Hydrocarbures en Guyane : lâAssemblĂ©e nationale rejette la proposition de loi, mais le dĂ©bat est loin dâĂȘtre clos - Actu 1
LâAssemblĂ©e nationale a rejetĂ©, ce jeudi, la proposition de loi portĂ©e par le dĂ©putĂ© guyanais Jean-Victor Castor visant Ă lever, pour les territoires ultramarins, lâinterdiction de recherche, dâexploration et dâexploitation des hydrocarbures instaurĂ©e par la loi Hulot de 2017. Un rejet qui suscite une vive incomprĂ©hension en Guyane, oĂč Ă©lus, acteurs Ă©conomiques et une partie de la population considĂšrent cette dĂ©cision comme un frein au dĂ©veloppement du territoire.
Une proposition de loi rejetée dÚs les premiers débats
Le texte, dĂ©jĂ rejetĂ© quelques jours plus tĂŽt par la commission des affaires Ă©conomiques, nâa pas rĂ©ussi Ă franchir lâĂ©tape de lâAssemblĂ©e nationale. DĂšs lâexamen du premier amendement de suppression, la proposition a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e.
Pour Jean-Victor Castor, cette dĂ©cision illustre une forme de mĂ©pris Ă lâĂ©gard des territoires ultramarins :
« Ce nâest pas un abandon des territoires dâOutre-mer, câest une continuitĂ© des rapports coloniaux, dâune façon paternaliste de nous dire ce qui est bon et pas bon pour nous. »
Ă lâissue des dĂ©bats, le dĂ©putĂ© a mĂȘme appelĂ© Ă la « dĂ©sobĂ©issance civile », dĂ©nonçant une politique imposĂ©e depuis Paris sans prise en compte des rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques locales.
Une mobilisation rare en Guyane
Cette proposition de loi bĂ©nĂ©ficiait pourtant dâun soutien inhabituellement large en Guyane.
Les maires du territoire ont symboliquement fermĂ© leurs hĂŽtels de ville pour protester contre le rejet annoncĂ© du texte. La CollectivitĂ© Territoriale de Guyane sâĂ©tait Ă©galement prononcĂ©e en faveur dâune reprise des recherches pĂ©troliĂšres.
Pour de nombreux élus guyanais, la question dépasse le simple enjeu énergétique. Elle touche à la capacité du territoire à décider de son avenir économique.
Dans une rĂ©gion oĂč le chĂŽmage demeure Ă©levĂ© et oĂč les infrastructures restent insuffisantes, certains voient dans les hydrocarbures une opportunitĂ© comparable Ă celle actuellement vĂ©cue par les pays voisins.
Le précédent du Guyana et du Suriname
Le débat est alimenté par les succÚs spectaculaires enregistrés par les voisins de la Guyane française.
Depuis la dĂ©couverte de vastes rĂ©serves offshore en 2015, Guyana est devenu lâune des Ă©conomies connaissant la croissance la plus rapide au monde. Le pays produit dĂ©sormais plusieurs centaines de milliers de barils par jour et pourrait approcher les deux millions de barils quotidiens au cours de la prochaine dĂ©cennie.
De son cĂŽtĂ©, Suriname a Ă©galement confirmĂ© dâimportantes dĂ©couvertes pĂ©troliĂšres en eaux profondes, ouvrant la voie Ă une nouvelle industrie Ă©nergĂ©tique qui devrait transformer son Ă©conomie dans les annĂ©es Ă venir.
Pour les partisans de la proposition de loi, la Guyane française se trouve au cĆur du mĂȘme bassin gĂ©ologique rĂ©gional et pourrait bĂ©nĂ©ficier dâun potentiel similaire.
Les arguments du gouvernement
Le gouvernement dĂ©fend une position radicalement diffĂ©rente. Pour le ministre de lâĂconomie, Roland Lescure, revenir sur lâinterdiction instaurĂ©e par la loi Hulot reviendrait Ă remettre en cause les engagements climatiques de la France.
Selon lui, cette proposition de loi :
« revient sur dix ans de progrÚs environnementaux pour lesquels nous nous sommes collectivement battus ».
