DONALD TRUMP PUBLIE UNE CARTE OÙ LES ÉTATS-UNIS ENGLOBENT UNE GRANDE PARTIE DES AMÉRIQUES - Actu 1
Donald Trump a provoqué une nouvelle polémique internationale en publiant, le 7 septembre, une carte montrant une version démesurée des États-Unis englobant le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Islande, l’Amérique centrale et une grande partie de la Caraïbe.
Sur cette image publiée sans explication sur Truth Social, l’ensemble de ces territoires est recouvert du drapeau américain et porte une seule inscription : « United States of America ».
Dans la Caraïbe, la carte englobe notamment Cuba, Haïti, la République dominicaine, la Jamaïque et les Bahamas, mais également des territoires français : Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
La publication n’a évidemment aucune valeur juridique et Donald Trump n’a annoncé aucun projet visant à annexer tous ces territoires. Mais venant du président des États-Unis, l’image ne passe pas totalement pour une simple plaisanterie.
Car elle intervient après plusieurs mois durant lesquels Donald Trump a multiplié les déclarations remettant en question certaines frontières et réaffirmant la domination stratégique américaine sur son voisinage.
Du Groenland au Canada : une provocation qui s’inscrit dans une série
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a régulièrement affirmé que les États-Unis devraient contrôler le Groenland, territoire autonome appartenant au Royaume du Danemark, notamment pour des raisons militaires, minières et stratégiques.
Il a également évoqué à plusieurs reprises l’idée de faire du Canada le 51ᵉ État américain, tout en engageant une confrontation commerciale avec Ottawa.
La publication de cette carte intervient donc dans un contexte particulier.
Quelques heures auparavant, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se trouvait justement au Groenland, où l’Union européenne a annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires et réaffirmé que l’avenir du territoire devait être décidé par les Groenlandais et le Danemark.
Donald Trump n’a pas expliqué si sa carte constituait une réponse à cette visite.
Mais plusieurs gouvernements l’ont prise suffisamment au sérieux pour réagir.
L’Islande convoque l’ambassadeur américain
La réaction la plus forte est venue de l’Islande. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a convoqué l’ambassadeur américain Billy Long afin de protester officiellement contre la publication.
Le ministère islandais des Affaires étrangères a jugé la carte « complètement inappropriée ».
Le Danemark a également réagi. Son ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a qualifié la publication de « troublante » et « complètement inappropriée », estimant qu’elle témoignait d’une vision particulièrement maximaliste du rôle des États-Unis.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a de son côté rappelé une nouvelle fois que les Groenlandais ne souhaitent pas devenir américains.
Le Mexique rappelle qu’il « ne sera pas une colonie »
La réaction mexicaine a été tout aussi directe.
La présidente Claudia Sheinbaum a réaffirmé que le Mexique était un pays « libre, indépendant et souverain » et qu’il ne serait « ni une colonie ni un protectorat d’un pays étranger ».
Une déclaration particulièrement chargée historiquement : le Mexique a perdu une immense partie de son territoire au profit des États-Unis au XIXᵉ siècle après la guerre américano-mexicaine.
Dans une grande partie de l’Amérique latine, la question de l’interventionnisme américain renvoie également à une histoire beaucoup plus large.
Le retour de la doctrine Monroe ?
C’est ici que cette carte prend une dimension particulière. En 1823, le président américain James Monroe énonce ce qui deviendra la doctrine Monroe. À l’origine, Washington affirme essentiellement que les puissances européennes ne doivent plus intervenir ou établir de nouvelles colonies dans les Amériques.
Le principe peut alors se résumer grossièrement par : « les Amériques aux Américains ».
Mais au cours des décennies suivantes, cette doctrine évolue progressivement vers une justification de la prééminence des États-Unis dans leur environnement régional.
En 1904, le président Theodore Roosevelt lui ajoute son célèbre corollaire Roosevelt, permettant à Washington de revendiquer un droit d’intervention dans certains États latino-américains et caribéens.
La Caraïbe en fera directement l’expérience. Les États-Unis occupent Haïti de 1915 à 1934, interviennent à plusieurs reprises à Cuba, occupent la République dominicaine entre 1916 et 1924 et multiplient les interventions militaires et politiques dans la région au cours du XXᵉ siècle.
Plus récemment, l’invasion de la Grenade en 1983, l’intervention au Panama en 1989 ou encore l’opposition américaine à Cuba et au Venezuela ont continué d’alimenter le débat sur la place de Washington dans son « arrière-cour ».
