Créatrice de bijoux et documentaliste, la Martiniquaise Adeline Chapin explore avec sa marque Calendé les liens entre parure, histoire et transmission. Jusqu’au 17 octobre 2026, son exposition « ZannoClou », présentée à la librairie Calypso à Paris dans le cadre de Parcours Bijoux, invite à redécouvrir un bijou dont l’histoire reste en partie mystérieuse.
Que racontent les bijoux que l’on porte, ceux que l’on reçoit ou que l’on retrouve sur une photographie de famille ? Pour Adeline Chapin, ces objets sont une porte d’entrée dans la culture martiniquaise. Leurs formes, leurs techniques de fabrication et les souvenirs qui les accompagnent nourrissent une démarche où la recherche documentaire rejoint la création.
Documentaliste de métier, elle travaille depuis plusieurs années dans les secteurs de la mode et du luxe. Avec Calendé, elle réunit ses compétences autour d’un même projet : explorer le patrimoine bijoutier martiniquais et lui donner de nouvelles expressions contemporaines.
Son travail s’appuie notamment sur les portraits anciens qu’elle collectionne, les témoignages et l’étude des savoir-faire. Le collier choux, reconnaissable à ses grains ouvragés, a ainsi été au cœur d’une première résidence de recherche et de création avec l’espace culturel SeizeMètresCarrés, en Martinique. À travers le projet Martinique Bijoux Héritage, elle s’intéresse également aux parcours des femmes bijoutières et à la constitution d’une mémoire commune autour de ces pièces.
Cet attachement à la Martinique se retrouve dans les créations de Calendé. Feuilles de raisinier, racines de palétuviers ou feuilles d’arbre à pain deviennent des motifs à porter.
La démarche passe aussi par le travail à la main et la transformation de bijoux anciens, cassés ou délaissés. Préserver un héritage peut alors prendre plusieurs formes : documenter une technique, réinterpréter un motif ou donner un nouvel usage à une pièce oubliée.
Avec ZannoClou, Adeline Chapin poursuit cette exploration à partir d’un bijou dont elle interroge les traces et les représentations. Le texte de présentation de l’exposition évoque sa présence sur des photographies anciennes de femmes caribéennes et dans des peintures coloniales. Il suggère également une possible représentation sur une sculpture du début du XIXᵉ siècle, sans présenter cette piste comme une origine définitivement établie.
L’exposition propose de suivre cette enquête tout en découvrant comment le bijou peut être réinterprété. Entre les images qui subsistent et les zones d’ombre de son histoire, ZannoClou ouvre une réflexion sur ce que l’on conserve, ce que l’on transmet et ce que la création permet de remettre en circulation.
L’exposition « ZannoClou » est à découvrir jusqu’au samedi 17 octobre 2026 à la librairie Calypso, au 32 rue Gassendi, dans le 14ᵉ arrondissement de Paris. La librairie annonce la présence de la créatrice pendant l’exposition pour échanger autour de son travail.Du mercredi au samedi, elle ouvre de 11 h à 14 h et de 15 h à 19 h.