La France sâest engagĂ©e dans une stratĂ©gie de rĂ©duction progressive de sa dĂ©pendance aux Ă©nergies fossiles et considĂšre que relancer lâexploration pĂ©troliĂšre irait Ă lâencontre de ses objectifs climatiques.
Les opposants au texte soulignent Ă©galement les risques environnementaux que pourrait reprĂ©senter une exploitation offshore au large de lâun des territoires les plus riches en biodiversitĂ© de la planĂšte.
TotalEnergies : un potentiel réellement exploré ?
Un autre point de friction concerne les recherches déjà menées au large de la Guyane.
Le groupe TotalEnergies avait obtenu plusieurs permis dâexploration avant lâentrĂ©e en vigueur de la loi Hulot. Toutefois, les campagnes rĂ©alisĂ©es nâavaient pas dĂ©bouchĂ© sur des dĂ©couvertes commercialement exploitables.
Lors de lâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du groupe en 2026, son PDG Patrick PouyannĂ© a rappelĂ© que cinq puits avaient Ă©tĂ© forĂ©s et que les rĂ©sultats sâĂ©taient rĂ©vĂ©lĂ©s nĂ©gatifs. Mais Jean-Victor Castor conteste cette lecture. Selon lui, les explorations menĂ©es reposaient sur des donnĂ©es sismiques anciennes datant de 2011 et nâont jamais permis dâĂ©valuer correctement le potentiel rĂ©el du sous-sol marin guyanais.
Pour ses partisans, il est donc prĂ©maturĂ© dâaffirmer que la Guyane ne possĂšde pas de ressources exploitables.
Le débat sur le « colonialisme vert »
Le rejet du texte a également ravivé une expression de plus en plus utilisée en Guyane : celle de « colonialisme vert ».
Cette notion dĂ©signe lâidĂ©e selon laquelle les dĂ©cisions environnementales seraient prises depuis la mĂ©tropole sans tenir compte des besoins Ă©conomiques des populations locales.
Les dĂ©fenseurs de la proposition estiment quâil existe une contradiction entre la volontĂ© française de promouvoir la transition Ă©cologique et le refus dâaccorder aux territoires ultramarins les mĂȘmes possibilitĂ©s de dĂ©veloppement Ă©conomique que celles observĂ©es ailleurs dans la rĂ©gion.
Ă lâinverse, les organisations Ă©cologistes considĂšrent que la Guyane possĂšde dĂ©jĂ un atout majeur dans la prĂ©servation de sa biodiversitĂ© exceptionnelle et que son dĂ©veloppement ne doit pas reproduire les modĂšles fondĂ©s sur les Ă©nergies fossiles.
La Grenade ouvre ses portes aux NigĂ©rians sans visa et veut renforcer les liens entre lâAfrique et la CaraĂŻbe-Actu 2
La petite Ăźle de la Grenade poursuit sa stratĂ©gie de rapprochement avec lâAfrique. Le gouvernement grenadien a annoncĂ© lâinstauration prochaine dâun accĂšs sans visa pour les dĂ©tenteurs de passeports nigĂ©rians, une mesure qui pourrait ouvrir une nouvelle page dans les relations Ă©conomiques, touristiques et culturelles entre les deux rĂ©gions.
Lâannonce a Ă©tĂ© faite Ă Lagos par Abidemi Sonoiki, consul honoraire de la Grenade au Nigeria. Selon lui, les autoritĂ©s grenadiennes ont dĂ©jĂ approuvĂ© cette exemption de visa et attendent dĂ©sormais une dĂ©cision rĂ©ciproque du gouvernement nigĂ©rian afin de faciliter les dĂ©placements dans les deux sens.
Un pont entre lâAfrique et la CaraĂŻbe
Cette initiative sâinscrit dans une volontĂ© plus large de renforcer les Ă©changes entre lâAfrique de lâOuest et la CaraĂŻbe. Longtemps sĂ©parĂ©es par des contraintes administratives et des liaisons aĂ©riennes limitĂ©es, ces deux rĂ©gions cherchent aujourdâhui Ă dĂ©velopper davantage leurs relations commerciales et humaines.
