🚨 Voici les 5 Actualités des Caraibes à retenir cette semaine ⏳🌴
Dimanche 19 Avril 2026
Guyane : vers le retour historique des dépouilles kali’na après 133 ans d’attente-Actu 1
*Après une petite pause d'un mois, on repart comme chaque dimanche sur les actualités qu’il fallait retenir de la semaine. Quelques reportages et interviews réalisés en Guadeloupe sortiront au fur et à mesure ces prochaines semaines. Restez connectés !
C’est une annonce à la portée hautement symbolique pour la Guyane et pour le peuple Kali’na. Le gouvernement français a annoncé qu’il soutiendrait une proposition de loi visant à permettre la restitution des dépouilles d’Amérindiens kali’nas conservées depuis la fin du XIXe siècle dans les collections publiques françaises, notamment au Musée de l’Homme.
Pendant plus d’un siècle, ces restes humains sont restés en métropole après avoir été liés à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire coloniale : les « zoos humains », où des hommes, des femmes et des enfants autochtones furent exhibés à Paris devant le public.
Une annonce qualifiée d’historique
À l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture Catherine Pégard a confirmé que le texte porté au Sénat serait examiné avant la fin de la session parlementaire de juin, avec procédure accélérée.
Le député guyanais Jean-Victor Castor a salué une avancée majeure :
« Ce ne sont pas des archives, ce sont nos ancêtres. »
Une phrase forte qui résume l’enjeu : au-delà d’un dossier juridique, il s’agit ici d’une question de mémoire, de dignité et de réparation historique.
Le long combat des descendants
Cette avancée est aussi le résultat d’un combat mené depuis plusieurs années par des associations et des descendants, notamment Corinne Toka Devilliers, présidente de l’association Moliko. Elle milite depuis longtemps pour que ces ancêtres puissent enfin revenir sur leur terre.
Selon les informations disponibles, une fois la loi adoptée et la restitution officialisée, les dépouilles devraient rejoindre le mémorial inauguré à Iracoubo en 2024, lieu de recueillement et de transmission de cette mémoire.
Pourquoi une loi spécifique est nécessaire
Le sujet est également juridique. La France a bien adopté en 2023 une loi-cadre facilitant la restitution de restes humains, mais celle-ci concerne uniquement les États étrangers. Les territoires ultramarins français, comme la Guyane, ne peuvent donc pas utiliser ce dispositif.
C’est pourquoi une proposition de loi spécifique a été déposée au Sénat dès octobre 2024 pour permettre le déclassement de ces restes humains des collections publiques.
Autrement dit, il faut un texte dédié pour que ces dépouilles cessent juridiquement d’appartenir au domaine public.
Un acte mémoriel majeur pour la Guyane
Au-delà du cadre légal, cette restitution marque un tournant dans la reconnaissance de l’histoire des peuples autochtones de Guyane.
Elle rappelle aussi que la mémoire coloniale ne concerne pas uniquement les œuvres d’art pillées, mais aussi les restes humains conservés à des fins anthropologiques, parfois dans des conditions profondément déshumanisantes.
Après 133 ans d’attente, ce retour annoncé apparaît comme un geste de justice historique.
La Jamaïque pourrait lancer ses premiers forages pétroliers d’ici fin 2027-Actu 2
La Jamaïque pourrait franchir une étape historique dans sa quête d’indépendance énergétique. Selon le ministre de l’Énergie Daryl Vaz, les premiers forages pétroliers au large de la côte de Saint-Thomas pourraient débuter d’ici fin 2027, voire début 2028, à la suite de résultats scientifiques jugés encourageants.
Des traces d’hydrocarbures confirmées en mer
L’annonce intervient après les analyses menées par United Oil & Gas sur la licence offshore Walton-Morant, au sud de l’île.
Les résultats ont confirmé la présence d’hydrocarbures dans plusieurs échantillons de sédiments marins. Plus précisément, les analyses ont identifié des composés comme le butane et le pentane (C4 et C5), considérés comme des indices sérieux d’un système pétrolier actif sous les eaux jamaïcaines.
Il ne s’agit pas encore d’une découverte de pétrole commercialement exploitable, mais d’une avancée majeure dans la phase d’exploration.
Comme l’a rappelé Daryl Vaz :
« Ils ont vu des traces ; ils n’ont pas vu ni touché la substance réelle. »
Autrement dit, la Jamaïque est encore au stade scientifique et exploratoire.
Un projet colossal à financer
Le prochain défi est financier. Le forage d’un seul puits en eaux profondes coûterait entre 60 et 80 millions de dollars américains, et plusieurs puits pourraient être nécessaires pour confirmer un gisement viable.
Le gouvernement jamaïcain cherche désormais à attirer des partenaires internationaux capables d’investir dans cette phase décisive.
United Oil & Gas mène déjà des discussions avec de grandes compagnies du secteur pour un éventuel partenariat.
