LE GUYANA A DÉJÀ EXPORTÉ PLUS DE 15 MILLIARDS DE DOLLARS DE PÉTROLE EN SIX MOIS - Actu 1
Le boom pétrolier du Guyana continue de changer d’échelle. Durant les six premiers mois de 2026, le pays a produit 163,3 millions de barils de pétrole, contre 115,7 millions sur la même période en 2025. La production moyenne est ainsi passée d’environ 639 000 à 902 000 barils par jour en seulement un an.
Résultat : les exportations de brut ont atteint 15,05 milliards de dollars américains entre janvier et juin, soit une hausse de 82,1 % sur un an. À lui seul, le pétrole représente désormais près de 93 % de la valeur totale des exportations du Guyana sur la période.
Cette progression s’explique par deux phénomènes : le pays exporte beaucoup plus de pétrole, avec des volumes en hausse de 40 %, mais il a également bénéficié de prix du brut plus élevés durant le premier semestre.
Quatre gigantesques plateformes produisent désormais simultanément
Cette accélération vient principalement de la montée en puissance du bloc offshore Stabroek, exploité par ExxonMobil avec ses partenaires Hess/Chevron et CNOOC.
Pour la première fois, quatre FPSO , ces immenses navires capables de produire, stocker et charger le pétrole directement en mer ont fonctionné simultanément pendant l’intégralité d’un semestre.
Le dernier arrivé, One Guyana, a commencé sa production en août 2025 et a considérablement augmenté les capacités du pays. Et le Guyana n’a pas encore atteint son plafond. Un cinquième FPSO doit commencer à produire au quatrième trimestre 2026, ce qui devrait encore augmenter la production nationale.
Mais 15 milliards de dollars ne vont pas directement au Guyana
C’est une distinction importante. Les 15,05 milliards de dollars correspondent à la valeur totale du pétrole exporté, et non aux revenus directement encaissés par le gouvernement guyanais.
Le contrat du bloc Stabroek permet notamment au consortium pétrolier de récupérer ses investissements et ses coûts avant le partage du pétrole restant avec l’État.
Pour l’ensemble de 2026, le gouvernement prévoit désormais environ 6,5 milliards de dollars de recettes pétrolières versées au Natural Resource Fund (NRF).
Près de 5,97 milliards devraient provenir de la vente de la part de profit oil revenant au Guyana et environ 508 millions de dollars des royalties.
C’est une révision spectaculaire : les recettes attendues sont désormais 136,8 % supérieures aux prévisions établies lors de la préparation du budget 2026.
Une économie transformée en quelques années
Les conséquences sont visibles dans l’ensemble de l’économie. Le PIB réel du Guyana a progressé d’environ 33,3 % au premier semestre 2026. Même en retirant le pétrole, l’économie a enregistré une croissance de 10,1 %, portée notamment par la construction, les services et les mines.
Le pays dispose également de 4,29 milliards de dollars dans son Natural Resource Fund à la fin juin, malgré le retrait de plus d’un milliard de dollars par le gouvernement durant le premier semestre pour financer le budget national.
La transformation est d’autant plus spectaculaire que le Guyana ne produisait pas une seule goutte de pétrole commercialement avant décembre 2019.
Sept ans plus tard, il produit environ 900 000 barils chaque jour et ses exportations pétrolières sur les six premiers mois de 2026 représentent déjà presque autant que les 17,8 milliards de dollars exportés sur l’ensemble de l’année 2025.
Le défi pour ce petit pays d’environ 800 000 habitants n’est donc plus seulement de produire davantage.
Il est désormais de réussir à transformer cette manne pétrolière exceptionnelle en infrastructures, services publics, diversification économique et amélioration durable du niveau de vie, tout en évitant que l’économie devienne entièrement dépendante du pétrole.
LA DETTE DE LA CTM APPROCHE LE MILLIARD D’EUROS - Actu 2
Les finances de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) sont sous pression. Dans son dernier rapport, la Chambre régionale des comptes dresse un constat préoccupant : dette en forte augmentation, capacité d’autofinancement en recul, délais de paiement très élevés et comptes encore insuffisamment fiabilisés.
Entre 2021 et 2024, la dette de la CTM a augmenté de 28 % pour atteindre 977 millions d’euros. Selon les projections de la Chambre, elle pourrait franchir le seuil symbolique du milliard d’euros en 2026.
Le problème n’est toutefois pas uniquement le montant de la dette. Les dépenses de la Collectivité progressent plus rapidement que ses recettes : en moyenne, +2,1 % par an pour les dépenses de gestion contre +1,2 % pour les recettes.
Cela réduit progressivement l’argent disponible pour rembourser les emprunts et financer de nouveaux investissements.
Des entreprises payées après plus de quatre mois
Autre signal préoccupant : les délais de paiement de la CTM sont passés de 65 jours en 2021 à 131 jours en 2025, alors que le délai réglementaire est de 30 jours.
Ce chiffre a des conséquences très concrètes.
