🚨Voici les 4 Actualités des Antilles à retenir cette semaine 🌴🚨
Dimanche 1er Mars 2026
Les États-Unis assouplissent l’embargo pétrolier : Cuba sous pression, la Caraïbe s’inquiète-Actu 1
Après plusieurs semaines de crise énergétique majeure, Cuba pourrait enfin voir un répit : les États-Unis ont annoncé qu’ils autoriseraient la revente d’une partie du pétrole vénézuélien à Cuba, une mesure visant à atténuer la pénurie de carburant qui paralyse l’île. Cette décision intervient alors que la situation humanitaire, aggravée par un blocus américain, suscite une vive inquiétude dans toute la Caraïbe.
Une ouverture américaine encadrée
Dans un communiqué, le Département du Trésor des États-Unis précise que cette nouvelle politique de licences ne concerne que les transactions « commerciales et humanitaires » et exclut toute entité liée à l’armée ou aux services de renseignement cubains. L’objectif affiché par Washington est de fournir un soulagement à la population tout en empêchant le gouvernement cubain de bénéficier directement de ce carburant.
Le Venezuela, jusqu’ici principal fournisseur de pétrole pour Cuba depuis 25 ans, avait vu ses exportations vers l’île interrompues après l’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis et le contrôle américain des exportations pétrolières. Le Mexique, autre fournisseur clé, avait suspendu ses livraisons sous la pression de Washington, aggravant encore la crise énergétique qui touche l’électricité, les transports et l’aviation civile à Cuba.
La Caraïbe tire la sonnette d’alarme
Les dirigeants caribéens ont exprimé leur inquiétude lors du 50ème sommet de la CARICOM à Saint-Kitts-et-Nevis. Le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a insisté : « La souffrance humanitaire ne profite à personne. Une crise prolongée à Cuba ne restera pas confinée à Cuba. »
Le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, qui a étudié la médecine à Cuba, a décrit des pénuries alimentaires et des rues jonchées de déchets, soulignant l’impact régional de la détérioration de la situation cubaine : « Une Cuba déstabilisée nous déstabilisera tous. »
À ce contexte s’ajoute l’appel de David Comissiong, ambassadeur de la Barbade auprès de la communauté caribéenne, exhortant les gouvernements et citoyens de la région à apporter une « réponse humanitaire concrète », rappelant que la solidarité régionale exige des actions tangibles pour prévenir une crise alimentaire et sociale.
Des tensions diplomatiques persistantes
Pour sa part, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rejeté la responsabilité du blocus, attribuant la crise à la mauvaise gestion économique de Cuba et à son modèle centralisé. Il a rappelé que des sanctions pourraient être rétablies si le carburant destiné à Cuba profitait au gouvernement ou à l’armée.
La situation reste sensible : des cargaisons de pétrole bloquées au Venezuela et des tensions en mer, comme la mort récente de quatre personnes à bord d’un hors-bord entrant dans les eaux cubaines, illustrent la fragilité de l’approvisionnement et la complexité des enjeux humanitaires et sécuritaires.
Une issue encore incertaine
L’assouplissement annoncé par Washington pourrait offrir un soulagement partiel, mais ne règle pas le problème structurel d’approvisionnement de Cuba, ni les tensions régionales. Les États voisins, dont le Mexique et le Canada, ont déjà annoncé leur volonté d’envoyer une aide supplémentaire, tandis que la Russie envisage également un soutien énergétique.
50e sommet de la CARICOM : Washington assume sa ligne dure, la Caraïbe divisée-Actu 2
Le 50e sommet de la CARICOM, organisé à Saint-Kitts-et-Nevis, s’est tenu dans un climat géopolitique inédit. Entre l’éviction spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro, l’intensification des opérations américaines en mer des Caraïbes et la crise humanitaire à Cuba, les dirigeants régionaux ont dû naviguer entre prudence diplomatique et réalités stratégiques.
Kamla Persad-Bissessar assume l’alignement de Trinité-et-Tobago
La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a défendu sans détour la coopération de son gouvernement avec les États-Unis.
Face aux critiques implicites de certains voisins caribéens, elle a rejeté toute accusation d’alignement aveugle et a rappelé que chaque État membre restait souverain dans ses choix diplomatiques. Interrogée sur les frappes navales américaines dans les eaux régionales et sur la question d’éventuelles exécutions extrajudiciaires, elle a répondu que, selon l’avis juridique de son gouvernement, il ne s’agissait pas de telles violations tout en précisant que toute preuve contraire serait examinée.