Donald Trump n’a pas officiellement annoncé une nouvelle doctrine Monroe à travers cette carte. Il serait donc excessif d’affirmer qu’elle représente un programme territorial américain.
Mais elle correspond à une vision de la politique étrangère où Washington affirme beaucoup plus ouvertement que l’hémisphère occidental constitue sa zone stratégique prioritaire, notamment face à la montée de la Chine.
RÉPARATIONS POUR L’ESCLAVAGE : LA JAMAÏQUE PORTE DÉSORMAIS SON COMBAT SUR LE TERRAIN JURIDIQUE - Actu 2
La Jamaïque vient de franchir une nouvelle étape dans son combat pour obtenir réparation pour l’esclavage et la colonisation britannique.
Le 7 septembre, une délégation conduite par la ministre jamaïcaine de la Culture Olivia Grange a officiellement déposé à Londres une pétition adressée au roi Charles III. Son objectif : demander que trois questions historiques et juridiques concernant l’esclavage en Jamaïque soient examinées par le Comité judiciaire du Conseil privé britannique, qui demeure la plus haute juridiction d’appel de la Jamaïque.
La démarche est inédite : la Jamaïque ne demande pas, à ce stade, au Royaume-Uni de lui verser une somme précise. Elle cherche d’abord à faire déterminer juridiquement si la Grande-Bretagne pourrait avoir une obligation de réparation.
Trois questions qui pourraient tout changer
La pétition demande notamment aux juges de déterminer si le transport forcé d’Africains vers la Jamaïque et leur réduction en esclavage étaient réellement conformes au droit anglais de l’époque.
Elle demande également si ces pratiques peuvent être considérées comme des crimes contre l’humanité imputables au Royaume-Uni et, surtout, si Londres a aujourd’hui une obligation de fournir une forme de réparation au peuple jamaïcain.
« Concernant les torts qui ont été commis, nous voulons des réponses », a expliqué Olivia Grange.
Si le Conseil privé accepte d’examiner ces questions, la campagne caribéenne pour les réparations pourrait donc quitter en partie le terrain politique et historique pour entrer dans une bataille juridique beaucoup plus complexe.
Pourquoi s’adresser au roi Charles ?
Cela peut sembler paradoxal : la Jamaïque est indépendante depuis 1962, mais Charles III est toujours officiellement roi de Jamaïque et chef de l’État jamaïcain.
Kingston utilise ici une ancienne procédure héritée du système britannique permettant de soumettre certaines questions au Comité judiciaire du Conseil privé.
Mais Charles III ne peut pas décider personnellement de donner raison à la Jamaïque ou d’imposer des réparations au Royaume-Uni. En tant que monarque constitutionnel, il doit agir conformément aux mécanismes constitutionnels et aux avis du gouvernement.
Buckingham Palace a indiqué travailler avec le gouverneur général de Jamaïque afin que la pétition soit correctement traitée.
La situation est donc assez symbolique : la Jamaïque utilise les institutions héritées de l’Empire britannique pour demander à ces mêmes institutions de se prononcer sur les conséquences de cet empire.
Le symbole du Zong
La date choisie n’est pas anodine. La démarche intervient autour de l’anniversaire du départ, en septembre 1781, du Zong, un navire négrier britannique transportant plus de 400 Africains réduits en esclavage vers la Jamaïque.
Pendant la traversée, alors que le navire connaissait notamment des problèmes d’approvisionnement en eau, plus de 130 Africains furent jetés par-dessus bord.
L’une des dimensions les plus glaçantes de l’affaire est que le conflit qui suivit ne porta initialement pas sur le meurtre de ces personnes, mais sur une question d’assurance : les propriétaires du navire cherchaient à obtenir une indemnisation pour la perte de personnes considérées juridiquement comme des marchandises.
L’affaire du Zong est ensuite devenue l’un des symboles du mouvement abolitionniste britannique.
La Grande-Bretagne interdit la traite transatlantique en 1807, puis abolit l’esclavage dans la majeure partie de son empire à partir de 1834.
Mais lors de l’abolition, ce ne sont pas les anciens esclaves qui furent indemnisés : le gouvernement britannique consacra 20 millions de livres à indemniser les propriétaires d’esclaves pour la perte de leur « propriété ».
C’est aujourd’hui l’un des arguments les plus puissants politiquement dans le débat sur les réparations.
Londres refuse toujours les réparations
Le gouvernement britannique reconnaît aujourd’hui le caractère abominable de l’esclavage, mais continue de rejeter le principe d’une obligation de réparations financières.
