© des taux de croissance records et sâest imposĂ© comme lâun des nouveaux centres Ă©nergĂ©tiques mondiaux.
ExxonMobil sur le point de récupérer ses 55 milliards de dollars
Selon John Colling, vice-prĂ©sident dâExxonMobil Guyana, le consortium menĂ© par ExxonMobil, aux cĂŽtĂ©s de Hess et de CNOOC, devrait rĂ©cupĂ©rer la totalitĂ© de ses investissements de 55 milliards de dollars dĂšs le second semestre 2026, plusieurs annĂ©es avant les projections initiales.
Fin 2025, environ 51 milliards de dollars avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©s sur les 55 milliards de coĂ»ts enregistrĂ©s. Cette rapiditĂ© sâexplique par les dispositions du contrat de partage de production signĂ© entre le Guyana et le consortium pĂ©trolier. Celui-ci permet aux compagnies de rĂ©cupĂ©rer jusquâĂ 75 % de la valeur de la production mensuelle avant le partage des bĂ©nĂ©fices avec lâĂtat guyanais. Une redevance de seulement 2 % est Ă©galement versĂ©e au gouvernement.
Une fois les coûts entiÚrement récupérés, la part des revenus revenant au Guyana devrait augmenter sensiblement.
Une production qui approche le million de barils par jour
Le bloc Stabroek produit dĂ©sormais plus de 900 000 barils de pĂ©trole par jour grĂące aux quatre projets actuellement en activitĂ©. Avec lâarrivĂ©e de nouvelles plateformes dans les prochaines annĂ©es, la production pourrait rapidement dĂ©passer le million de barils quotidiens.
Le pétrole guyanais, léger et peu soufré, est particuliÚrement recherché par les raffineries européennes, nord-américaines et asiatiques.
LâInde est devenue lâun des principaux acheteurs du brut guyanais, tandis que les tensions gĂ©opolitiques au Moyen-Orient ont renforcĂ© lâintĂ©rĂȘt des marchĂ©s internationaux pour cette nouvelle source dâapprovisionnement.
Le Guyana apparaĂźt dĂ©sormais comme lâun des piliers de la stratĂ©gie de diversification Ă©nergĂ©tique de lâhĂ©misphĂšre occidental.
Une croissance parmi les plus fortes du monde
Selon le Fonds monétaire international, le Guyana devrait enregistrer une croissance économique de 16,2 % en 2026.
Le PIB nominal du pays atteint désormais prÚs de 34 milliards de dollars, tandis que le PIB par habitant a bondi à plus de 33 000 dollars, plaçant théoriquement le Guyana parmi les économies les plus prospÚres de la région.
Le Fonds des ressources naturelles, alimenté par les revenus pétroliers, continue lui aussi de se renforcer. Sur le papier, tous les indicateurs sont au vert.
Pourtant, les Guyanais ordinaires attendent encore les bénéfices du pétrole
DerriÚre ces chiffres impressionnants, la réalité quotidienne de nombreux Guyanais reste beaucoup plus contrastée. Le salaire minimum mensuel se situe autour de 287 dollars américains. Le revenu médian dans le secteur formel tourne autour de 239 dollars, tandis que le salaire moyen brut atteint environ 478 dollars par mois.
Dans le mĂȘme temps, le boom pĂ©trolier et lâarrivĂ©e massive dâexpatriĂ©s ont provoquĂ© une forte hausse des prix de lâimmobilier, notamment Ă Georgetown.
Les loyers ont explosĂ© et de nombreuses familles peinent Ă suivre le coĂ»t de la vie. Les travailleurs des secteurs traditionnels comme lâagriculture, services, mines ou commerce ne profitent pas encore pleinement des retombĂ©es de cette croissance exceptionnelle.
Une prospérité qui accentue les inégalités
Le PIB par habitant du Guyana masque des disparitĂ©s importantes. La richesse créée par le pĂ©trole se concentre principalement autour de Georgetown et des secteurs liĂ©s directement ou indirectement Ă lâindustrie pĂ©troliĂšre.
Les rĂ©gions rurales et les communautĂ©s de lâintĂ©rieur du pays restent confrontĂ©es Ă la pauvretĂ© et aux inĂ©galitĂ©s.
Si les fonctionnaires et les enseignants ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâaugmentations salariales successives, avec une hausse cumulĂ©e supĂ©rieure Ă 57 % entre 2021 et 2026, une grande partie de la population nâa pas connu dâamĂ©lioration comparable.
Le contraste est saisissant entre les grues qui redessinent la capitale et les difficultés rencontrées par de nombreuses familles pour faire face à la hausse des prix.
Un contrat toujours critiqué
Depuis plusieurs annĂ©es, lâaccord signĂ© en 2016 entre le Guyana et ExxonMobil fait lâobjet de critiques.
