🚨 Voici les 5 Actualités des Antilles à retenir cette semaine ⏳🌴
Bonaire obtient justice climatique : les Pays-Bas sommés de protéger l’île face à la montée des eaux-Actu 1
Les habitants de Bonaire, petite île des Caraïbes administrée par les Pays-Bas, ont remporté une victoire historique en matière de justice climatique. Dans un jugement rendu mercredi 28 janvier par un tribunal de La Haye, l’État néerlandais a été sommé de mettre en place des mesures concrètes pour protéger l’île contre la montée des eaux et d’adopter des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l’ensemble de son économie.
Cette action en justice avait été lancée par les habitants de Bonaire, soutenus par Greenpeace, qui dénonçaient l’irresponsabilité et le traitement inégal entre les citoyens néerlandais des Pays-Bas européens et ceux des territoires d’outre-mer. « Les habitants de l’île sont traités différemment, sans raison valable », a souligné Jerzy Luiten, juge du tribunal.
« Les juges nous ont vraiment écoutés », s’est réjouie Jackie Bernabela, sexagénaire de Bonaire venue assister au jugement. « Nous avions l’impression d’être traités comme des citoyens de seconde zone, et le juge a parlé de discrimination. »
Le tribunal a ordonné à l’État néerlandais d’établir dans les 18 mois des objectifs clairs et contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et d’élaborer un plan d’adaptation incluant Bonaire, applicable d’ici 2030. La demande des plaignants visant à ramener les émissions à zéro dès 2040, plutôt que 2050 comme prévu au niveau de l’UE, a été rejetée.
Selon Greenpeace et des études universitaires, jusqu’au cinquième de la superficie de l’île pourrait être submergé d’ici la fin du siècle, menaçant les 27 000 habitants et les infrastructures locales. Les militants recommandent notamment la construction de brise-lames et le replantage de mangroves pour réduire l’impact des vagues et protéger les zones côtières.
« Le changement climatique n’est pas une menace lointaine pour nous », a déclaré Onnie Emerenciana, habitant de l’île. « La chaleur est désormais souvent insupportable, là où nous avions l’habitude de travailler, de pêcher ou de nous promener. »
Cette affaire fait suite à l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) rendu en juillet 2025, qui avait établi que les États ne respectant pas leurs obligations climatiques commettent un acte illicite. Selon Greenpeace, le jugement de Bonaire pourrait créer un précédent d’importance mondiale, car il s’agit du premier cas majeur depuis cet avis.
Pour Marieke Vellekoop, directrice de Greenpeace Pays-Bas, « les habitants de Bonaire obtiennent enfin la reconnaissance que le gouvernement les discrimine et doit les protéger des vagues de chaleur extrêmes et de la montée des eaux ».
Le gouvernement néerlandais, par la voix d’un porte-parole du ministère de l’Infrastructure et de la Gestion de l’eau, a indiqué que l’État prendrait le jugement « très au sérieux » et étudierait les mesures à mettre en œuvre, tout en soulignant que La Haye avait historiquement été pionnière dans la protection contre les inondations dans ses territoires européens.
Les familles de deux hommes tués lors de frappes américaines en mer des Caraïbes poursuivent Washington en justice - Actu 2
Les familles de deux hommes originaires de Trinidad‑et‑Tobago tués lors d’une frappe américaine en mer des Caraïbes ont déposé une plainte fédérale inédite contre le gouvernement des États‑Unis, contestant la légalité de cette attaque et de la campagne militaire plus large qui l’entoure.
L’action judiciaire, déposée mardi devant le tribunal de district fédéral du Massachusetts, vise à obtenir des réparations pour les décès de Chad Joseph, 26 ans, et Rishi Samaroo, 41 ans, tués aux côtés de quatre autres personnes le 14 octobre dernier lorsqu’une frappe américaine a détruit leur embarcation alors qu’ils rentraient de Venezuela vers Trinidad.
La plainte qualifie ces attaques de meurtres prémédités et intentionnels, estimant qu’elles manquent de toute justification légale plausible et constituent des violations du droit national et international. Selon les avocats des familles, ces hommes n’étaient pas impliqués dans des activités criminelles mais simplement en route vers leur village de pêcheurs de Las Cuevas.
Les plaignants utilisent deux textes juridiques : le Death on the High Seas Act, qui autorise les familles à poursuivre pour décès survenus en haute mer, et l’Alien Tort Statute, qui permet à des ressortissants étrangers de poursuivre les États‑Unis pour violations des normes du droit international.