Son argument juridique est notamment que les événements historiques doivent être examinés à partir du droit applicable au moment où ils se sont produits et qu’il ne peut être créé rétroactivement une obligation juridique internationale qui n’existait pas à l’époque.
C’est précisément l’un des obstacles auxquels la stratégie jamaïcaine risque de se heurter.
Plusieurs juristes britanniques considèrent d’ailleurs que les chances d’obtenir une décision établissant directement une obligation de réparation restent faibles. La question de savoir si des normes juridiques contemporaines, comme la notion de crime contre l’humanité, peuvent être appliquées à des faits vieux de plusieurs siècles sera particulièrement difficile.
La Jamaïque défend cependant un raisonnement différent : elle veut notamment savoir si certaines pratiques liées à l’esclavage étaient réellement légales même au regard du droit anglais de l’époque.
Charles III reconnaît l’héritage de l’esclavage, sans aller jusqu’aux réparations
La position du roi est également délicate.
Charles III a plusieurs fois reconnu publiquement les conséquences historiques de l’esclavage. Lors du sommet du Commonwealth de 2024, il avait notamment reconnu que les aspects les plus douloureux du passé continuaient d’avoir des répercussions.
Mais le roi n’a jamais soutenu explicitement le versement de réparations.
Et la décision appartient avant tout au domaine politique et juridique britannique, pas à sa volonté personnelle.
Ce n’est plus seulement une bataille jamaïcaine
La démarche bénéficie surtout du soutien de la CARICOM. En juillet 2026, les dirigeants caribéens ont officiellement réaffirmé leur soutien à la pétition jamaïcaine et adopté une nouvelle version du CARICOM Ten Point Plan for Reparatory Justice.
La stratégie régionale ne se limite d’ailleurs pas à réclamer des chèques aux anciennes puissances coloniales. Elle comprend notamment des demandes autour de la santé publique, de l’éducation, du développement économique, de la dette, du transfert technologique, du retour culturel et du soutien aux communautés descendantes des peuples africains et autochtones.
La question doit également occuper une place importante lors du prochain sommet du Commonwealth, organisé en novembre à Antigua-et-Barbuda.
La Jamaïque devient ainsi le laboratoire juridique d’un combat beaucoup plus large porté par plusieurs États caribéens.
Et si Londres refuse ?
Un rejet ne mettrait probablement pas fin au débat. Il pourrait même avoir une conséquence politique inattendue en Jamaïque.
Le pays est toujours une monarchie constitutionnelle : Charles III est roi de Jamaïque, représenté sur place par un gouverneur général. Mais le gouvernement d’Andrew Holness souhaite depuis plusieurs années transformer le pays en république.
La pétition crée donc une situation politiquement sensible.
Si une institution britannique refuse même d’examiner les arguments jamaïcains sur les conséquences de l’esclavage, certains pourraient y voir un argument supplémentaire pour demander pourquoi, plus de soixante ans après l’indépendance, le chef de l’État jamaïcain demeure le monarque britannique.
LA JAMAÏQUE RECENSE 60 PLAGES GRATUITES FACE À LA POLÉMIQUE SUR L’ACCÈS À SON LITTORAL-Actu 3
La Jamaïque est mondialement connue pour ses plages. Pourtant, depuis plusieurs années, une question provoque de plus en plus de tensions sur l’île : les Jamaïcains ont-ils réellement accès à leur propre littoral ?
Face à cette polémique, le ministère jamaïcain du Tourisme a publié une liste de 60 plages de baignade accessibles gratuitement au public, réparties dans dix paroisses du pays.
Le ministre du Tourisme Edmund Bartlett affirme même que la Jamaïque compte au total 70 plages publiques, dont 60 auraient été aménagées ou améliorées ces dernières années. Dix seraient exploitées commercialement et seulement cinq demanderaient le paiement d’un droit d’entrée.
Pour le gouvernement, ces chiffres permettent de contester l’idée selon laquelle les Jamaïcains seraient progressivement privés de leurs plages.
Mais pour plusieurs associations, le véritable problème ne réside pas seulement dans le nombre de plages publiques : il concerne le droit même d’accéder au littoral.
Comment une île peut-elle avoir des plages difficiles d’accès ?
Pour comprendre, il faut distinguer la plage elle-même du terrain permettant d’y accéder.
Une partie importante du littoral jamaïcain est bordée de terrains privés, hôtels, complexes touristiques et propriétés résidentielles. Même lorsque l’espace côtier n’est pas entièrement privé, il peut donc devenir très difficile d’y accéder depuis la terre lorsqu’un hôtel ou un propriétaire contrôle le passage.