Pour les autoritĂ©s grenadiennes, le Nigeria reprĂ©sente un partenaire stratĂ©gique. Avec plus de 220 millions dâhabitants et la plus grande Ă©conomie du continent africain, le pays constitue un marchĂ© considĂ©rable pour les entreprises caribĂ©ennes. Ă lâinverse, la Grenade souhaite se positionner comme une porte dâentrĂ©e vers les marchĂ©s caribĂ©ens pour les entrepreneurs et investisseurs africains.
« Nous voulons que le Nigeria devienne le hub africain et que la Grenade devienne le hub caribéen », a expliqué le consul honoraire lors de sa présentation à Lagos.
Des secteurs clés visés
Au-delĂ de la simple question des visas, les discussions portent sur plusieurs domaines de coopĂ©ration tels que le tourisme , lâaviation , lâagriculture ,la santĂ©, lâĂ©ducation et encore dâautres domaines.
La Grenade espĂšre attirer des entrepreneurs, investisseurs et professionnels qualifiĂ©s nigĂ©rians tout en favorisant les investissements grenadiens vers lâAfrique.
Des vols directs en discussion
Lâun des obstacles majeurs aux Ă©changes entre lâAfrique et la CaraĂŻbe reste lâabsence de liaisons aĂ©riennes rĂ©guliĂšres.
Câest pourquoi des discussions sont Ă©galement en cours pour mettre en place des vols directs entre le Nigeria et la Grenade. Les autoritĂ©s estiment quâune telle connexion pourrait voir le jour dans les prochains mois si les nĂ©gociations aboutissent.
Cette annonce intervient quelques semaines seulement aprĂšs le vol historique de la compagnie nigĂ©riane Air Peace entre Lagos et la Barbade, premier vol commercial direct entre lâAfrique de lâOuest et la CaraĂŻbe. Cette nouvelle dynamique aĂ©rienne tĂ©moigne dâun intĂ©rĂȘt croissant pour les relations afro-caribĂ©ennes.
Une relation qui sâintensifie depuis plusieurs annĂ©es
Le rapprochement entre les deux pays ne date pas dâhier. Depuis lâouverture du consulat honoraire de la Grenade Ă Lagos en 2022, les Ă©changes se sont multipliĂ©s. La crĂ©ation de la Chambre de commerce Nigeria-Grenade a Ă©galement permis de renforcer les liens entre les secteurs privĂ©s des deux pays.
Par ailleurs, lâintĂ©rĂȘt des NigĂ©rians pour la Grenade est dĂ©jĂ visible. Selon plusieurs mĂ©dias Ă©conomiques nigĂ©rians, les ressortissants nigĂ©rians figurent parmi les principaux demandeurs de citoyennetĂ© grenadienne ces derniĂšres annĂ©es.
Une nouvelle étape dans le rapprochement Afrique-Caraïbe
Au-delĂ de la Grenade et du Nigeria, cette initiative reflĂšte une tendance plus large observĂ©e depuis plusieurs annĂ©es : celle du rapprochement entre lâAfrique et la CaraĂŻbe.
Vols directs, accords commerciaux, coopĂ©ration universitaire, tourisme mĂ©moriel, investissements croisĂ©s ou encore diplomatie culturelle : les deux rĂ©gions cherchent progressivement Ă construire des relations plus directes, sans passer systĂ©matiquement par lâEurope ou lâAmĂ©rique du Nord.
Lâexemption de visa annoncĂ©e par la Grenade pourrait ainsi devenir un symbole fort de cette nouvelle dynamique afro-caribĂ©enne qui se dessine au XXIá” siĂšcle.