Lorsqu’une entreprise réalise des travaux, fournit du matériel ou effectue une prestation pour la Collectivité, elle peut devoir attendre plus de quatre mois avant d’être payée. Pour les petites entreprises martiniquaises disposant de peu de trésorerie, ces retards peuvent devenir particulièrement difficiles à supporter.
Les dépenses de personnel augmentent malgré la baisse des effectifs
La Chambre relève également une hausse de la masse salariale. Les dépenses de personnel sont passées de 229 millions d’euros en 2021 à 263 millions, alors même que le nombre total d’agents a diminué de près de 3 %.
Cette évolution ne signifie pas nécessairement que la CTM a simplement augmenté les salaires de sa propre initiative. Elle s’explique en grande partie par plusieurs mesures nationales : revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, progression liée à l’ancienneté et aux carrières ou encore mécanismes de garantie du pouvoir d’achat.
La masse salariale représente désormais près de 26 % des recettes de fonctionnement, contre 23,4 % en 2021.
Un écart comptable de près de 7 milliards d’euros
La Chambre pointe également plusieurs problèmes dans la fiabilité des comptes.
Le plus spectaculaire concerne le patrimoine de la CTM : un écart de 6,99 milliards d’euros existe entre les biens enregistrés par le comptable public et l’inventaire tenu par la Collectivité.
Attention : cela ne signifie absolument pas que 7 milliards d’euros ont disparu.
Cela signifie que les deux systèmes utilisés pour recenser et valoriser le patrimoine de la CTM ne correspondent pas correctement. La Chambre demande donc une remise à jour et une fiabilisation de cet inventaire.
Elle relève également 14,8 millions d’euros restant à recouvrer, 30,5 millions de retenues de garantie à régulariser ainsi que des provisions qu’elle considère insuffisantes.
Une dette de 183 millions d’euros envers la CAF
Un autre dossier pèse sur les comptes : les sommes dues à la Caisse d’allocations familiales, notamment au titre du financement du RSA et du RSO.
Cette dette atteignait 183,2 millions d’euros fin 2024. La CTM reconnaît devoir cette somme et s’est engagée à la rembourser, mais elle conteste certains calculs effectués par la Chambre.
Selon la Collectivité, 122,5 millions d’euros avaient déjà été comptabilisés en 2024. Elle estime donc que seuls 60,7 millions supplémentaires doivent être intégrés à certains calculs afin de ne pas comptabiliser deux fois une partie de la dette.
Cette différence explique en partie pourquoi la Chambre et la CTM n’arrivent pas exactement aux mêmes conclusions concernant la situation financière de la Collectivité.
La CTM conteste certains calculs, mais reconnaît la dégradation
Le principal désaccord concerne la capacité d’autofinancement, c’est-à-dire, de manière simplifiée, l’argent qu’il reste après le paiement des dépenses courantes et qui peut servir à rembourser la dette ou financer des investissements.
Après différentes corrections comptables, la Chambre considère que cet autofinancement devient négatif dès 2022.
La CTM conteste cette interprétation et considère qu’il reste positif jusqu’en 2024 selon certains indicateurs.
Mais ses propres données montrent malgré tout une forte détérioration : une fois le remboursement du capital de la dette pris en compte, sa capacité financière tombe à -9 millions d’euros en 2023 puis -38,3 millions en 2024.
Sur le diagnostic général, les deux parties se rejoignent donc : la situation nécessite un redressement.
Quelles conséquences pour la Martinique ?
C’est probablement la question la plus importante. Une collectivité très endettée et disposant de moins d’autofinancement ne fait pas nécessairement face à une faillite imminente. Mais elle dispose de moins de liberté pour investir.
Or la CTM intervient dans de nombreux domaines essentiels à la Martinique : routes, transports, lycées, développement économique, culture, sport, environnement, aménagement du territoire ou encore accompagnement de certains projets communaux.
Plus les remboursements d’emprunts et les dépenses courantes absorbent ses ressources, plus il devient difficile de multiplier les nouveaux projets sans augmenter les recettes, réduire certaines dépenses ou contracter de nouvelles dettes.
C’est précisément pourquoi la Chambre demande à la CTM de ne pas programmer davantage d’investissements qu’elle n’est réellement capable de financer.
La CTM commence à réduire la voilure
L’exécutif territorial affirme avoir déjà engagé un plan d’économies et d’amélioration des recettes. Au 30 juin 2026, près de 75 millions d’euros de mesures avaient été mises en œuvre. Mais leur effet financier réellement durable est évalué par la CTM elle-même à environ 26,4 millions d’euros.
D’autres mesures représentant 20,8 millions sont encore en cours. La Collectivité reconnaît cependant qu’un effort supplémentaire sera nécessaire et prépare déjà un deuxième plan de redressement.
Elle a parallèlement revu ses ambitions pour 2026 : l’autorisation d’emprunt a été ramenée de 165 à 109,8 millions d’euros, tandis que les emprunts effectivement mobilisables cette année ont été plafonnés à 80 millions.