Cette situation est particulièrement sensible dans certaines des principales régions touristiques du pays.
Des communautés affirment avoir progressivement perdu ou vu restreindre des accès utilisés depuis plusieurs générations pour se baigner, pêcher, travailler ou simplement rejoindre la mer.
Des plages comme Mammee Bay, Blue Lagoon, Flankers/Providence Beach ou encore Bob Marley Beach sont ainsi devenues emblématiques de ce conflit.
Une loi qui date de l’époque coloniale
Au centre du débat se trouve surtout le Beach Control Act de 1956. La loi a été adoptée alors que la Jamaïque était encore une colonie britannique, six ans avant son indépendance.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le droit jamaïcain ne garantit pas simplement à chaque citoyen un droit général et automatique de traverser une propriété privée pour rejoindre toutes les plages.
C’est précisément ce que conteste aujourd’hui le Jamaica Beach Birthright Environmental Movement (JaBBEM).
L’organisation demande l’abrogation complète du Beach Control Act et son remplacement par une législation reconnaissant beaucoup plus clairement l’accès au littoral comme un droit public.
Pour ses militants, le système actuel reproduit en partie une organisation de l’espace héritée de l’époque coloniale : les zones côtières les plus attractives peuvent être contrôlées économiquement tandis que les communautés locales doivent parfois se battre pour conserver leurs accès traditionnels.
Certains militants emploient même l’expression « plantation tourism » pour décrire un modèle touristique dans lequel les espaces les plus valorisés bénéficieraient principalement aux investisseurs et aux visiteurs étrangers.
Le tourisme est au cœur du problème… mais aussi de l’économie
La question est particulièrement délicate parce que le tourisme constitue l’un des piliers de l’économie jamaïcaine.
Les plages de Montego Bay, Negril, Ocho Rios ou la côte nord ont permis le développement de complexes hôteliers qui attirent des millions de visiteurs et génèrent emplois, devises et investissements.
Le gouvernement doit donc arbitrer entre plusieurs intérêts : attirer des investisseurs, protéger les propriétés privées et l’environnement, développer le tourisme, mais également garantir aux habitants un accès réel à leur littoral.
Les militants refusent justement que le débat soit présenté comme un choix entre tourisme et accès public. Leur argument est qu’un pays peut développer son industrie hôtelière tout en garantissant juridiquement l’accès de ses citoyens à la mer.
D’autres îles de la Caraïbe disposent d’ailleurs de régimes différents concernant l’accès public aux plages.
Cinq batailles devant la justice
Le conflit ne se limite plus aux manifestations. JaBBEM et différentes communautés ont engagé plusieurs procédures judiciaires concernant l’accès à certaines portions du littoral.
L’un des enjeux juridiques porte sur les « prescriptive rights » : lorsqu’une communauté utilise depuis très longtemps un passage ou une plage, peut-elle obtenir la reconnaissance juridique de cet usage traditionnel, même lorsque les terrains environnants appartiennent désormais à un propriétaire privé ?
Les militants s’appuient notamment sur le Prescription Act de 1882 pour défendre certains de ces accès historiques.
Le dossier de Flankers/Providence Beach, à St James, est particulièrement surveillé, car son issue pourrait avoir des conséquences sur d’autres communautés confrontées au même problème.
Le gouvernement répond avec une nouvelle politique
Face à la contestation, le gouvernement jamaïcain a présenté en mars 2026 une nouvelle Beach Access and Management Policy.
Le texte vise notamment à améliorer et organiser l’accès aux plages. Mais la Jamaica Environment Trust (JET) estime que cette politique ne va pas suffisamment loin.
Selon l’organisation environnementale, le problème réside notamment dans les mots utilisés : le gouvernement parle d’accès qui doit être « fourni » ou « maintenu », alors que JET souhaite que l’accès public devienne un véritable droit juridiquement opposable.
La différence peut sembler technique, mais elle est fondamentale.
Un accès accordé par une politique publique peut être modifié. Un droit inscrit clairement dans la loi donne aux citoyens beaucoup plus de moyens pour saisir la justice lorsqu’un passage disparaît.
60 plages aujourd’hui… contre 87 autrefois ?
La publication de la nouvelle liste gouvernementale soulève également une autre question.
La National Beach Policy de 2000 recensait 87 plages publiques récréatives. Aujourd’hui, le gouvernement parle de 70 plages publiques, dont 60 gratuites figurent sur sa liste.
Cela représente une différence de 17 plages pour laquelle aucune explication officielle complète n’a encore été publiée.