Un enjeu stratégique pour la Jamaïque
Pour la Jamaïque, l’enjeu est immense. L’île dépend fortement des importations d’énergie, ce qui pèse lourdement sur sa balance commerciale. Selon la presse économique jamaïcaine, les importations de carburants et lubrifiants représentaient plus de 1,3 milliard de dollars US sur les neuf premiers mois de 2025.
Une découverte majeure pourrait transformer durablement l’économie du pays, à l’image de ce qu’a connu le Guyana ces dernières années. Mais le ministre insiste sur la prudence : exploration ne signifie pas exploitation immédiate.
La question environnementale au cœur du dossier
Toute autorisation de forage devra passer par plusieurs étapes :
étude d’impact environnemental,
consultation des communautés concernées,
validation gouvernementale,
nouvelle négociation de licence.
La Jamaïque, très dépendante du tourisme et de la santé de ses écosystèmes marins, devra avancer avec précaution, notamment dans les zones proches des communautés de pêcheurs.
Séisme chez Grasset : plus de 115 écrivains, dont plusieurs voix antillaises, claquent la porte - Actu 3
Une fracture majeure secoue le monde de l’édition française.
Plus de 115 auteurs et autrices publiés chez Grasset ont annoncé leur départ collectif de la prestigieuse maison d’édition, à la suite de l’éviction de son président historique, Olivier Nora, resté 26 ans à sa tête.
Dans une lettre commune, les signataires dénoncent une « guerre idéologique » menée par Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Hachette Livre, maison mère de Grasset.
« Nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset »
Cette phrase, au cœur de la lettre ouverte, marque un geste rare dans l’histoire littéraire française.
Des voix caribéennes et créoles parmi les départs
Parmi les auteurs qui quittent Grasset figurent plusieurs figures majeures du monde créole et caribéen :
Dany Laferrière (Haïti)
Viktor Lazlo (Martinique)
Tania de Montaigne
Jennifer Richard
Ananda Devi
Leur départ donne à cette affaire une résonance particulière dans les espaces francophones issus du monde créole, où les questions de pluralité des voix, de mémoire et de liberté d’expression sont centrales.
Une crise autour de l’indépendance éditoriale
Le départ d’Olivier Nora a été perçu par de nombreux auteurs comme le symbole d’une reprise en main idéologique.
Dans leur texte, ils accusent Vincent Bolloré de vouloir :
« imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias »
Depuis plusieurs années, le nom de Bolloré revient régulièrement dans les débats autour de la concentration des médias et de l’orientation éditoriale de plusieurs groupes culturels.
Cette vague de départs apparaît ainsi comme une prise de position politique et culturelle, bien au-delà de la seule maison Grasset.
Un moment charnière pour la littérature francophone
Le départ collectif de plus d’une centaine d’écrivains reste exceptionnel.
Il témoigne d’une inquiétude profonde sur l’avenir de l’édition française et sur la capacité des maisons historiques à préserver leur indépendance.
La présence d’auteurs caribéens et ultramarins parmi les signataires renforce encore la portée symbolique de ce mouvement.
Pour beaucoup, c’est aussi une manière de défendre une littérature ouverte, plurielle et libre.
Martinique : “Bandi” entre dans le top 10 mondial de Netflix avec 2,1 millions de vues en une semaine - Actu 4
C’est une percée historique pour l’audiovisuel martiniquais et caribéen.
La série Bandi, tournée en grande partie en Martinique, signe une entrée remarquée dans les classements mondiaux de Netflix.
En moins d’une semaine après sa mise en ligne, la série s’est hissée à la 6e place du Top 10 mondial des séries non anglophones, avec 2,1 millions de vues et 16,2 millions d’heures visionnées sur la période du 6 au 12 avril 2026.
Un lancement qui dépasse les Antilles
Le succès est particulièrement fort aux Antilles françaises. En Martinique et en Guadeloupe, Bandi s’est rapidement installée à la première place des classements locaux. Mais la série dépasse largement le public caribéen. Dans l’Hexagone, elle atteint la 2e place du Top 10 national, portée par le bouche-à-oreille et une forte visibilité sur les réseaux sociaux.
Une audience qui s’étend à plusieurs continents
Le plus impressionnant reste son rayonnement international. Selon les données relayées ces derniers jours, Bandi figure dans le Top 10 de nombreux pays, notamment :
Bahamas
Jamaïque
République dominicaine
Panama
Nigeria
Brésil
Argentine
Portugal
Venezuela
Dans certains territoires, la série s’est même hissée en tête du classement. Cette dynamique confirme que les récits ancrés dans la Caraïbe peuvent toucher un public mondial.
Une victoire symbolique pour la Martinique
Au-delà des chiffres, ce succès a une portée symbolique majeure. Bandi est présentée comme la première série Netflix d’une telle envergure tournée majoritairement en Martinique, avec une forte présence du créole, des décors locaux et des réalités sociales martiniquaises.
