Grenade, la perle du sud des Caraïbes entre épices, révolution et mémoire
Le 7 février 2026, la Grenade a célébré ses 52 ans d’indépendance.
Mais au-delà de la date, c’est peut-être le moment idéal pour redécouvrir cette île caribéenne méconnue, située à l’extrême sud des Îles du Vent, à moins de 150 kilomètres du Venezuela.
Bienvenue sur l’île aux épices
Une géographie à part dans la Caraïbe
La Grenade n’est pas une île isolée, mais un petit archipel composé de :
Grenade, l’île principale
Carriacou
Petite Martinique
Autour d’elles gravitent plus d’une vingtaine de petits îlots inhabités ou presque, comme Diamond Island ou Île Caille.
Sa position géographique lui donne une atmosphère particulière : on y ressent à la fois la Caraïbe anglophone et la proximité sud-américaine. Ici, la mer est omniprésente, les collines volcaniques plongent dans l’eau turquoise, et les villages vivent au rythme du vent et des marchés locaux.
L’île aux épices : une identité parfumée
Impossible de parler de la Grenade sans évoquer son surnom : “The Spice Island”.
Noix de muscade, macis, cannelle, cacao… Les senteurs font partie du paysage. La muscade est même représentée sur le drapeau national, preuve de son importance économique et symbolique.
L’agriculture reste un pilier, aux côtés du tourisme. Ici, l’expérience est plus intime que dans certaines destinations ultra-médiatisées. On vient à la Grenade pour :
Ses plages préservées comme Grand Anse
Ses cascades cachées dans la forêt tropicale
Ses plantations d’épices
Son atmosphère paisible
Une société façonnée par l’histoire
La Grenade compte environ 113 000 habitants. Mais fait marquant : il y a près de deux fois plus de Grenadiens vivant à l’étranger que sur l’île. La diaspora est essentielle à l’économie et à la vie nationale.
La population est majoritairement d’ascendance africaine (environ 80 %), héritage direct de l’esclavage colonial. On retrouve aussi une minorité d’origine indienne et des influences européennes.
Ancienne colonie française puis britannique, l’île garde des traces des deux puissances. L’anglais est la langue officielle, mais de nombreux noms de famille sont français. Deux formes de créole coexistent : un créole à base française et un créole anglophone.
On y conduit à gauche, la monnaie est le dollar des Caraïbes orientales, et le pays reste membre du Commonwealth depuis son indépendance en 1974.
Une île qui a marqué la Guerre froide
Derrière son calme apparent, la Grenade a connu l’un des épisodes les plus marquants de la Caraïbe contemporaine.
En 1979, Maurice Bishop prend le pouvoir et engage une révolution à orientation marxiste. Il développe des liens avec Cuba et d’autres pays du bloc socialiste, tout en affirmant que la Grenade resterait indépendante dans ses choix.
En 1983, après des tensions internes et l’exécution de Bishop, les États-Unis interviennent militairement lors de l’opération “Urgent Fury”.
Pour une île de cette taille, l’impact symbolique fut immense. La Grenade est ainsi entrée dans l’histoire géopolitique mondiale.
Le Jab Jab : l’âme rebelle du carnaval
Si vous visitez la Grenade pendant le carnaval (Spicemas), vous découvrirez le Jab Jab.
Des participants se couvrent de peinture noire, d’huile ou parfois de goudron, portent des chaînes, des cornes et des masques.
Ce rituel carnavalesque est une expression culturelle puissante, enracinée dans l’histoire de l’esclavage et dans la créativité afro-caribéenne. Il incarne résistance, mémoire et affirmation identitaire.
LE VIEUX CORPS
Autre figure incontournable du carnaval grenadien : le Vieux Corps. Contrairement au Jab Jab, plus spectaculaire et radical, le Vieux Corps se distingue par son aspect plus satirique et théâtral.
Les participants se couvrent le corps de peinture colorée, de mélasse ou d’huile, portent des costumes improvisés et circulent dans les rues en chantant, dansant et interpellant le public. Héritée des traditions populaires post-esclavagistes, cette expression carnavalesque incarne la liberté retrouvée, l’humour social et l’esprit de résistance culturelle qui caractérisent la Grenade.
À 52 ans : une petite nation, une grande histoire
Aujourd’hui, la Grenade avance entre tradition et modernité. Elle a célébré le 52e anniversaire de son indépendance sous le thème « Ancrés dans la foi, guidés par un but ».
Elle reste discrète dans le paysage touristique caribéen, mais possède une identité forte :
Une histoire coloniale complexe
Une révolution marquante
Une diaspora influente
Une culture vivante
Découvrir la Grenade, ce n’est pas seulement visiter une île. C’est comprendre un morceau de la Caraïbe, à la croisée des empires, des idéologies et des héritages.
À 52 ans d’indépendance, la Grenade continue d’écrire son histoire parfumée d’épices, marquée par la mémoire, tournée vers l’avenir.
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