Et certaines zones touristiques importantes, notamment St Ann et Portland, ne figurent pas dans la liste des 60 plages gratuites publiée en 2026, alors qu’elles concentrent justement plusieurs conflits d’accès.
Le chiffre de 0,6 % doit être pris avec précaution
JaBBEM affirme également que seulement 0,6 % du littoral jamaïcain serait réellement accessible au grand public.
Le chiffre est spectaculaire et a largement circulé. Mais il doit être présenté avec prudence : il s’agit d’une estimation produite par l’organisation militante selon sa propre définition de ce qu’est un littoral véritablement accessible, et non d’une statistique nationale indépendante.
Le gouvernement rejette catégoriquement l’idée que 99 % des plages jamaïcaines seraient fermées.
Edmund Bartlett rappelle également qu’une partie importante du littoral jamaïcain n’est tout simplement pas adaptée à la baignade : falaises, mangroves, zones rocheuses ou espaces écologiquement sensibles.
Il reconnaît cependant l’existence de conflits ponctuels concernant certains accès et affirme vouloir poursuivre l’amélioration des plages publiques.
SAINTE-LUCIE VEUT MIEUX STRUCTURER SON INDUSTRIE DU SOCA, DU CALYPSO ET DU DENNERY SEGMENT - Actu 4
À Sainte-Lucie, les artistes de soca, de calypso et de Dennery Segment veulent désormais mieux s’organiser pour défendre leurs intérêts et professionnaliser leur industrie.
Des artistes, producteurs et autres professionnels du secteur se sont réunis afin de travailler à la création d’une organisation légalement reconnue, capable de les représenter collectivement. Le projet bénéficie du soutien du ministère des Industries créatives ainsi que d’ECCO, l’organisme régional chargé notamment de la gestion des droits musicaux dans la Caraïbe orientale.
L’objectif est de donner aux artistes une voix commune sur des questions comme les droits d’auteur, les contrats, la rémunération, la formation, la représentation professionnelle ou encore l’accès aux marchés internationaux. ECCO joue déjà un rôle important dans la collecte et la redistribution des droits aux créateurs de la région.
Cette initiative intervient alors que Sainte-Lucie cherche à transformer sa créativité musicale en véritable industrie économique. Le besoin est particulièrement visible avec le Dennery Segment, genre né sur l’île qui mélange notamment influences soca, dancehall et rythmes locaux et qui s’est progressivement exporté dans les carnavals de la Caraïbe et à l’international.
Malgré cette visibilité, plusieurs professionnels saint-luciens dénoncent depuis longtemps un manque de structures permettant aux artistes de transformer leur succès en revenus durables : meilleure distribution, gestion des droits, accompagnement professionnel ou accès aux contrats internationaux.
La création de cette organisation pourrait donc représenter une nouvelle étape : faire du soca, du calypso et surtout du Dennery Segment non seulement des expressions culturelles majeures de Sainte-Lucie, mais une industrie capable de mieux rémunérer ceux qui les créent.
LA CARICOM VEUT ENCORE RAPPROCHER LA CARAÏBE DE L’AFRIQUE - Actu 5
À l’occasion de l’Africa-CARICOM Day, célébré le 7 septembre, la CARICOM a réaffirmé sa volonté de renforcer les liens politiques, économiques et culturels entre les Caraïbes et le continent africain. Dans un message officiel, le Premier ministre de Sainte-Lucie Philip J. Pierre, président en exercice de la CARICOM, a appelé les deux régions à passer « de la solidarité historique à une coopération concrète ».
L’organisation régionale souhaite accélérer les partenariats dans plusieurs domaines : commerce, investissements, éducation, santé, innovation, tourisme et industries culturelles. Elle met également en avant les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui ouvre un marché de plus de 1,4 milliard d’habitants aux entreprises caribéennes.
Philip J. Pierre a rappelé que les liens entre l’Afrique et les Caraïbes ne reposent pas uniquement sur une histoire commune marquée par la traite transatlantique et l’esclavage, mais aussi sur un avenir partagé autour du développement, de la jeunesse et du panafricanisme.
Cette déclaration intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique inédit entre les deux régions. Ces derniers mois, la Jamaïque et le Ghana ont signé plusieurs accords dans les domaines de la santé, du tourisme et des services aériens, tandis que la Barbade et d’autres États de la CARICOM multiplient les initiatives autour des réparations, de l’éducation et des échanges universitaires avec des partenaires africains.
Pour la CARICOM, l’objectif est désormais de faire de la coopération Afrique-Caraïbes un axe stratégique de sa politique étrangère, au-delà des symboles et des commémorations.
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