🚨Voici les 5 Actualités des Antilles à retenir cette semaine 🌴🚨
Dimanche 8 Février 2026
Alerte ONU : Cuba menacée d’« effondrement humanitaire » face à la crise pétrolière - Actu 1
L’Organisation des Nations Unies a lancé un avertissement sans précédent sur l’état de la crise à Cuba, affirmant que la situation humanitaire pourrait s’aggraver fortement, voire s’effondrer, si l’île ne reçoit pas des approvisionnements énergétiques suffisants.
Par la voix de son porte-parole, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est déclaré “extrêmement préoccupé” par la détérioration du contexte énergétique à Cuba et ses conséquences sur la population. Il a insisté pour que toutes les parties poursuivent le dialogue et respectent le droit international afin d’éviter une dégradation encore plus grave.
La crise est d’abord liée à une pénurie de pétrole qui menace les services essentiels : transports, production d’électricité, approvisionnement alimentaire et soins de santé sont déjà sévèrement perturbés. Selon plusieurs sources, Cuba ne disposerait que de quelques semaines de réserves pétrolières, ce qui intensifie la pression sur ses infrastructures et l’économie.
Ce contexte s’inscrit dans un cadre géopolitique tumultueux. Historiquement dépendante du pétrole vénézuélien, Cuba a vu ces livraisons chuter après l’intervention américaine au Venezuela et la capture de son président, Nicolás Maduro. Parallèlement, Washington a annoncé l’instauration de droits de douane sur les pays qui continueraient à fournir du carburant à La Havane, menaçant même de sanctions ceux qui oseraient aider l’île.
Cette politique américaine, qualifiée par La Havane d’« blocus énergétique », a été fermement dénoncée par le président cubain Miguel Díaz-Canel, qui y voit une tentative de « suffoquer l’économie » et d’aggraver les difficultés quotidiennes des citoyens.
Le Mexique, l’un des principaux fournisseurs de pétrole à Cuba ces derniers mois, s’est également inquiété publiquement d’une crise humanitaire possible si les droits de douane américains dissuadent l’aide énergétique, tout en cherchant des moyens d’envoyer du carburant ou du soutien sans enfreindre les menaces de sanctions.
Selon l’ONU, la levée de l’embargo américain fait partie des recommandations régulières depuis plusieurs décennies pour alléger l’économie cubaine, l’organisation appelant toutes les parties à éviter une détérioration irréversible de la situation sociale et économique sur l’île.
Le cancer reste la deuxième cause de mortalité dans les Caraïbes - Actu 2
Le cancer demeure la deuxième cause de décès dans la région des Caraïbes, derrière les maladies cardiovasculaires, a rappelé cette semaine l’Agence caribéenne de santé publique (CARPHA) à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer 2026. Selon l’agence, la région a enregistré environ 119 000 nouveaux cas de cancer et plus de 66 000 décès en 2022, un fardeau sanitaire significatif qui pourrait encore s’accentuer dans les années à venir si des mesures robustes ne sont pas mises en place.
Déjà présent dans les statistiques mondiales du Cancer Atlas, le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus fréquents chez les hommes en Amérique latine et dans les Caraïbes, aux côtés des cancers du sein et colorectal.
Guadeloupe et Martinique : des taux parmi les plus élevés au monde
La CARPHA note qu’au moins neuf des quinze territoires affichant les taux d’incidence du cancer de la prostate les plus élevés au monde se situent dans les Caraïbes, dont la Guadeloupe et la Martinique, ainsi que la Barbade, Porto Rico, la Guyane française, les Bahamas, la République dominicaine et la Jamaïque.
Des données spécifiques aux Antilles françaises confirment que l’incidence standardisée du cancer de la prostate y figure parmi les plus élevées du monde, bien au-dessus de celle observée en métropole. Dans les registres de population, les taux d’incidence standardisés ont atteint environ 173 pour 100 000 habitants en Guadeloupe et 165 pour 100 000 en Martinique, contre près de 89 pour 100 000 en France métropolitaine sur des périodes comparables.
Ces chiffres placent ces territoires parmi les régions les plus touchées au monde pour ce type de cancer, un constat qui implique non seulement des enjeux cliniques mais aussi des défis de prévention, de dépistage et de prise en charge.
D’autres cancers préoccupants dans la région
Outre le cancer de la prostate, d’autres types sont fréquents dans la région : certains pays des Caraïbes figurent parmi les plus touchés au monde pour le cancer du col de l’utérus, avec la Jamaïque, les Bahamas et la Barbade se classant respectivement deuxième, troisième et quatrième pour la mortalité liée à cette maladie.
