🚨 Voici les 5 Actualités des Caraïbes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 24 Mai 2026
Mémorial ACTe : vers une refonte de l’exposition permanente pour mieux raconter l’horreur de l’esclavage - Actu 1
Dix ans après son inauguration , le Mémorial acte veut engagé une importante réflexion sur son exposition permanente. Ce 20 mai, date hautement symbolique marquant le rétablissement de l’esclavage par en 1802, associations, représentants culturels et direction du musée étaient réunis pour une visite critique du parcours mémoriel.
L’objectif : repenser la manière dont l’histoire de l’esclavage est racontée afin de mieux restituer la violence du système esclavagiste, mais aussi de sortir d’une approche jugée trop institutionnelle et parfois trop européo-centrée.
Un lieu symbolique majeur dans la Caraïbe
Inauguré en 2015, le Mémorial ACTe avait été présenté comme le plus grand centre caribéen consacré à la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage. Implanté sur l’ancien site de l’usine sucrière Darboussier à Pointe-à-Pitre, le lieu devait permettre à la de devenir un espace central de transmission mémorielle dans la Caraïbe et dans le monde.
Le mémorial accueille chaque année des milliers de visiteurs venus des Antilles, de l’Hexagone, d’Afrique, des Amériques et de la diaspora afrodescendante.
Mais depuis plusieurs années, certaines associations dénoncent un traitement qu’elles jugent trop abstrait ou insuffisamment frontal concernant la réalité de l’esclavage colonial.
Une mémoire jugée parfois “édulcorée”
Parmi les critiques exprimées lors de cette consultation figure celle de Jean-Marie Sane, président de l’association Les Amis de l’Inde, qui estime que certains aspects historiques restent insuffisamment contextualisés.
Selon lui, le parcours mémoriel ne rappelle pas assez clairement le rôle joué par certaines institutions religieuses européennes dans la justification de la traite négrière et de l’esclavage.
« Quand on démarre l’exposition permanente, on voit des images liées au catholicisme. Il faut rappeler que c’est aussi au nom du christianisme que des Africains ont été arrachés, déportés et réduits en esclavage », explique-t-il.
Même constat pour, présidente du Comité international des peuples noirs, qui juge que l’exposition actuelle ne transmet pas suffisamment la brutalité humaine du système esclavagiste.
« Lorsqu’on sort du MACTe, on sort léger parce qu’on ne ressent pas la souffrance de nos ancêtres », affirme-t-elle.
Pour plusieurs militants mémoriels, l’exposition actuelle privilégierait davantage une approche esthétique, muséographique et universelle, au détriment de la violence concrète de la déportation, des plantations, des châtiments corporels ou encore de la déshumanisation des esclavisés.
Une critique ancienne autour du récit historique
Depuis son ouverture, le fait régulièrement l’objet de débats dans la société guadeloupéenne.
Certains intellectuels et militants lui reprochent de ne pas suffisamment centrer le récit sur les résistances noires, les révoltes d’esclaves, les marronnages ou encore les figures anticoloniales des Antilles.
D’autres estiment que la scénographie très contemporaine du lieu peut parfois créer une distance émotionnelle avec les événements historiques racontés.
Ces critiques s’inscrivent dans un débat plus large observé dans plusieurs musées consacrés à l’esclavage dans le monde : comment raconter l’horreur sans tomber dans la spectacularisation ? Comment transmettre la souffrance historique tout en créant un espace pédagogique accessible à tous les publics ?
Saint-Kitts accueille un premier groupe de personnes expulsées des États-Unis : un accord migratoire qui relance le débat dans la Caraïbe-Actu 2
Le gouvernement de a confirmé l’arrivée d’un premier groupe de ressortissants caribéens transférés depuis les États-Unis dans le cadre d’un accord bilatéral migratoire avec Washington. Une décision qui illustre l’évolution de la stratégie américaine en matière de contrôle migratoire et qui suscite déjà des débats dans toute la région.
Selon les autorités, trois ressortissants de la CARICOM originaires de et du sont arrivés dans la Fédération le 19 mai après avoir été expulsés des États-Unis pour des infractions liées au droit de l’immigration. Le gouvernement insiste toutefois sur un point : ces personnes ne sont pas considérées comme des criminels violents et ne possèdent pas de lourds antécédents judiciaires.
Une nouvelle stratégie migratoire américaine
Ce transfert s’inscrit dans une politique plus large menée par les États-Unis depuis plusieurs années : les accords dits de « ressortissants de pays tiers ». Ces dispositifs permettent à Washington de transférer vers des pays partenaires des migrants ou personnes expulsées qu’il estime difficiles à renvoyer directement dans leur pays d’origine.
