🚨Voici les 4 Actualités des Antilles à retenir cette semaine 🌴🚨
Crise à Cuba : quand le Mexique devient l’ultime soutien face à l’asphyxie énergétique orchestrée par les États-Unis-Actu 1
Face à une crise humanitaire et énergétique sans précédent, Cuba se retrouve aujourd’hui coupée de ses principaux approvisionnements en pétrole après la chute du régime de Nicolás Maduro au Venezuela son fournisseur historique. Dans ce contexte de blocage quasi total des livraisons d’hydrocarbures, le Mexique apparaît comme le dernier espoir concret pour une île plongée dans les pénuries et les rationnements les plus sévères depuis des décennies.
Une crise énergétique aggravée par la pression américaine
Ces dernières semaines, l’administration du président Donald Trump a durci sa politique envers Cuba en visant directement ses sources d’approvisionnement énergétique. Un décret signé récemment menace d’imposer des droits de douane à tout pays vendant ou fournissant du pétrole à l’île, une mesure qui a déjà contraint des fournisseurs à suspendre leurs livraisons et a privé Cuba de sa principale source de kérosène et d’autres carburants essentiels.
Les conséquences ont été immédiates : le gouvernement cubain a averti les compagnies aériennes que le kérosène ne serait plus disponible à partir de début février jusqu’au 11 mars, touchant tous les aéroports internationaux de l’île, dont celui de La Havane. Cette rupture a entraîné l’annulation des vols d’Air Canada et des perturbations majeures du trafic aérien.
La pénurie de carburant ne se limite pas à l’aviation : les transports publics, les services essentiels et la production d’électricité sont également sévèrement affectés, avec des coupures de courant répétées et des restrictions qui pèsent sur la vie quotidienne des habitants.
Le Mexique répond à l’appel humanitaire
Alors que Cuba déclare une véritable « blocus énergétique » et une crise qui menace l’accès aux besoins fondamentaux, le gouvernement mexicain dirigé par la présidente Claudia Sheinbaum a dépêché deux navires de sa Marine nationale pour apporter une aide humanitaire d’urgence.
Les navires Papaloapan et Isla Holbox ont accosté ce jeudi dans la baie de La Havane avec plus de 800 tonnes de vivres et produits essentiels, comprenant notamment du lait liquide et en poudre, du riz, des haricots, des sardines, de la viande, des biscottes, de l’huile végétale et des produits d’hygiène personnelle.
Claudia Sheinbaum a affirmé que cette aide s’inscrit dans une démarche diplomatique visant aussi à encourager un dialogue pour reprendre l’approvisionnement en pétrole sans déclencher de sanctions américaines, tout en annonçant que de nouvelles cargaisons seraient envoyées dès le retour des navires mexicains.
Cette initiative survient malgré la pression américaine sur le Mexique, qui avait déjà interrompu en janvier ses expéditions de pétrole vers Cuba sous la menace de tarifs et de sanctions, au grand dam des dirigeants cubains et des analystes régionaux.
Un dilemme historique et géopolitique
La crise actuelle place le Mexique dans une position extrêmement délicate : il doit concilier sa solidarité historique avec Cuba et ses relations diplomatiques avec les États-Unis, une tension ancienne qui remonte à plus d’un siècle entre migrations, échanges idéologiques et relations politiques complexes.
Pour de nombreux observateurs, cette aide humanitaire souligne à la fois les lourdes conséquences de la politique américaine sur les populations cubaines et l’importance du rôle régional que peut jouer Mexico dans une période de grande fragilité pour l’île.
Des perspectives d’assistance internationale plus larges
Alors que la crise énergétique continue de s’accentuer, d’autres pays ont exprimé leur volonté d’aider Cuba :
La Russie, traditionnel allié de l’île, a annoncé qu’elle envisageait d’acheminer du pétrole brut sous forme d’aide humanitaire pour atténuer la pénurie.
Le Chili a également promis un soutien, notamment dans les livraisons de produits essentiels.