L’urgence d’une action coordonnée
La CARPHA souligne que le fardeau croissant du cancer renforcé par le vieillissement de la population et une exposition accrue aux facteurs de risque (alimentation, tabagisme, modes de vie) – nécessite des politiques de lutte contre le cancer plus robustes et des systèmes de surveillance de haute qualité pour produire des données fiables afin de guider les stratégies nationales et régionales.
Dans ce cadre, un rapport régional inédit sera publié cette année, compilant les données d’incidence du cancer provenant des registres nationaux de plusieurs territoires, dont la Guadeloupe, la Martinique, la Barbade, Porto Rico, le Guyana, les Bermudes et Trinité-et-Tobago. Ce rapport devrait renforcer les capacités décisionnelles pour orienter les actions de prévention et de traitement.
Malgré des progrès récents, la CARPHA note que l’accès aux services de diagnostic, aux programmes de dépistage et aux soins palliatifs reste inégal à travers la région, et que les diagnostics tardifs restent fréquents, ce qui alourdit le fardeau humain et économique du cancer dans les Caraïbes.
Grammy Awards 2026 : Bad Bunny fait l’histoire et Keznamdi brille pour la Caraïbe - Actu 3
Lors de la 68ᵉ cérémonie des Grammy Awards, qui s’est tenue le 1ᵉʳ février 2026 au Crypto.com Arena de Los Angeles, plusieurs artistes issus de la région caraïbe ont marqué la grande nuit de la musique internationale.
Bad Bunny, l’interprète portoricain mondialement connu, a réalisé une performance historique en remportant le prix de l’Album de l’année pour Debí Tirar Más Fotos. Cet exploit est sans précédent : il s’agit du premier album entièrement en espagnol à remporter cette prestigieuse récompense dans l’histoire des Grammy Awards, une catégorie traditionnellement dominée par des productions anglophones depuis sa création.
Le succès de Debí Tirar Más Fotos ne s’est pas limité à cette distinction majeure : Bad Bunny a également remporté Best Música Urbana Album et Best Global Music Performance, confirmant l’impact artistique et international de cet opus. En acceptant le prix, il a rendu hommage à Porto Rico, à sa culture et aux communautés d’immigrants, soulignant l’importance de ses racines dans son parcours artistique.
Dans une autre catégorie, l’artiste jamaïcain Keznamdi s’est imposé en décrochant le Grammy du meilleur album reggae pour son œuvre BLXXD & FYAH. Cette victoire souligne la vitalité continue du reggae et de la musique caribéenne à l’échelle mondiale, ainsi que la reconnaissance de la scène musicale indépendante de Jamaïque sur la scène internationale.
JO d’hiver 2026 : la Caraïbe sur la glace, entre exploits sportifs et affirmation culturelle - Actu 4
Aux Jeux olympiques d’hiver 2026, organisés à Milan-Cortina du 6 au 22 février, la Caraïbe confirme qu’elle n’est plus une curiosité ponctuelle des sports d’hiver, mais une région qui s’inscrit durablement dans le paysage olympique. Jamaïque, Trinité-et-Tobago, Haïti et la France à travers un athlète guadeloupéen porteront haut les couleurs caribéennes sur la glace italienne.
Bobsleigh : Jamaïque et Trinité-et-Tobago fidèles au rendez-vous
La Jamaïque, pionnière caribéenne des sports d’hiver depuis sa participation devenue mythique aux JO de Calgary en 1988, sera une nouvelle fois engagée en bobsleigh. Une discipline qui incarne à elle seule la persévérance de nations tropicales dans un univers dominé par les pays nordiques.
À ses côtés, Trinité-et-Tobago alignera également une équipe de bobsleigh, confirmant la montée en puissance de ce sport dans la région. Ces deux pays montrent que l’absence de neige n’est plus un frein dès lors que les structures, l’entraînement à l’étranger et les diasporas sportives jouent un rôle clé.
Haïti : une double première, sur la piste et dans l’image
C’est sans doute l’une des histoires les plus marquantes de ces Jeux. Pour la première fois de son histoire, Haïti sera représentée par deux athlètes aux Jeux olympiques d’hiver. Une avancée symbolique pour un pays confronté à de lourds défis politiques, sécuritaires et économiques, mais qui continue de faire vivre son drapeau sur la scène internationale.
Au-delà de la performance sportive, Haïti marquera aussi les esprits par son affirmation culturelle. Après avoir signé les tenues très remarquées de la délégation haïtienne lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, la créatrice haïtiano-italienne Stella Jean renouvelle sa collaboration avec le Comité olympique haïtien pour concevoir les uniformes officiels des JO d’hiver 2026.