Cette politique est notamment pilotée par l’ICE ( l’Immigration and Customs Enforcement )l’agence fédérale américaine chargée des expulsions, de la détention et du contrôle migratoire. Sous l’administration Trump, l’ICE a considérablement renforcé les expulsions accélérées et les accords internationaux destinés à désengorger le système migratoire américain.
Dans ce contexte, plusieurs pays de la Caraïbe sont progressivement devenus des partenaires stratégiques des États-Unis dans la gestion régionale des migrations.
Un accord présenté comme limité et encadré
Le gouvernement de affirme que l’accord reste strictement encadré. Les autorités précisent que :
seuls des ressortissants de la CARICOM peuvent être concernés ;
les personnes ayant un casier judiciaire grave sont exclues ;
les coûts liés à l’accueil sont pris en charge par les États-Unis ;
les personnes transférées bénéficient d’un statut migratoire légal dans la Fédération.
Le Premier ministre avait déjà indiqué plus tôt cette année que son gouvernement refusait catégoriquement d’accueillir des personnes considérées comme dangereuses pour la sécurité nationale.
Une tendance qui s’étend dans la Caraïbe
Saint-Kitts-et-Nevis n’est pas un cas isolé. Plusieurs gouvernements caribéens ont reconnu avoir discuté ou signé des accords similaires avec Washington.
Le Premier ministre de St-Kitts avait expliqué que son gouvernement avait demandé des garanties concernant les personnes violentes ou présentant des risques sécuritaires. Il a aussi confirmé des discussions avec les États-Unis autour d’un protocole non contraignant concernant les migrants et réfugiés.
Vers l’abrogation du Code noir : un vote historique à l’Assemblée nationale- Actu 3
Près de 180 ans après l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, les députés de la commission des lois de l’Assemblée nationale ont voté à l’unanimité l’abrogation du Code noir et de l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage colonial. Une décision hautement symbolique qui intervient quelques jours avant le 25ᵉ anniversaire de la loi Taubira, texte fondateur ayant reconnu en 2001 la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Le vote marque une étape importante dans le travail mémoriel autour de l’histoire coloniale française et des héritages de l’esclavage dans les territoires ultramarins.
Un texte jamais officiellement supprimé
Promulgué sous le règne de Louis XIV en 1685, le Code noir était un ensemble d’ordonnances royales destiné à encadrer juridiquement l’esclavage dans les colonies françaises des Amériques.
Ces textes réduisaient les Africains déportés et leurs descendants au statut de « biens meubles » et organisaient légalement leur exploitation dans les plantations coloniales. Le Code noir réglementait la vie entière des esclavisés : travail forcé, châtiments corporels, interdiction de réunion, transmission héritée de l’esclavage, contrôle religieux ou encore séparation des familles.
Bien qu’il ne soit plus appliqué depuis l’abolition de l’esclavage en 1848, le Code noir n’avait jamais été formellement abrogé du droit français. Une situation dénoncée depuis longtemps par des historiens, associations mémorielles et élus ultramarins.
Une initiative portée par un député guadeloupéen
La proposition de loi est portée par Christian Baptiste, député de la Guadeloupe.
Le texte prévoit deux mesures principales :
L’abrogation officielle du Code noir et des autres textes ayant organisé l’esclavage colonial ;
La remise d’un rapport gouvernemental étudiant les conséquences contemporaines du droit colonial entre 1685 et 1946 sur les sociétés ultramarines.
Ce rapport devra notamment analyser les impacts économiques, sociaux, culturels et environnementaux hérités du système colonial dans les territoires concernés. Pour les défenseurs du texte, il ne s’agit pas uniquement d’un geste symbolique mais d’une reconnaissance politique du rôle joué par l’État dans l’institutionnalisation de l’esclavage.
Une séquence mémorielle forte autour des 25 ans de la loi Taubira
Le vote intervient dans un contexte hautement symbolique. En 2026, la France commémore les 25 ans de la loi Taubira, portée par Christiane Taubira, alors députée de la Guyane.
Adoptée le 10 mai 2001, cette loi a fait de la France le premier pays au monde à reconnaître officiellement la traite négrière transatlantique et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Depuis 2006, le 10 mai est devenu la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
Une prise de conscience récente au sommet de l’État
L’accélération du dossier remonte au 13 mai 2025. Ce jour-là, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député Christian Baptiste interpellait le Premier ministre sur la présence persistante du Code noir dans l’arsenal juridique français.
Le chef du gouvernement avait alors reconnu découvrir cette situation juridique et s’était engagé à soutenir un texte permettant son abolition officielle. Cette déclaration avait été perçue comme un tournant politique majeur par les élus ultramarins et les associations mémorielles.