La Chine ouvre sa « Route de la soie bleue » aux Caraïbes : une nouvelle étape dans son influence régionale - Actu 3
La Chine souhaite renforcer encore davantage sa prĂ©sence dans la CaraĂŻbe. RĂ©unis Ă TrinitĂ©-et-Tobago lors dâun forum consacrĂ© Ă la coopĂ©ration sino-caribĂ©enne, des responsables chinois ont prĂ©sentĂ© leur vision de la « Route de la soie bleue », une extension maritime des Nouvelles Routes de la Soie visant Ă dĂ©velopper les infrastructures portuaires, lâĂ©conomie maritime, le tourisme et la rĂ©silience climatique dans la rĂ©gion.
Pour PĂ©kin, les CaraĂŻbes reprĂ©sentent dĂ©sormais une rĂ©gion stratĂ©gique, situĂ©e au croisement des grandes routes commerciales reliant lâAtlantique, lâAmĂ©rique latine et lâAmĂ©rique du Nord. La Chine estime que la coopĂ©ration dans les domaines des ports, de la logistique, de la recherche ocĂ©anique, de lâaquaculture ou encore du dessalement de lâeau de mer pourrait ouvrir de nouvelles perspectives Ă©conomiques aux petits Ătats insulaires caribĂ©ens.
Une prĂ©sence chinoise qui sâaccĂ©lĂšre dans la CaraĂŻbe
Cette initiative ne sort pas de nulle part. Depuis une quinzaine dâannĂ©es, la Chine investit massivement dans les CaraĂŻbes.
Aujourdâhui, PĂ©kin est devenu lâun des principaux partenaires Ă©conomiques de plusieurs pays de la rĂ©gion. Des milliards de dollars ont Ă©tĂ© investis dans la construction de routes, de ponts, de stades, dâhĂŽpitaux, de rĂ©seaux de tĂ©lĂ©communications, de logements sociaux et dâinfrastructures portuaires.
En JamaĂŻque, la Chine a participĂ© au financement et Ă la construction de plusieurs grands axes routiers. Ă TrinitĂ©-et-Tobago, elle a contribuĂ© Ă des projets dâinfrastructures majeurs. Au Suriname, en Guyana et dans plusieurs Ătats de lâOrganisation des Ătats de la CaraĂŻbe orientale (OECO), les entreprises chinoises sont dĂ©sormais prĂ©sentes dans les secteurs de lâĂ©nergie, des mines, des tĂ©lĂ©communications et de la construction.
Cette montĂ©e en puissance sâest accĂ©lĂ©rĂ©e depuis le lancement de lâinitiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative), Ă laquelle plusieurs pays caribĂ©ens ont officiellement adhĂ©rĂ©.
LâĂ©conomie bleue au cĆur du partenariat
La nouveautĂ© rĂ©side dans lâaccent mis sur lâĂ©conomie maritime.
Les experts rĂ©unis Ă TrinitĂ©-et-Tobago ont soulignĂ© que les CaraĂŻbes possĂšdent un immense potentiel encore largement sous-exploitĂ© dans les domaines de la recherche ocĂ©anographique, de lâexploration des grands fonds marins, de lâaquaculture, du transport maritime ou encore de la biotechnologie marine.
La Chine dispose dĂ©jĂ de navires de recherche ocĂ©anographique de pointe et dâune expertise technologique importante dans ces domaines. Plusieurs chercheurs caribĂ©ens ont Ă©voquĂ© la possibilitĂ© de coopĂ©rations scientifiques permettant Ă la rĂ©gion dâexplorer des ressources marines encore largement mĂ©connues.
Tourisme, commerce et climat
Pékin voit également dans les Caraïbes une destination touristique à fort potentiel.
Avec plus dâun milliard dâhabitants et une classe moyenne en constante croissance, la Chine reprĂ©sente lâun des plus grands marchĂ©s touristiques mondiaux. Plusieurs intervenants ont estimĂ© quâattirer seulement une petite fraction des touristes chinois pourrait avoir un impact considĂ©rable sur les Ă©conomies caribĂ©ennes.
La coopĂ©ration pourrait aussi porter sur les systĂšmes dâalerte prĂ©coce face aux catastrophes naturelles, un enjeu majeur pour une rĂ©gion rĂ©guliĂšrement frappĂ©e par les ouragans et les Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes.