Basée en Italie, Stella Jean est reconnue pour son travail mêlant héritage caribéen, textiles artisanaux, symboles afro-descendants et haute couture européenne. Pour Milan-Cortina, ses créations incarnent une volonté claire : faire de la présence haïtienne aux Jeux d’hiver un acte culturel autant que sportif. Dans un contexte où Haïti est souvent réduit à ses crises, ces tenues deviennent un outil de narration, de dignité et de visibilité internationale.
Un Guadeloupéen dans l’équipe de France
La Caraïbe sera également représentée au sein de la délégation française, avec le Guadeloupéen Dorian Hauterville, membre de l’équipe de France de bobsleigh. Il participera à ses troisièmes Jeux olympiques d’hiver, illustrant les trajectoires multiples des sportifs caribéens, parfois sous pavillon national, parfois au sein de grandes équipes européennes, mais toujours porteurs d’une identité régionale forte.
Des navires de guerre américains au large d’Haïti : message aux gangs et signal politique - Actu 5
La baie de Port-au-Prince s’est réveillée, mardi 3 février, sous haute surveillance. Trois navires de guerre américains le destroyer USS Stockdale, accompagné de deux patrouilleurs des garde-côtes des États-Unis croisent désormais au large de la capitale haïtienne. Une présence militaire inhabituelle, lourde de sens, à quelques jours seulement de l’échéance du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Selon un communiqué de l’ambassade américaine relayé par La Gazette d’Haïti, ce déploiement s’inscrit dans le cadre de l’opération “Lance du Sud”, une initiative régionale visant les réseaux de narcotrafic et les groupes qualifiés de “narcoterroristes” opérant dans les Caraïbes. Washington affirme que cette mission « reflète l’engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti ».
Un avertissement clair aux gangs armés
Cette démonstration de force intervient alors que Port-au-Prince est le théâtre, depuis début janvier, d’une vaste offensive contre les gangs, menée par les forces de sécurité haïtiennes avec le soutien de partenaires internationaux. L’objectif affiché par le Premier ministre par intérim, Alix Didier Fils-Aimé, est clair : reprendre le contrôle de la capitale et des principaux axes stratégiques du pays, longtemps dominés par des groupes armés.
Pour plusieurs observateurs, ces navires américains constituent avant tout un message dissuasif adressé aux gangs, dans un contexte où la violence reste élevée malgré les opérations en cours. Leur présence pourrait également permettre un appui logistique, un partage de renseignement maritime et un contrôle accru des routes du trafic d’armes et de stupéfiants.
Le Miami Herald souligne que ce déploiement renforce indirectement le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités haïtiennes, alors que les gangs continuent de représenter une menace majeure pour la stabilité du pays.
Un signal politique à la veille d’une transition incertaine
Mais au-delà de la dimension sécuritaire, cette présence navale américaine revêt une forte portée politique. À l’approche du 7 février 2026, date butoir du mandat du CPT, l’avenir institutionnel d’Haïti demeure flou. Aucune feuille de route claire n’a été rendue publique en cas de non-organisation des élections prévues cette année, alimentant les tensions au sommet de l’État.
Dans un éditorial publié le 3 février, Franz Duval, directeur du quotidien Le Nouvelliste, s’interroge : cette flotte n’est-elle pas aussi là pour « dissuader toute aventure politique désespérée » ? Une hypothèse crédible, alors que la CARICOM s’est récemment dite « alarmée » par les divisions internes au sein des autorités de transition et que les États-Unis ont multiplié les avertissements contre toute tentative de déstabilisation institutionnelle.
Washington a d’ailleurs clairement affiché son soutien au maintien en fonction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, considéré comme un pilier de la continuité de l’État dans cette phase critique.
Entre sécurité régionale et tutelle implicite
La présence de navires de guerre étrangers dans la baie de Port-au-Prince rappelle aussi la dimension régionale et internationale de la crise haïtienne. Haïti reste au cœur des préoccupations sécuritaires des États-Unis dans la Caraïbe, à la fois en raison des flux migratoires, du narcotrafic et du risque d’embrasement régional.
Pour une partie de l’opinion publique haïtienne, ce déploiement peut être perçu comme un soutien nécessaire face à l’urgence sécuritaire. Pour d’autres, il souligne une fois de plus la fragilité de la souveraineté nationale, dans un pays où les grandes décisions semblent encore largement conditionnées par les puissances étrangères.
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