Sa position tranche avec la prudence affichée par d’autres capitales caribéennes, plus réservées face à l’escalade militaire américaine.
Marco Rubio défend l’opération contre Maduro
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, de son côté, assumé pleinement l’opération militaire du 3 janvier ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro et à son transfert vers New York pour répondre d’accusations liées au narcotrafic.
S’exprimant devant les dirigeants des 15 États membres de la CARICOM, Rubio a balayé les interrogations sur la légalité de l’opération. Selon la transcription publiée par le département d’État, il a déclaré sans détour :
« Le Venezuela se porte mieux aujourd’hui qu’il y a huit semaines. »
Depuis la prise de contrôle effective du secteur pétrolier vénézuélien par Washington et l’installation d’autorités intérimaires, Rubio affirme que des « progrès substantiels » auraient été réalisés des avancées qu’il qualifie d’« inimaginables » quelques semaines plus tôt.
Une doctrine régionale assumée
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans une vision assumée par le président Donald Trump, qui revendique une version modernisée de la doctrine Monroe surnommée par ses détracteurs « doctrine Donroe » visant à réaffirmer l’influence de Washington dans l’hémisphère occidental.
Avant l’opération contre Maduro, les États-Unis avaient déployé dans la mer des Caraïbes l’un des plus importants contingents militaires observés dans la région depuis des générations. Depuis, les opérations antidrogue se sont intensifiées, avec des frappes navales ayant causé plus de 150 morts selon plusieurs bilans relayés.
Rubio a toutefois cherché à apaiser les craintes, affirmant que l’administration américaine souhaitait renforcer la coopération économique, énergétique et sécuritaire avec la région :
« Nous voulons être votre partenaire. »
Il a notamment évoqué la lutte contre les organisations criminelles transnationales, reconnaissant que nombre d’armes circulant dans la Caraïbe proviennent des États-Unis.
Cuba au cœur des inquiétudes régionales
La situation à Cuba a également dominé les discussions. Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a averti :
« Une crise prolongée à Cuba ne restera pas confinée à ce pays. »
Le président en exercice de la CARICOM et Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, a estimé que la région se trouvait à « un tournant décisif » dans un ordre mondial en mutation.
Rubio, lui, a maintenu une ligne ferme :
« Le statu quo à Cuba est inacceptable. Cuba doit changer. »
Dans le même temps, le département du Trésor américain a légèrement assoupli les restrictions concernant la revente de pétrole vénézuélien à Cuba, signe d’un ajustement tactique face au risque humanitaire croissant.
Une Caraïbe entre réalignements et prudence
Le sommet a mis en lumière une réalité nouvelle : la Caraïbe n’est plus seulement un espace de coopération économique et climatique, mais un terrain stratégique où se croisent enjeux énergétiques, sécuritaires et géopolitiques mondiaux.
Chlordécone : la justice repousse sa décision au 22 juin - Actu 3
Les parties civiles guadeloupéennes et martiniquaises devront patienter encore. La cour d’appel de Paris ne rendra finalement pas sa décision le 23 mars comme prévu initialement, mais le 22 juin.
Un non-lieu au goût amer
L’ordonnance rendue en 2023 par les magistrates parisiennes reste au cœur des débats. Ce texte est apparu profondément paradoxal : d’un côté, il prononce un non-lieu au bénéfice des personnes mises en cause ; de l’autre, il dresse un constat accablant.
Les juges évoquent sans détour un « scandale sanitaire » et une « atteinte environnementale dont les conséquences humaines, économiques et sociales affectent et affecteront pour de longues années la vie quotidienne des habitants » de Guadeloupe et de Martinique.
Un paradoxe difficile à accepter pour les victimes et leurs avocats : comment reconnaître l’existence d’un scandale tout en refusant d’en poursuivre pénalement les responsables ? La réponse tient à la difficulté de « rapporter la preuve pénale des faits dénoncés », commis parfois « 10, 15 ou 30 ans avant le dépôt des plaintes ».
Un pesticide utilisé malgré les alertes
Le chlordécone, utilisé dans les bananeraies antillaises pour lutter contre le charançon, a été répandu jusqu’en 1993. Pourtant, dès 1979, le Centre international de recherche sur le cancer l’avait classé comme agent « possiblement cancérogène ».