Une influence qui inquiĂšte aussi
Lâexpansion chinoise dans la CaraĂŻbe ne fait toutefois pas lâunanimitĂ©. Certains observateurs occidentaux craignent que les investissements chinois ne crĂ©ent une dĂ©pendance financiĂšre accrue de certains Ătats insulaires envers PĂ©kin. Dâautres soulignent les risques liĂ©s Ă lâendettement, Ă la transparence des contrats ou Ă la concurrence gĂ©opolitique croissante entre la Chine et les Ătats-Unis dans la rĂ©gion.
Pour plusieurs gouvernements caribĂ©ens, la stratĂ©gie consiste plutĂŽt Ă diversifier leurs partenaires internationaux. Face Ă la rĂ©duction de certaines aides occidentales et aux dĂ©fis du changement climatique, de nombreux Ătats voient dans la Chine une source supplĂ©mentaire de financement et dâinvestissement.
Une nouvelle géographie des relations Caraïbe-Asie
Lâouverture de cette « Route de la soie bleue » confirme une tendance de fond : les CaraĂŻbes regardent de plus en plus vers lâAsie.
AprĂšs le renforcement des liens avec lâInde, la multiplication des investissements chinois et lâouverture rĂ©cente de nouvelles liaisons aĂ©riennes directes entre lâAfrique et les CaraĂŻbes, la rĂ©gion poursuit sa diversification diplomatique et Ă©conomique.
Longtemps tournĂ©es presque exclusivement vers lâEurope et lâAmĂ©rique du Nord, les CaraĂŻbes sâinscrivent dĂ©sormais dans une dynamique multipolaire oĂč la Chine entend jouer un rĂŽle de premier plan. Pour PĂ©kin, les CaraĂŻbes ne sont plus seulement un ensemble de petites Ăźles touristiques : elles deviennent un maillon stratĂ©gique de sa prĂ©sence Ă©conomique mondiale.
Haïti de retour à la Coupe du Monde aprÚs 52 ans : entre fierté historique et polémique politique-Actu 4
C'est l'une des plus belles histoires de cette Coupe du Monde 2026 : Haïti retrouve la scÚne mondiale pour la premiÚre fois depuis 1974, soit 52 ans d'absence. De Port-au-Prince à Brooklyn, de Miami à Montréal, la diaspora haïtienne célÚbre ce moment historique avec une ferveur exceptionnelle.
Pour des millions de Haïtiens à travers le monde, cette qualification représente bien plus qu'un exploit sportif , c'est un symbole de résilience et de fierté nationale pour un pays qui traverse des décennies de crises politiques et économiques.
La polĂ©mique du maillot : quand lâhistoire devient « politique »
Mais ce retour triomphal est entachĂ© dâune controverse qui soulĂšve des questions profondes sur les limites imposĂ©es par la FIFA.
Les maillots conçus par lâĂ©quipementier colombien Saeta arboraient une image reprĂ©sentant la Bataille de VertiĂšres, le combat final de la RĂ©volution haĂŻtienne qui mena Ă lâindĂ©pendance du pays en 1804. On y voyait des combattants brandissant le drapeau haĂŻtien, un symbole fondateur de lâidentitĂ© nationale.
La FIFA a jugé ces éléments visuels « potentiellement interprétables différemment » et a exigé leur retrait.
« Suite Ă une mauvaise interprĂ©tation, les officiels de la FIFA ont demandĂ© Ă la fĂ©dĂ©ration de retirer une image reprĂ©sentant VertiĂšres et certains hĂ©ros de lâindĂ©pendance hissant le drapeau haĂŻtien », a dĂ©clarĂ© un porte-parole de lâĂ©quipe haĂŻtienne.
Une récidive du CIO
Ce nâest pas la premiĂšre fois cette annĂ©e quâHaĂŻti subit ce type de censure. En fĂ©vrier, le ComitĂ© International Olympique avait dĂ©jĂ forcĂ© le pays Ă retirer une image de Toussaint Louverture figure emblĂ©matique de lâabolition de lâesclavage sur des tenues de la cĂ©rĂ©monie dâouverture des Jeux dâhiver.