Cette plainte fédérale est la première du genre liée aux frappes lancées depuis septembre par l’administration Trump contre des embarcations qualifiées de « go‑fast boats » que Washington accuse d’être liées aux cartels et au trafic de drogue. Ces opérations, menées en mer des Caraïbes et dans le Pacifique Est, ont fait au moins 125 morts, selon des données militaires citées par les avocats des familles.
Dans la procédure judiciaire, les familles dénoncent une campagne militaire sans précédent, conduite sans autorisation claire du Congrès et hors d’un contexte de conflit armé reconnu, remettant en question la justification légale utilisée par l’administration Trump, qui s’appuie sur un avis confidentiel du ministère de la Justice pour tenter de légitimer ces opérations.
Parallèlement à cette plainte, une autre démarche a été engagée en décembre auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme par la famille d’un ressortissant colombien tué dans une attaque similaire, élargissant ainsi le débat sur la conformité des frappes avec les normes internationales.
Cette action en justice pourrait ouvrir un précédent juridique majeur et amener un tribunal américain à se prononcer sur la légalité d’une stratégie militaire controversée qui a transformé les eaux internationales des Caraïbes en théâtre d’opérations létales, soulevant de profondes questions sur les droits humains et les limites de l’autorité exécutive.
La Jamaïque pourrait devenir le prochain géant pétrolier des Caraïbes grâce à une exploration britannique - Actu 3
Une société britannique, United Oil & Gas Plc, a lancé une campagne d’exploration au large des côtes sud de la Jamaïque qui pourrait transformer l’économie de l’île. Le projet se concentre sur le bassin de Walton-Morant, un bloc offshore de 22 400 km² détenu à 100 % par l’entreprise, où des études indépendantes estiment les ressources potentielles non risquées à plus de 7 milliards de barils équivalent pétrole. Même une fraction exploitée représenterait une manne économique considérable pour la Jamaïque.
Fin janvier 2026, le navire de recherche R/V Gyre, exploité par la société texane TDI-Brooks International, a appareillé de Trinité-et-Tobago pour entamer une campagne géochimique dans les eaux jamaïcaines. Le navire effectuera cartographie des fonds marins, mesures du flux de chaleur et carottages à piston sur plusieurs sites ciblés, identifiant d’éventuelles remontées d’hydrocarbures. Les premiers résultats sont attendus dans un à deux mois, tandis que les conclusions finales devraient être disponibles mi-2026.
United Oil & Gas a déjà investi des dizaines de millions de dollars dans des études sismiques et possède une couverture 3D complète du bloc, identifiant plus de 20 prospects, dont certains pourraient contenir jusqu’à un milliard de barils chacun. Néanmoins, le forage reste à financer : une opération en eaux profondes dépasse 30 millions de dollars, et la société recherche des partenaires majeurs ou intermédiaires pour partager les coûts et les revenus.
Le gouvernement jamaïcain soutient le projet depuis le départ, accordant les permis environnementaux en 2025 et maintenant des conditions fiscales favorables pour les investisseurs. La licence a été prolongée jusqu’en 2028, offrant le temps nécessaire pour mener les études et négocier avec des partenaires industriels.
Si les résultats de l’exploration s’avèrent positifs, le forage pourrait commencer dès 2027, avec une mise en production trois à quatre ans plus tard, à l’image du développement rapide du bloc Stabroek au Guyana. Des FPSO (unités flottantes de production, stockage et déchargement) seraient déployées pour exploiter le pétrole et le gaz, certains gisements se situant entre 500 et 2 000 mètres de profondeur, nécessitant des technologies avancées comme le forage dynamique et les véhicules télécommandés pour les opérations sous-marines.
Outre l’exploitation pétrolière, le gaz découvert pourrait alimenter des centrales électriques locales, réduisant significativement les importations annuelles de carburant de la Jamaïque, estimées entre 500 et 750 millions de dollars.
Sur le plan financier, le potentiel est gigantesque : à pleine capacité hypothétique, les revenus bruts pourraient atteindre 30 milliards de dollars par an avec un baril à 80 dollars. Avec les redevances et l’accord de partage de production, le gouvernement pourrait percevoir 26 à 38 % des profits, soit des dizaines de milliards sur 25 ans. Dans un scénario optimiste, cette manne pourrait quasi-doubler le PIB jamaïcain.
Ce projet, encore à ses débuts, pourrait redessiner la carte énergétique des Caraïbes et offrir à la Jamaïque un nouveau moteur économique pour les décennies à venir.