Le porte-avions américain Nimitz déployé près de Cuba : tensions croissantes entre Washington et La Havane - Actu 4
Les tensions entre Washington et La Havane connaissent un nouveau regain. L’armée américaine a annoncé, mercredi 20 mai, l’arrivée du porte-avions américain USS Nimitz et de son groupe aéronaval dans les eaux proches de Cuba, où il doit rester plusieurs jours dans le cadre d’opérations militaires et de surveillance dans la région caribéenne.
Cette démonstration de puissance intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux capitales, marqué par de nouvelles sanctions américaines et des déclarations particulièrement fermes du président cubain.
Un symbole militaire majeur dans les Caraïbes
Le Nimitz est l’un des plus célèbres porte-avions de la marine américaine. Capable de transporter des dizaines d’avions de combat et accompagné de destroyers, de sous-marins et de navires de soutien, son déploiement est souvent interprété comme un signal géopolitique fort.
Même si les autorités américaines n’ont pas officiellement présenté cette mission comme une opération dirigée contre l’île communiste, sa présence à proximité immédiate de Cuba survient dans un climat particulièrement lourd. Depuis plusieurs années, les relations bilatérales se sont fortement dégradées, notamment après le durcissement de la politique américaine sous l’administration Trump, une ligne largement maintenue par ses successeurs.
Cuba dénonce des menaces américaines
Lundi, le président cubain a affirmé que son pays n’avait « aucune intention agressive » envers d’autres nations, tout en avertissant qu’une attaque américaine contre Cuba « provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables ».
Ces propos traduisent l’inquiétude grandissante des autorités cubaines face au renforcement de la pression militaire et diplomatique. Le gouvernement cubain accuse régulièrement Washington de chercher à déstabiliser l’île par des sanctions économiques, des opérations de renseignement et une stratégie d’asphyxie financière destinée à provoquer un changement de régime.
De nouvelles sanctions américaines
Au même moment, les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions visant les services de renseignement cubains ainsi qu’une dizaine de hauts responsables de l’État. Washington accuse notamment ces derniers de violations des droits humains, de surveillance politique et de répression contre les opposants.
Ces nouvelles mesures s’ajoutent à l’embargo économique imposé à Cuba depuis plus de soixante ans , un blocus qui continue de peser lourdement sur une économie cubaine déjà asphyxiée par :
Les pénuries alimentaires et de médicaments ;
Les coupures d’électricité chroniques ;
L’effondrement du tourisme depuis la pandémie ;
L’exode massif de la population ;
La chute drastique des revenus en devises étrangères.
Une crise historique à Cuba
La situation économique de l’île est aujourd’hui considérée comme la plus grave depuis la disparition de l’Union soviétique (URSS) au début des années 1990.
Depuis 2021, des centaines de milliers de Cubains ont fui le pays, principalement vers les États-Unis, l’Espagne, le Mexique, le Nicaragua ou encore le Canada. Les autorités cubaines attribuent l’entière responsabilité de cette crise humanitaire à l’impact de l’embargo américain, tandis que Washington accuse la gestion du régime cubain d’être la cause directe de l’effondrement économique du pays.
La fondatrice des Secrets de Loly distinguée par l’Ordre national du Mérite-Actu 5
Kelly Massol, entrepreneure française d’origine martiniquaise et fondatrice de la marque capillaire Les Secrets de Loly, a été élevée au rang d’officier de l’Ordre national du Mérite. Une distinction qui vient saluer son parcours entrepreneurial et son influence dans l’industrie de la beauté en France.
Créée en 2009, la marque Les Secrets de Loly s’est imposée comme l’une des références du soin des cheveux texturés, bouclés, frisés et crépus. À travers ses produits et son discours autour de l’acceptation des cheveux naturels, Kelly Massol a contribué à transformer le regard porté sur les textures afro et métissées dans l’univers cosmétique français.
Une ascension devenue symbole
Partie d’une petite activité artisanale lancée depuis sa cuisine, l’entreprise est devenue un acteur majeur du secteur de la beauté inclusive. Ces dernières années, Les Secrets de Loly a connu une forte croissance, portée par l’explosion du marché des soins naturels et par une génération de consommateurs en quête de représentations plus diverses.
Au-delà du succès commercial, Kelly Massol est souvent présentée comme une figure inspirante de l’entrepreneuriat féminin et ultramarin. Son parcours résonne particulièrement auprès des jeunes issus des Outre-mer et des diasporas afro-caribéennes, qui voient dans cette réussite une forme de visibilité encore rare dans le monde économique français.
Une distinction à forte portée symbolique
L’Ordre national du Mérite, créé en 1963 par le général de Gaulle, récompense les citoyens ayant accompli des mérites distingués dans différents domaines. En étant élevée au grade d’officier, Kelly Massol rejoint les personnalités reconnues pour leur contribution à la société française.