Une Coupe du Monde sous tension politique
Lâironie nâĂ©chappe Ă personne : cette Coupe du Monde 2026, organisĂ©e par les Ătats-Unis, le Mexique et le Canada, baigne elle-mĂȘme dans un climat hautement politique.
Le contexte américain
Lâadministration Trump et sa politique dâimmigration stricte ont dĂ©jĂ provoquĂ© plusieurs incidents :
Lâaffaire de lâarbitre somalien : des difficultĂ©s liĂ©es Ă lâobtention de visas pour certains officiels originaires de pays ciblĂ©s par les restrictions migratoires
Les supporters ivoiriens refoulĂ©s : des fans venus soutenir leur Ă©quipe se sont vu refuser lâentrĂ©e sur le territoire amĂ©ricain
Des tensions persistantes autour de lâaccueil des dĂ©lĂ©gations de certains pays comme lâiran
Dans ce contexte, voir la FIFA interdire Ă HaĂŻti de cĂ©lĂ©brer sa propre rĂ©volution , la premiĂšre rĂ©volte dâesclaves rĂ©ussie de lâhistoire , tout en organisant un tournoi dans un pays aux politiques migratoires controversĂ©es, crĂ©e un contraste saisissant.
Curaçao : lâautre sensation caribĂ©enne
HaĂŻti nâest pas la seule nation des CaraĂŻbes Ă marquer cette Ă©dition. Curaçao, territoire nĂ©erlandais dâĂ peine 150 000 habitants, fait Ă©galement son entrĂ©e historique dans la compĂ©tition. Câest lâun des plus petits territoires Ă jamais participer Ă une Coupe du Monde, dĂ©montrant que le football reste un sport capable de transcender les frontiĂšres et les Ă©chelles.
Katarina Jacobson, premiÚre Guadeloupéenne docteure en archéologie précolombienne, lauréate du prix de la meilleure thÚse de la Caraïbe 2026 - Actu 5
Une reconnaissance internationale pour la recherche guadeloupĂ©enne. LâAssociation dâĂ©tudes caribĂ©ennes, basĂ©e Ă Trinidad, vient de dĂ©cerner Ă Katarina Jacobson le prestigieux prix de la meilleure thĂšse de la CaraĂŻbe 2026. Cette distinction, attribuĂ©e tous les deux ans, rĂ©compense ses travaux consacrĂ©s Ă lâĂ©tude de la cĂ©ramique prĂ©colombienne dans la rĂ©gion caribĂ©enne.
Un parcours dâexception
Katarina Jacobson nâest pas seulement laurĂ©ate de ce prix : elle est Ă©galement la premiĂšre GuadeloupĂ©enne Ă avoir obtenu un doctorat en archĂ©ologie prĂ©colombienne. Un titre de pionniĂšre qui prend aujourdâhui tout son sens avec cette consĂ©cration rĂ©gionale.
ParallĂšlement Ă ses recherches, elle occupe le poste de directrice du MusĂ©e municipal Saint-John Perse Ă Pointe-Ă -Pitre, oĂč elle Ćuvre Ă la valorisation du patrimoine culturel et historique de la Guadeloupe.
Des travaux salués pour leur caractÚre exceptionnel
Dans son communiquĂ©, lâAssociation dâĂ©tudes caribĂ©ennes a tenu Ă souligner la qualitĂ© exceptionnelle des recherches menĂ©es par la docteure Jacobson. Son travail sur la cĂ©ramique prĂ©colombienne apporte un Ă©clairage prĂ©cieux sur les populations amĂ©rindiennes qui ont façonnĂ© lâhistoire de la CaraĂŻbe bien avant lâarrivĂ©e des EuropĂ©ens.
Un rayonnement pour la Guadeloupe
Cette distinction illustre le dynamisme de la recherche guadeloupĂ©enne et sa capacitĂ© Ă sâimposer sur la scĂšne internationale. Ă travers le parcours de Katarina Jacobson, câest toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs et chercheuses antillais.es francophone qui voit ses compĂ©tences reconnues au-delĂ des frontiĂšres.
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