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Trump et la Doctrine Donroe : comment les États-Unis contrôlent la Caraïbe

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févr. 04, 2026
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Depuis deux siècles, la région caraïbe est perçue par Washington non comme un ensemble de nations souveraines, mais comme une zone stratégique majeure, un espace d’influence privilégié où les intérêts économiques, diplomatiques et militaires des États-Unis se déploient sans cesse. Cette perception n’est pas un accident : elle découle d’une construction historique : la Doctrine Monroe qui a progressivement façonné la politique étrangère américaine envers l’Amérique latine et la Caraïbe.

1. Doctrine Monroe : de la neutralisation européenne à l’hégémonie américaine

La Doctrine Monroe est formulée en 1823 par le président américain James Monroe. À l’origine, son objectif est d’interdire toute nouvelle intervention européenne dans l’hémisphère occidental ,une réponse au contexte post-colonial et à la crainte qu’Espagne, France ou Royaume-Uni ne reviennent sur le continent américain.

Mais dans l’esprit de Washington, cette doctrine ne se contente pas de verrouiller l’accès européen : elle jette les bases d’une vision où les Amériques sont d’abord et avant tout le “domaine” des États-Unis. Une interprétation qui se renforce au tournant du XXᵉ siècle sous Theodore Roosevelt, avec le fameux principe du “Big Stick” (« gros bâton ») qui justifie un rôle policier direct des États-Unis dans la région.

2. Interventions américaines : une Caraïbe sous tutelle permanente

Lorsque l’on parle de la Caraïbe, il est impossible de dissocier son histoire politique des interventions répétées des États-Unis. Derrière le discours officiel de la stabilité, de la démocratie ou de la lutte contre le communisme, se dessine une réalité plus brutale : les petits États caribéens ne sont pas considérés comme des acteurs géopolitiques souverains, mais comme des espaces géopolitiques , c’est à dire des zones à sécuriser, contrôler, neutraliser ou instrumentaliser.

Cuba : l’embargo comme arme politique

Le cas cubain est emblématique. Depuis 1962, l’île est soumise à un embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis, l’un des plus longs de l’histoire contemporaine. Officiellement destiné à provoquer un changement de régime, cet embargo a surtout asphyxié durablement la population cubaine.

Restrictions sur les importations de médicaments, difficultés d’accès aux technologies, entraves aux transactions financières internationales : l’embargo structure l’économie cubaine dans la pénurie. Chaque année, l’Assemblée générale des Nations unies condamne massivement cette politique sans effet concret.

La crise des missiles de 1962 a cristallisé cette logique : Cuba devenait, aux yeux de Washington, la preuve qu’aucune alternative politique ne devait émerger dans ce qu’ils considèrent comme leur sphère d’influence directe.

Haïti : un laboratoire de l’ingérence

S’il existe un pays caribéen qui concentre à lui seul les effets cumulatifs de l’interventionnisme américain, c’est Haïti.

  • Août 1915 : les Marines américains débarquent à Port-au-Prince. L’occupation durera jusqu’en 1934. Les États-Unis prennent le contrôle des finances haïtiennes, réécrivent la Constitution et imposent un modèle économique favorable à leurs intérêts.

  • 1914, un an avant l’occupation : l’or de la Banque nationale d’Haïti est transféré à New York, à la Federal Reserve, avec l’implication directe d’intérêts américains. Cet épisode, aujourd’hui documenté par des historiens, symbolise le pillage financier initial de l’État haïtien moderne.

  • 1959–1963 : une mission navale américaine opère au large d’Haïti, dans un contexte de guerre froide, alors que le régime de François Duvalier est toléré voire soutenu tant qu’il reste anticommuniste.

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