🚨 Voici les 5 Actualités des Antilles à retenir cette semaine ⏳🌴
Hydrocarbures en Guyane : un débat relancé au Sénat - Actu 1
Le sénateur de Guyane Georges Patient (RDPI) a déposé une proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures instaurée en 2017 par la loi dite « Hulot ». Soutenu par plusieurs sénateurs ultramarins, le texte doit être débattu le 29 janvier, dans un contexte énergétique et géopolitique tendu.
Un projet soutenu par les élus ultramarins
Cosignée par plus d’une quinzaine de sénateurs issus de la Guadeloupe, de la Martinique, de Guyane, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, la proposition défend « la possibilité d’un développement contrôlé et encadré » d’activités extractives en Outre-mer, sous réserve d’un plafonnement lié à la consommation nationale.
Pour Georges Patient, le contexte a changé depuis 2017 : « le contexte international et la situation interne à la France […] permettent d’envisager d’obtenir une majorité parlementaire ». Il rappelle que dès l’origine, il s’était opposé à l’inclusion des Outre-mer dans la loi Hulot.
Sécurité énergétique, souveraineté et développement local
Les auteurs du texte avancent plusieurs arguments : sécuriser l’approvisionnement énergétique, réduire la dépendance extérieure de la France, diminuer le coût des importations, mais aussi stimuler un développement économique local.
Selon le sénateur, il ne s’agit pas de renoncer à la transition énergétique mais de la « rendre juste, cohérente et respectueuse des réalités ultramarines ». Le texte met en avant une question récurrente dans les Outre-mer : la place des territoires dans la souveraineté nationale.
« Les Outre-mer, victimes de la bonne conscience écologique »
Pour le sénateur, la loi Hulot fut « symbolique », prise pour faire de la France un exemple, mais « peu suivie » dans le monde. Il cite notamment les voisins de la Guyane le Brésil, Venezuela, Suriname et Guyana qui ont massivement investi dans le pétrole.
Le parallèle avec le Guyana est central : découvert après la Guyane, le pétrole guyanais est aujourd’hui exploité, exporté et vendu en majorité… aux Européens, dont la France, qui en a importé pour plus de 500 millions d’euros en 2023. Cette situation est décrite comme « ironique » par le sénateur, alors que la Guyane française demeure sous régime d’interdiction.
Les sénateurs évoquent aussi Mayotte et les îles Éparses dans le canal du Mozambique, considérées comme zones à fort potentiel gazier.
Un enjeu stratégique pour la France
À l’heure où la France importe 99 % de son pétrole, une production nationale couvrant la consommation actuelle pourrait, selon le texte, rapporter entre 4 et 8 milliards d’euros par an à l’État et améliorer la balance commerciale de 50 à 60 milliards d’euros. Pour la Guyane, les collectivités percevraient 400 à 500 millions d’euros annuels.
Pour le sénateur Patient, l’enjeu est aussi institutionnel : depuis août 2025, les régions d’outre-mer sont compétentes en matière de droit minier off-shore. Sa PPL repose sur un principe : « faire confiance aux territoires », en leur laissant le choix d’engager ou non des projets extractifs.
Un débat qui dépasse les Outre-mer
Le sujet n’est pas isolé. En février 2025, Manuel Valls s’était dit favorable à revenir sur la loi Hulot, rappelant que « tous les pays autour » de la Guyane investissent dans ce secteur. Pour lui, « le seul territoire où on ne pourrait pas poser la question, ce serait la France ». Il appelait toutefois à une exploitation « avec précaution ».
Forte opposition du monde associatif et environnemental
Sur le terrain, la proposition de loi suscite de vives réactions. À Mayotte, l’association Mayotte Nature Environnement dénonce un « retour en arrière », et alerte sur les impacts écologiques durables de l’exploration off-shore : destruction des fonds marins, perturbations acoustiques pour les espèces, pollution chimique et risques d’accidents majeurs.
Elle insiste aussi sur les risques économiques : faible emploi local, infrastructures insuffisantes, dépendance à des multinationales et spécialisation dans une filière non durable.
Un débat révélateur d’un tournant géopolitique
Il intervient au moment où :
l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques,
les Outre-mer questionnent leur place dans la souveraineté nationale,
les États voisins exploiteurs (Guyana, Suriname) bouleversent les équilibres régionaux,
la France fait face à un contexte géopolitique mouvant (instabilité au Venezuela, tensions USA-Chine, transition énergétique mondiale).
États-Unis : suspension des visas d’immigrant pour 75 pays, dont 11 nations caribéennes -Actu 2
Le Département d’État américain a annoncé la suspension temporaire du traitement des nouvelles demandes de visa d’immigrant pour 75 pays, dont plusieurs nations de la Caraïbe, selon des informations relayées par Fox News. La mesure, initialement prévue pour entrer en vigueur le 21 janvier, est désormais prolongée indéfiniment, le temps de réévaluer les procédures d’examen des candidats à l’immigration.