Plusieurs économistes, responsables politiques et organisations de la société civile estiment que les conditions accordées au consortium sont particuliÚrement avantageuses pour les compagnies pétroliÚres.
Le faible taux de redevance de 2 %, lâabsence dâimpĂŽt direct sur certaines activitĂ©s et le mĂ©canisme de rĂ©cupĂ©ration des coĂ»ts ont alimentĂ© un dĂ©bat rĂ©current sur la nĂ©cessitĂ© de renĂ©gocier certains termes du contrat.
Le gouvernement du prĂ©sident Irfaan Ali et du vice-prĂ©sident Bharrat Jagdeo ont jusquâĂ prĂ©sent refusĂ© toute renĂ©gociation, arguant quâil est essentiel de prĂ©server la confiance des investisseurs.
Un sommet international sur les rĂ©parations de lâesclavage sâest tenu au Ghana - Actu 5
Dirigeants politiques, universitaires, militants et reprĂ©sentants de la diaspora africaine et caribĂ©enne se sont rĂ©unis Ă Accra, au Ghana, dans le cadre de la confĂ©rence internationale « Next Steps », afin de faire avancer les discussions sur les rĂ©parations liĂ©es Ă lâesclavage et Ă la traite transatlantique.
Cette rencontre intervient quelques mois aprĂšs lâadoption, en mars dernier, dâune rĂ©solution historique des Nations unies qualifiant la traite transatlantique des Africains de « crime le plus grave contre lâhumanitĂ© ». Bien que non contraignante, cette rĂ©solution renforce le poids moral des revendications portĂ©es depuis plusieurs dĂ©cennies par les pays africains et caribĂ©ens.
Des excuses officielles et des réparations
Dans leur déclaration finale, les participants ont appelé les anciennes puissances esclavagistes à présenter des excuses « complÚtes, officielles et inconditionnelles », considérées comme une premiÚre étape indispensable vers la réconciliation et la justice.
Entre le XVIá” et le XIXá” siĂšcle, environ 12 millions dâAfricains furent dĂ©portĂ©s vers les AmĂ©riques et les CaraĂŻbes. Leur travail forcĂ© contribua Ă bĂątir la richesse des puissances coloniales europĂ©ennes, tandis que les consĂ©quences humaines, Ă©conomiques et sociales de lâesclavage continuent de marquer lâAfrique, la CaraĂŻbe et leurs diasporas.
Le prĂ©sident ghanĂ©en John Dramani Mahama a rappelĂ© que « la reconnaissance entraĂźne une responsabilitĂ© » et quâune nouvelle Ă©tape devait dĂ©sormais ĂȘtre franchie.
Mia Mottley : « Les rĂ©parations ne sont pas seulement une question dâargent »
Parmi les personnalités présentes, la PremiÚre ministre de la Barbade, Mia Mottley, a une nouvelle fois défendu la cause des réparations.
La dirigeante barbadienne a rappelĂ© que les rĂ©parations ne devaient pas ĂȘtre rĂ©duites Ă une simple compensation financiĂšre.
Selon elle, il sâagit Ă©galement de justice, de dĂ©veloppement, dâĂ©ducation, de santĂ© et de lutte contre les inĂ©galitĂ©s hĂ©ritĂ©es de lâesclavage et du colonialisme. Elle estime que les vulnĂ©rabilitĂ©s Ă©conomiques et climatiques auxquelles sont confrontĂ©s de nombreux Ătats caribĂ©ens trouvent en partie leur origine dans cette histoire.
Le plan en dix points de la CARICOM
Depuis 2014, la Commission des rĂ©parations de la CARICOM dĂ©fend un « Plan en dix points » qui constitue aujourdâhui la principale feuille de route des Ătats caribĂ©ens.
Ce programme réclame notamment :
des excuses officielles ;
des programmes de développement ;
un soutien aux systÚmes de santé ;
des investissements dans lâĂ©ducation ;
des transferts de technologies ;
la réhabilitation psychologique des descendants des personnes réduites en esclavage ;
le droit au retour pour certaines populations de la diaspora ;
et un renforcement des liens entre lâAfrique et la CaraĂŻbe.
Plusieurs dirigeants souhaitent dĂ©sormais actualiser ce plan afin de lâadapter aux enjeux du XXIá” siĂšcle.
Vers un Fonds mondial des réparations ?
Les discussions dâAccra sâinscrivent dans la continuitĂ© du sommet organisĂ© au Ghana en 2023, qui avait proposĂ© la crĂ©ation dâun Fonds mondial des rĂ©parations.
Parmi les pistes évoquées figurent :
des financements pour lâĂ©ducation ;
le renforcement des systÚmes de santé ;
lâadaptation au changement climatique ;
le développement économique ;
ou encore la restitution dâobjets et dâĆuvres spoliĂ©es pendant la pĂ©riode coloniale.
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