Les premières plaintes ont été déposées en 2006 par des associations de producteurs agricoles, de consommateurs, de défenseurs de l’environnement et de la santé. Elles visaient l’État ou étaient déposées contre X pour administration de substances nuisibles ou empoisonnement.
Vingt ans plus tard, l’affaire est devenue l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire de la France .
« Quatre minutes » du ministère public
Les 22 et 23 septembre 2025, l’audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris devait offrir une nouvelle opportunité aux parties civiles.
L’avocat Christophe Lèguevaques a dénoncé l’attitude du ministère public, affirmant que le parquet général s’était contenté de « quatre minutes » pour demander la confirmation du non-lieu. Selon lui, la défense a pourtant contesté point par point l’ordonnance, notamment sur la question de la prescription.
La prescription au cœur du débat
La prescription constitue en effet l’axe central du dossier. Pour Me Rachid Madid, si l’on raisonne en termes d’homicide involontaire ou d’atteintes involontaires à l’intégrité physique, la responsabilité pourrait toujours être recherchée pour des décès ou pathologies survenus après 2003.
Cette date est stratégique : les premières plaintes ayant été déposées en 2006, les avocats estiment que les faits postérieurs à 2003 ne seraient pas prescrits. Un argument juridique structuré, mais qui n’a pas, à ce stade, convaincu la juridiction d’instruction.
Une contamination toujours présente
Au-delà du débat judiciaire, la réalité sanitaire demeure. Le chlordécone est toujours présent dans les sols des Antilles françaises. Il contamine cultures, cours d’eau et ressources halieutiques, et continue de s’accumuler dans les organismes.
« Chaque jour qui passe, Guadeloupéens et Martiniquais s’empoisonnent », alertait Me Harry Durimel en marge de l’audience.
Pendant que la justice débat de prescription et de charge de la preuve, des milliers d’habitants restent exposés à un pesticide interdit depuis plus de trente ans.
Plus de 700 000 personnes souffrent du mal-logement dans les Outre-mer - Actu 4
Dans un rapport publié le 17 février 2026, la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé-Pierre) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur du mal-logement dans les territoires ultramarins. Intitulé « Le mal-logement dans les Outre-mer. Chiffres-clés et propositions », ce document constitue un éclairage inédit spécifiquement consacré aux Outre-mer.
Une situation plus grave qu’en Hexagone
Le constat dressé par la fondation est sans appel : la crise du logement frappe plus durement les territoires ultramarins que l’Hexagone.
« La question du mal-logement est prégnante, elle est plus forte dans les Outre-mer que dans l’Hexagone, puisqu’on a trois habitants ultramarins sur 10 qui sont impactés par le mal-logement contre 0,6 au niveau de l’Hexagone », explique Matthieu Hoarau, directeur régional de la fondation dans l’océan Indien.
Plus de 700 000 personnes concernées dans les DROM
Dans les cinq départements et régions d’outre-mer, Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte plus de 700 000 personnes sont considérées comme mal-logées.
Cela recouvre des réalités multiples :
absence totale de domicile,
hébergement contraint chez des tiers,
habitat de fortune ou insalubre,
logements privés d’eau courante ou d’électricité,
suroccupation extrême.
Le rapport pointe également une aggravation préoccupante : la présence d’enfants sans-abri, un phénomène qui prend de l’ampleur dans plusieurs territoires.
Des propositions pour enrayer la crise
Face à ce constat, la fondation formule plusieurs préconisations, parmi lesquelles :
un renforcement massif de la production de logements sociaux adaptés aux réalités locales,
la résorption accélérée de l’habitat insalubre,
un meilleur accès aux services essentiels (eau, électricité, assainissement),
une politique de prévention des expulsions plus ambitieuse,
et un accompagnement renforcé des familles avec enfants.
Le rapport souligne que les spécificités ultramarines, pression démographique, coût élevé des matériaux, précarité structurelle, exposition aux risques naturels nécessitent des réponses différenciées et des moyens à la hauteur des besoins.
Dans des territoires déjà fragilisés par les inégalités sociales et le chômage, la crise du logement apparaît désormais comme un facteur majeur de vulnérabilité et d’exclusion.