Une suspension liée au critère de « charge publique »
Cette décision s’inscrit dans un durcissement des critères liés au statut de « public charge » (« charge pour l’État »), un concept ancien du droit migratoire américain désignant les personnes susceptibles de dépendre principalement des programmes d’aide sociale pour subvenir à leurs besoins (allocations, bons alimentaires, soins médicaux de longue durée…).
Désormais, les agents consulaires sont invités à refuser les visas aux candidats jugés vulnérables sur la base de critères tels que :
âge
état de santé
ressources financières
maîtrise de l’anglais
besoin médical potentiel à long terme
antécédents d’aide gouvernementale
Le porte-parole du Département d’État, Tommy Piggott, souligne que son administration usera « de son pouvoir discrétionnaire de longue date pour déclarer inéligibles les candidats […] qui abusent de la générosité du peuple américain ».
Onze pays de la Caraïbe concernés
Parmi les États touchés figurent Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Dominique, la Grenade, Haïti, la Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Des exceptions seront possibles, mais rares, et soumises à une évaluation stricte de la charge publique.
L’inclusion de ces onze pays caribéens met en évidence l’impact régional de cette mesure sur les dynamiques migratoires, d’autant que les États-Unis demeurent l’un des principaux pôles d’immigration pour les sociétés antillaises que ce soit pour des raisons économiques, éducatives, familiales ou sanitaires.
Une règle ancienne, une application variable
Bien que la notion de « charge publique » existe depuis plus d’un siècle, son application a fortement varié selon les administrations américaines. L’approche actuelle marque un retour à une interprétation restrictive, dans la continuité des politiques migratoires visant à limiter l’accès aux aides publiques pour les nouveaux arrivants.
Un signal politique international
Au-delà de la Caraïbe, la mesure touche également des pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine, soulignant la portée mondiale de ce nouveau durcissement.
Transition énergétique : la Cour des comptes alerte sur le retard français dans le développement de la géothermie - Actu 3
Alors que la géothermie est régulièrement présentée comme l’une des sources d’énergie renouvelable les plus prometteuses, elle ne représente encore qu’environ 1 % de la consommation finale de chaleur en France, selon un rapport publié mardi par la Cour des comptes. Une situation paradoxale au regard de ses atouts : énergie locale, renouvelable, décarbonée, disponible en continu et non intermittente , un avantage majeur par rapport au solaire ou à l’éolien.
Un potentiel reconnu mais freiné par des obstacles structurels
Pour la Cour, le problème ne tient pas tant à l’absence de soutien public qu’aux freins structurels persistants : coûts d’investissement élevés, risques géologiques, manque de cartographie du sous-sol, procédures administratives complexes et faible coordination entre les acteurs publics et privés.
La Cour appelle donc à une réorganisation des dispositifs de soutien, à une gestion plus claire du risque et à une meilleure connaissance scientifique du sous-sol, condition indispensable pour accélérer l’investissement.
Une énergie stratégique pour la décarbonation de la chaleur
En 2022, la chaleur représentait 45 % de la consommation finale d’énergie en France, mais restait à 73 % d’origine fossile, principalement via le gaz naturel. Dans ce contexte, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ambitionne de quadrupler la production de chaleur géothermique d’ici 2035.
Trois techniques coexistent :
Géothermie de surface (−200 m) : chaud/froid via la température du sol
Géothermie profonde (1 000–2 000 m) : exploitation d’eau chaude à 80–150°C
Géothermie haute énergie (+150°C) : vapeur dans zones volcaniques
La Guadeloupe, laboratoire avancé de la géothermie française
Particularité souvent oubliée dans le débat national : la France dispose déjà d’un site de géothermie haute énergie en Guadeloupe, au sein de l’arc antillais, zone volcanique active. Ce type d’exploitation impossible en métropole est considéré comme un levier clé d’autonomie énergétique et de résilience climatique dans les territoires insulaires, où les coûts d’importation des hydrocarbures restent élevés.
Le BRGM plaide depuis plusieurs années pour faire de la géothermie un pilier de la décarbonation des Outre-mer, possibilité déjà explorée en Martinique, en Dominique ou à Sainte-Lucie.
Un enjeu stratégique dans un contexte mondial concurrentiel
À l’échelle internationale, la géothermie connaît un regain d’intérêt : décarbonation de l’industrie (Islande, États-Unis), chauffage urbain (Pays-Bas, Allemagne, Chine), production électrique (Indonésie, Kenya). Dans ce paysage, la France fait figure de dernier, malgré un potentiel réel et une filière industrielle existante.