Une crise qui touche toute la société cubaine
Les effets de cette crise énergétique sont déjà visibles : annulations de vols, restrictions de services publics, coupures d’électricité, difficultés pour le transport urbain et impacts directs sur le secteur touristique, un pilier crucial de l’économie cubaine.
Dans un contexte où l’île dépend depuis des décennies d’importations de carburant, la rupture de ses approvisionnements expose la population à une vulnérabilité extrême, faisant craindre un approfondissement de la crise humanitaire si des solutions diplomatiques ou des alternatives d’approvisionnement ne sont pas rapidement trouvées.
Procès des “Grands Frères” en Guadeloupe : six relaxes, sept condamnations et une bataille judiciaire contestée - Actu 2
Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu, ce mardi 10 février, sa décision dans l’affaire dite des “Grands Frères”, du nom d’un groupe de 13 prévenus jugés pour des actions liées aux émeutes de 2021 en Guadeloupe. Après dix jours d’audience, le jugement a été prononcé : six relaxes totales et sept condamnations. La décision clôt une affaire qui aura tenu l’opinion guadeloupéenne en haleine pendant près de deux semaines.
Un procès marqué par la défiance des prévenus
Les personnes jugées, pour la plupart issues de mouvements militants ou de figures associatives, avaient dénoncé tout au long de la procédure un “procès politique”, visant selon elles à museler les contestations sociales et les formes d’organisation collective en Guadeloupe. Ce procès faisait suite à une période de fortes tensions dans l’archipel en 2021, marquée par une vague d’émeutes et de protestations qui avaient secoué l’île durant plusieurs semaines, à l’appel de collectifs dénonçant notamment les injustices structurelles et la vie chère.
Lors des audiences, la défense avait argué que certaines des accusations portées contre les prévenus reposaient sur des éléments fragiles ou insuffisamment établis. Dans plusieurs cas, les charges les plus lourdes se sont “largement dégonflées”, comme l’ont relevé des observateurs judiciaires et des avocats, ce qui explique en partie le nombre élevé de relaxes.
Des relaxes totales et des condamnations diverses
Sur les 13 personnes mises en cause :
Six ont été totalement relaxées par le tribunal, faute de preuves suffisamment solides pour étayer les poursuites à leur encontre.
Sept ont été condamnées, chacun pour des faits précis retenus par les magistrats. Le détail des peines varie en fonction des infractions retenues, mais aucune des condamnations ne porte sur des chefs impliquant des atteintes extrêmement graves (comme des violences lourdes ou des actes terroristes), ce qui avait pourtant été suggéré par certaines accusations initiales.
Une procédure sous haute tension sociale
L’enquête et le procès des Grands Frères se sont déroulés dans un climat de forte sensibilité sociale et politique en Guadeloupe. Les émeutes de 2021, déclenchées après l’annonce d’une obligation vaccinale pour certaines professions, avaient mis en lumière des fractures profondes dans la société guadeloupéenne : méfiance envers l’État, problème de représentativité, inégalités structurelles et défiance des institutions.
Le procès avait donc été perçu par une partie de la population comme un test de la capacité de l’appareil judiciaire à répondre de manière équilibrée et équitable à des situations de contestation sociale intense, sans stigmatiser des mouvements de protestation ou des figures associatives.
Réactions et perspectives
Dans les heures qui ont suivi le verdict, plusieurs défenseurs des prévenus ont salué le grand nombre de relaxes comme un signe que la justice n’a pas suivi aveuglément les réquisitions initiales ou les pressions politiques. Pour la défense, cette décision montre que le tribunal a su faire la part des choses entre actions délictueuses avérées et engagements militants légitimes ou non prouvés.
Pour les condamnations prononcées ,les avocats des prévenus ont déjà indiqué qu’ils étudieront les motifs du jugement pour envisager les voies de recours appropriées, arguant que la qualification de certains faits reste contestable.