Pour l’audiovisuel caribéen, c’est un signal fort : les histoires venues des Antilles peuvent désormais s’imposer sur les plus grandes plateformes mondiales.
Martinique : une étape historique vers la CARICOM, l’Assemblée nationale ouvre la voie à son ancrage caribéen - Actu 5
La Martinique continue de renforcer son ancrage dans son espace naturel : la Caraïbe.
L’Assemblée nationale française a approuvé jeudi l’accord relatif à l’adhésion au protocole sur les privilèges et immunités de la CARICOM, une étape décisive qui rapproche concrètement le territoire de son intégration officielle comme membre associé de la Communauté caribéenne.
Pour beaucoup, cette décision dépasse le simple cadre administratif : elle symbolise une reconnaissance institutionnelle d’une réalité géographique, culturelle et historique que vivent déjà les Martiniquais au quotidien.
Une adhésion déjà signée à la Barbade
Cette avancée s’inscrit dans un processus déjà engagé depuis plusieurs années.
Le 20 février 2025, à Bridgetown en Barbade, la Martinique a officiellement signé son adhésion en tant que membre associé de la CARICOM lors du 48ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation.
Cette signature marquait une étape politique majeure.
Le vote de l’Assemblée nationale vient désormais lui donner une base juridique indispensable côté français, notamment en ce qui concerne les privilèges et immunités accordés au fonctionnement de l’organisation.
Autrement dit, Paris valide officiellement le cadre permettant à la Martinique de prendre pleinement sa place dans les instances régionales.
Membre associé : qu’est-ce que cela change concrètement ?
Devenir membre associé ne signifie pas rejoindre la CARICOM au même titre qu’un État souverain comme la Jamaïque, la Barbade ou Trinité-et-Tobago.
La Martinique obtient cependant un statut stratégique.
Une présence à la table des discussions
Le territoire pourra désormais siéger aux réunions de la CARICOM, participer aux échanges, porter des propositions et défendre des projets régionaux.
En revanche, la Martinique ne disposera pas de droit de vote lors des conférences entre chefs de gouvernement. Même sans vote, cette présence institutionnelle permet d’influencer les discussions et de mieux faire entendre la voix de la Caraïbe francophone.
Un accès direct aux grands programmes régionaux
L’un des enjeux majeurs de cette adhésion concerne l’accès aux programmes de coopération régionale. La Martinique pourra intégrer plusieurs initiatives portées par la CARICOM, notamment dans des secteurs clés :
santé publique
éducation
climat
transports
jeunesse et mobilité
gestion des risques naturels
Dans une région régulièrement exposée aux ouragans, aux séismes et aux crises climatiques, cet aspect est particulièrement stratégique.
La coopération en matière de prévention des catastrophes naturelles pourrait par exemple renforcer les dispositifs d’alerte et la coordination avec les îles voisines.
Économie, commerce et mobilité : un enjeu majeur
Cette adhésion ouvre également la voie à une meilleure facilitation des échanges avec les autres territoires caribéens. La Martinique pourra développer davantage d’accords bilatéraux avec les États membres, afin de soutenir :
les échanges commerciaux
les projets entrepreneuriaux
les coopérations maritimes et aériennes
les investissements régionaux
Pour un territoire souvent confronté à des coûts logistiques élevés, cette dimension économique pourrait devenir un levier important.
Les questions de liaisons maritimes et aériennes inter-îles, souvent pointées comme un frein au développement régional, pourraient ainsi bénéficier d’une nouvelle dynamique.
Santé et jeunesse : une ouverture régionale
Autre enjeu fort : la coopération sanitaire. La Martinique pourra renforcer ses liens avec les programmes de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS/PAHO), un point crucial dans un contexte où les crises sanitaires régionales, les épidémies tropicales et la coopération hospitalière nécessitent une réponse coordonnée.
L’éducation et la mobilité des jeunes constituent également un axe important. Cette adhésion pourrait favoriser davantage d’échanges universitaires, de formations professionnelles et de programmes régionaux pour la jeunesse caribéenne.
Martinique et CARICOM
Au-delà du volet institutionnel, cette décision porte une charge symbolique forte.
La Martinique appartient à la Caraïbe par son histoire, sa culture, ses circulations humaines, sa musique, sa gastronomie et ses liens économiques.
Cette entrée comme membre associé de la CARICOM vient formaliser ce lien. C’est aussi une opportunité pour renforcer les passerelles avec les îles voisines, à un moment où les questions de souveraineté alimentaire, de résilience climatique et de coopération régionale deviennent centrales.
Avant de se quitter :
Si cette article t’a parlé ou surpris, laisse-nous un ❤️ ou un commentaire . Ça nous aide à continuer de couvrir la Caraïbe en profondeur et de partager les infos qui comptent !