Les États-Unis auraient déguisé un avion militaire en appareil civil pour mener une frappe en mer Caraïbe- Actu 4
Des révélations récentes tirées d’un article du New York Times indiquent que l’armée américaine aurait peint et modifié un avion militaire pour qu’il ressemble à un appareil civil lors d’une frappe contre un bateau soupçonné de transporter de la drogue au large du Venezuela en septembre 2025. Cette stratégie, si elle se confirme, soulève des questions juridiques et éthiques importantes quant au respect du droit international humanitaire.
Selon ces informations, l’appareil utilisé faisait partie d’une flotte d’avions utilisés traditionnellement pour la surveillance. Lors de l’opération du 2 septembre présentée par Washington comme la première d’une longue série de frappes contre des embarcations accusées de trafic de stupéfiants , l’avion affichait une apparence similaire à celle d’un avion civil. Ses armes auraient été dissimulées à l’intérieur du fuselage, plutôt qu’attachées sous les ailes comme sur les avions militaires classiques, ce qui rendait difficile son identification comme appareil de combat.
Cette révélation fait écho à une campagne plus large menée par l’administration Trump depuis septembre, qui aurait conduit à plus d’une trentaine de frappes contre des navires présumés trafiquants dans les eaux internationales de la Caraïbe et du Pacifique, faisant au moins une centaine de morts selon plusieurs médias
Contextualisation et réactions politiques aux États-Unis
La révélation intervient alors que le New York Times et d’autres médias internationaux placent ces opérations militaires sous une forte lumière, à un moment où le Congrès américain envisage également d’adopter une résolution sur les pouvoirs de guerre pour limiter de futures actions militaires contre le Venezuela sans l’autorisation du Parlement.
Le Pentagone a défendu l’utilisation d’appareils divers selon les besoins opérationnels, alors que certains responsables insistent sur la légalité de ces opérations, arguant qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’un “conflit armé” contre des organisations narcoterroristes. Cependant, la contestation juridique et l’absence de preuves publiques liant directement les embarcations ciblées au trafic de drogue alimentent les critiques internationales.
Donald Trump exhorte Cuba à accepter “un accord, avant qu’il ne soit trop tard”-Actu 5
Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois intensifié la pression sur Cuba, ce dimanche 11 janvier, en appelant ouvertement les autorités cubaines à conclure un « accord » avec les États-Unis avant qu’il ne soit « trop tard », sans préciser la nature de cet accord. L’appel a été lancé via sa plateforme Truth Social, où il a aussi menacé de couper définitivement les flux de pétrole et d’argent provenant du Venezuela dont Cuba dépendait historiquement pour une part importante de son approvisionnement énergétique.
« Il n’y aura plus de pétrole ou d’argent à destination de Cuba – zéro ! Je leur suggère fortement qu’ils acceptent un accord, avant qu’il ne soit trop tard », a écrit M. Trump, ajoutant que l’île avait longtemps vécu grâce aux ressources vénézuéliennes.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte géopolitique et économique tendu depuis l’opération militaire américaine du 3 janvier, qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et entraîné l’interruption des expéditions de pétrole vénézuélien vers Cuba autrefois son principal fournisseur d’hydrocarbures. Avant janvier, Caracas exportait à Cuba des dizaines de milliers de barils par jour, couvrant près de la moitié de ses besoins énergétiques.
Réaction ferme de La Havane : souveraineté et rejet des pressions
Le gouvernement cubain a répondu avec véhémence. Le président Miguel Díaz-Canel a rejeté l’ultimatum, affirmant que « Cuba est une nation libre, indépendante et souveraine » et que « personne ne dicte quoi faire » à son pays. Ses déclarations, relayées sur les réseaux sociaux, soulignent l’attitude défensive et farouchement indépendante de La Havane face aux pressions de Washington.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a également insisté sur le droit de l’île à entretenir des relations économiques avec tout pays désireux d’exporter du carburant, tout en condamnant ce qu’il perçoit comme des mesures coercitives de la part des États-Unis.
Une crise énergétique et économique aggravée
Cuba traverse déjà une grave crise économique, caractérisée par des pénuries de carburant, des coupures d’électricité fréquentes et une instabilité sociale accrue. La dépendance historique à l’égard du pétrole vénézuélien qui avait été accordé en échange de services et de soutien politique a été profondément perturbée suite aux événements récents autour du Venezuela.
À cela s’ajoutent les sanctions économiques américaines, décriées par La Havane comme ayant coûté des milliards de dollars à l’économie cubaine, et une importante vague migratoire vers les États-Unis.
Un message politique fort, mais flou
Malgré les déclarations pressantes de M. Trump, aucun détail concret n’a été fourni sur ce que serait cet « accord ». L’absence de précision alimente l’incertitude diplomatique et renforce les inquiétudes à Cuba et dans la région quant aux intentions réelles de Washington, d’autant que les États-Unis continuent de déployer une stratégie agressive en Amérique latine depuis l’intervention au Venezuela.
Avant de se quitter :
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