À la Barbade, Mia Mottley remporte un troisième mandat historique avec un raz-de-marée électoral - Actu 3
Pour la troisième fois consécutive, Mia Amor Mottley a remporté une victoire électorale spectaculaire aux élections générales de la Barbade, tenues le 11 février 2026, et son Barbados Labour Party (BLP) a encore une fois remporté tous les sièges disponibles à la Chambre des représentants soit 30 sièges sur 30. Ce résultat inédit renforce un peu plus sa domination politique et inscrit son nom dans l’histoire politique du pays.
Le leader de l’opposition, Ralph Thorne, qui dirigeait le Democratic Labour Party (DLP), n’a pas réussi à remporter de siège et a lui-même été battu dans sa circonscription. L’ampleur de cette victoire est telle que, pour la troisième fois consécutive, l’Assemblée barbadienne sera sans opposition parlementaire, une configuration rare dans les démocraties parlementaires.
Un raz-de-marée électoral et un mandat populaire
La victoire du BLP a été qualifiée de « raz-de-marée rouge », en référence à la couleur du parti, lors du dépouillement des suffrages. Les partisans de Mottley se sont rassemblés en grand nombre à Grantley Adams House à Bridgetown, agitant des drapeaux rouges et célébrant le succès tandis que les résultats confirmaient une domination totale du paysage politique national.
Dans son discours de victoire, Mottley a souligné que cette victoire n’était pas seulement une reconduction au pouvoir, mais un mandat pour continuer à transformer la Barbade : « Nous n’avons pas été élus simplement pour rester au pouvoir, mais pour faire de la Barbade un endroit meilleur et améliorer la vie de nos citoyens », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que vendredi 13 février 2026 serait déclaré jour férié national pour célébrer cette victoire, témoignant de l’ampleur politique et symbolique de ce troisième mandat.
Un bilan qui explique la confiance populaire
Plusieurs facteurs expliquent ce soutien massif :
Sous la direction de Mottley, la Barbade a réduit son endettement après une période de difficultés financières et a réussi à stabiliser son économie, notamment après la pandémie de Covid-19.
La Barbade a aussi entrepris une politique proactive en matière de financement climatique, plaidant pour des mécanismes comme les « debt-for-climate swaps » afin d’alléger la dette des pays vulnérables face au changement climatique une cause qui a renforcé son profil international.
En 2021, elle a également mené à bien la transition constitutionnelle qui a fait de la Barbade une république indépendante, rompant définitivement les liens symboliques avec la monarchie britannique.
Le faible taux de participation estimé à environ 40 % des électeurs inscrits indique toutefois une certaine forme d’apathie électorale, même si les résultats sont jugés légitimes par la commission électorale. Les critiques et défis de la DLP, notamment sur des questions de sécurité et d’infrastructures domestiques, n’ont pas réussi à mobiliser suffisamment d’électeurs pour changer la donne.
Des félicitations régionales et un leadership affirmé
La victoire de Mottley a été saluée par plusieurs dirigeants caribéens, qui ont évoqué la confiance placée par le peuple barbadien en sa vision et son leadership. Parmi les messages, celui du Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis et d’autres chefs d’État de la région ont souligné l’importance de cette continuité politique pour la stabilité et le progrès régional.
Un mandat qui pose question sur l’opposition
Avec une Assemblée totalement dominée par un seul parti pour la troisième législature consécutive, certains observateurs s’interrogent sur l’équilibre démocratique et l’efficacité d’un système sans force d’opposition institutionnalisée. Pourtant, Mottley elle-même a affirmé sa volonté de « protéger les institutions démocratiques » et d’utiliser ce mandat pour répondre aux préoccupations sociales et économiques des Barbadiens.
En Haïti, le Conseil présidentiel de transition remet le pouvoir au Premier ministre Fils-Aimé dans un climat d’incertitude - Actu 4
Dans une Haïti toujours marquée par une profonde crise économique, sociale et sécuritaire, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a officiellement transmis le pouvoir exécutif au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, samedi 7 février 2026, à l’issue de presque deux années d’une gouvernance temporaire largement critiquée. Fils-Aimé se retrouve désormais, en pratique, « seul aux commandes » d’un pays sans institutions élues depuis une décennie.