Le Conseil provisoire de transition en Haiti sous pression avant le 7 février - Actu 4
À quelques jours de l’échéance du mandat du Conseil provisoire de transition (CPT), prévue le 7 février 2026, Haïti traverse une période de fortes tensions politiques et sécuritaires. Le CPT, créé pour assurer la gouvernance temporaire du pays après une crise prolongée, avait pour mission de maintenir les institutions en fonctionnement, d’organiser les élections et de préparer le retour d’un gouvernement légitime. Composé de membres nommés à titre provisoire, il se voulait un gouvernement de transition neutre, capable de stabiliser le pays en attendant le scrutin prévu en 2026.
Mais à quelques jours de la fin de son mandat, le CPT est confronté à des divisions internes préoccupantes. Certains membres ont perdu leurs visas américains, signe des tensions avec les partenaires internationaux, tandis que l’insécurité continue de sévir. Le 27 janvier, de nouvelles saisies d’armes ont eu lieu à Port-de-Paix, illustrant la difficulté persistante du pays à contenir les gangs armés et les réseaux criminels qui perturbent la vie quotidienne.
Les États-Unis, très attentifs à cette transition, ont averti que toute tentative de déstabilisation du CPT serait sanctionnée. L’ambassadeur Henry Wooster a insisté sur le maintien du Premier ministre par intérim, Alix Didier Fils-Aimé, pour poursuivre la lutte contre les gangs et préserver la stabilité. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé ce soutien, soulignant que Washington appuie le gouvernement intérimaire dans sa mission de rétablir la sécurité et la paix.
Cette situation illustre le dilemme d’Haïti : le pays doit gérer à la fois les pressions internes, liées aux divisions du CPT et à la montée de l’insécurité, et les pressions externes, où les partenaires internationaux conditionnent leur appui au respect de l’ordre et à la tenue des élections. Dans ce contexte, le CPT, censé être un outil neutre de transition, se retrouve à jouer un rôle central dans la survie politique et la sécurité du pays.
Hydrocarbures : le Sénat rouvre le débat de l’exploitation dans les Outre-mer - Actu 5
Contre l’avis du gouvernement, le Sénat a voté la reprise possible de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer. À l’origine de cette initiative , le sénateur de Guyane Georges Patient, qui défend une proposition de loi visant à lever les interdictions instaurées par la loi climat de 2017, dite loi Hulot.
Adopté à 227 voix pour et 105 contre, le texte propose d’abroger, uniquement pour les territoires ultramarins, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Une interdiction inscrite dans la loi du 30 décembre 2017, dans le sillage de l’Accord de Paris sur le climat, et qui engageait la France sur une trajectoire de sortie progressive des hydrocarbures d’ici 2040, à l’exception de quelques concessions déjà en cours.
Pour Georges Patient, cette position relève d’un choix idéologique déconnecté des réalités économiques ultramarines. « Même en atteignant la neutralité carbone, la France continuera de consommer des hydrocarbures », a-t-il plaidé dans l’hémicycle. Selon lui, refuser toute exploitation nationale revient à accepter une dépendance durable aux importations, tout en privant certains territoires de leviers de développement stratégique. L’élu va plus loin, dénonçant une forme « d’écolonialisme », estimant que des territoires riches en ressources naturelles sont maintenus dans une stagnation forcée, alors même que des pays voisins comme le Guyana ou le Suriname exploitent massivement leurs gisements pétroliers.
Le texte a profondément divisé l’exécutif. Il a reçu le soutien de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, sensible aux arguments de souveraineté économique et de développement local. En revanche, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’y est fermement opposée. Le désaccord a été tranché en faveur de cette dernière, et c’est le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a porté la voix du gouvernement dans l’hémicycle, qualifiant la proposition de loi « d’anachronique ».
« Se remettre demain à forer des hydrocarbures serait un contresens social et environnemental, et ne résoudrait aucun problème structurel des territoires », a-t-il affirmé, soulignant que la transition énergétique devait rester la priorité, y compris dans les Outre-mer.
À l’Assemblée nationale, le texte suscite également de fortes réserves, y compris parmi les députés guyanais. Si beaucoup se disent favorables à une pleine souveraineté sur les ressources naturelles, certains estiment que le calendrier est mal choisi. Pour eux, la priorité devrait être donnée à l’évolution statutaire de la Guyane avant d’engager des réformes aussi lourdes de conséquences économiques, environnementales et géopolitiques.
Malgré son adoption au Sénat, rien ne garantit donc que cette proposition de loi franchira l’étape décisive de l’Assemblée nationale. Le débat, lui, est relancé : entre transition écologique, souveraineté énergétique et inégalités de traitement entre l’Hexagone et les Outre-mer, la question des hydrocarbures continue de cristalliser des visions profondément opposées de l’avenir des territoires ultramarins.
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