Un Conseil en difficulté qui s’efface
Institué en avril 2024 dans le but de guider Haïti vers des élections générales , les premières organisées depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 le CPT n’a jamais pu remplir pleinement sa mission. Il a été paralysé par des divisions internes, des accusations de corruption et l’absence de consensus sur un calendrier crédible pour organiser des élections.
Plusieurs membres de ce Conseil avaient même tenté de limoger le Premier ministre Fils-Aimé à la fin du mois de janvier, provoquant une crise ouverte au sein de l’institution. Cette tentative a été bloquée après des tensions politiques, et dans les jours qui ont suivi, le CPT a décidé de se dissoudre avant l’expiration officielle de son mandat.
Un soutien américain déterminant
Le rôle de Washington a été crucial dans ces derniers développements, ce qui suscite débats et critiques au sein de la société haïtienne. Les États-Unis, qui considèrent Fils-Aimé comme un partenaire clé dans la lutte contre les gangs armés qui contrôlent une grande partie de Port-au-Prince, ont exercé une pression diplomatique et politique soutenue sur le Conseil pour qu’il maintienne le Premier ministre en poste.
Dans les semaines précédant la dissolution du CPT, des navires de guerre américains notamment un destroyer et deux patrouilleurs ont été déployés dans la baie de Port-au-Prince, officiellement pour soutenir les efforts de sécurité dans une capitale dominée par les gangs. Ce déploiement a été perçu par certains observateurs comme un moyen de renforcer l’autorité de Fils-Aimé face au Conseil et à ses détracteurs.
Des sanctions américaines, notamment la révocation de visas contre plusieurs membres du CPT, ont également été utilisées pour contrer les tentatives de changement de leadership. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affirmé que le maintien de Fils-Aimé était essentiel pour lutter contre les « gangs terroristes » et stabiliser la nation.
Un exécutif monocéphale dans un pays fracturé
Avec la dissolution du Conseil, Fils-Aimé exerce désormais l’exécutif de façon quasi exclusive, en attendant la tenue d’élections qui, selon de nombreux analystes, restent hautement improbables cette année en raison de l’insécurité généralisée. Haïti n’a pas organisé d’élections nationales depuis 2016, et plusieurs tentatives de calendrier ont déjà été repoussées en raison de la violence des gangs, qui contrôlent jusqu’à 90 % de certains quartiers de Port-au-Prince.
Sur le plan institutionnel, la fin du mandat du CPT ouvre une période d’incertitude, sans mécanisme politique clairement établi pour préparer des élections démocratiques. Plusieurs organisations internationales, dont l’Organisation des États américains (OEA), ont appelé au respect des procédures et à un dialogue politique incluant tous les acteurs nationaux pour restaurer une gouvernance constitutionnelle.
Une crise multidimensionnelle toujours présente
L’ombre des gangs continue de hanter le quotidien des Haïtiens : enlèvements, violences armées, blocages de routes, et disparition de l’autorité de l’État dans de vastes zones du pays. Entre janvier et novembre 2025, plus de 8 100 meurtres ont été recensés, tandis que plus d’1,4 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.
Cette réalité dramatique complique toute perspective d’élections crédibles. Certains experts estiment même qu’il est illusoir d’organiser un processus électoral dans les conditions actuelles, tant l’effondrement de l’État de droit et la prolifération des gangs minent la sécurité et la confiance dans les institutions.
Réactions internationales et perspectives
La dissolution du CPT et le transfert de pouvoir ont été salués par certaines capitales étrangères comme une étape de « stabilité institutionnelle », notamment par le gouvernement français, qui a appelé à renforcer la police nationale haïtienne et à soutenir la lutte contre les gangs. D’autres pays de la région, comme la République dominicaine, ont également appelé à l’unité politique et à la poursuite d’une voie pacifique vers la stabilité.