Les investissements prévus ont également été réduits de 40,2 millions d’euros, hors fonds européens.
Quinze recommandations et un rendez-vous le 24 septembre
La Chambre régionale des comptes adresse finalement 15 recommandations à la CTM. Elles portent notamment sur la fiabilisation des comptes et du patrimoine, les provisions, la prise en compte des dettes, la trésorerie, les délais de paiement, les fonds européens et une meilleure programmation des investissements.
La CTM affirme qu’elle mettra en œuvre l’ensemble de ces recommandations.
Le prochain rendez-vous sera politique : le rapport et la réponse de l’exécutif doivent être débattus le 24 septembre devant l’Assemblée de Martinique.
TRINIDAD ET TOBAGO ET LE VENEZUELA TENTENT DE TOURNER LA PAGE APRÈS DES MOIS DE TENSIONS - Actu 3
Il y a moins d’un an, leurs relations étaient au plus bas. Aujourd’hui, Trinité-et-Tobago et le Venezuela tentent de reconstruire leur coopération, avec un enjeu majeur derrière ce rapprochement : le gaz.
Début septembre, le ministre trinidadien des Affaires étrangères et de la CARICOM, Sean Sobers, s’est rendu à Caracas. Les deux gouvernements ont annoncé vouloir ouvrir une « nouvelle ère » dans leurs relations et établir une feuille de route commune dans plusieurs domaines : commerce, énergie, agriculture, environnement, culture et sécurité.
Comment les deux voisins en sont-ils arrivés là ?
Trinidad et Tobago et le Venezuela ne sont séparés que par une dizaine de kilomètres à leur point le plus proche. Les deux pays partagent donc naturellement des enjeux migratoires, sécuritaires et surtout énergétiques.
Mais leurs relations se sont brutalement détériorées à l’automne 2025.
La Première ministre trinidadienne Kamla Persad-Bissessar avait affiché son soutien au renforcement de la présence militaire américaine dans la Caraïbe et aux opérations américaines contre des embarcations présentées par Washington comme liées au narcotrafic.
Caracas accusait au contraire les États-Unis de préparer une intervention contre le gouvernement de Nicolás Maduro et reprochait à Port of Spain de permettre à son territoire d’être utilisé par Washington.
En octobre 2025, l’Assemblée nationale vénézuélienne est même allée jusqu’à déclarer Kamla Persad-Bissessar « persona non grata ». Le gouvernement Maduro avait parallèlement suspendu sa coopération énergétique avec Trinité-et-Tobago.
Pourquoi le gaz est-il si important ?
C’est ici que les intérêts économiques reprennent le dessus. Trinitdad et Tobago possède l’une des industries gazières les plus développées de la Caraïbe, avec des infrastructures permettant de produire du gaz naturel liquéfié (GNL), de l’ammoniac et du méthanol.
Mais le pays est confronté depuis plusieurs années à une baisse de sa production nationale de gaz, ce qui fragilise ses installations pétrochimiques.
Juste de l’autre côté de la frontière maritime se trouvent pourtant d’importantes réserves vénézuéliennes.
Le champ Dragon, situé dans les eaux du Venezuela à proximité de Trinité-et-Tobago, est donc stratégique : son gaz pourrait être acheminé vers les infrastructures trinidadiennes plutôt que de construire toute une nouvelle industrie côté vénézuélien.
Le projet, auquel Shell est associé, a cependant été régulièrement retardé par les sanctions américaines et les tensions politiques entre Caracas et Port of Spain.
De « nous n’avons pas besoin du Venezuela » au rapprochement
La rapidité du changement est particulièrement intéressante. Lorsque Caracas avait suspendu les accords énergétiques en octobre 2025, Persad-Bissessar affirmait encore que l’avenir de Trinidad-et-Tobago ne dépendait pas du gaz vénézuélien.
Moins d’un an plus tard, son gouvernement cherche désormais à rétablir une coopération énergétique avec son voisin.
La visite de Sean Sobers à Caracas le 3 septembre a officiellement marqué ce tournant. Dans leur déclaration commune, les deux pays parlent d’un « nouveau chapitre » et reconnaissent explicitement l’énergie comme l’un des domaines prioritaires de leur future coopération.
Cela ne signifie pas que tous les désaccords ont disparu. Certains observateurs trinidadiens ont notamment souligné que Sobers n’avait pas rencontré directement Delcy Rodríguez pendant sa visite à Caracas, signe selon eux que la normalisation reste encore fragile.
Une rencontre au plus haut niveau pourrait maintenant suivre
La prochaine étape pourrait être beaucoup plus symbolique. Kamla Persad-Bissessar a indiqué qu’une rencontre avec la présidente par intérim vénézuélienne Delcy Rodríguez était envisagée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, autour du 25 septembre.
Elle a toutefois précisé que la rencontre n’était pas encore garantie. Si elle se concrétise, l’image serait forte : moins d’un an après avoir été déclarée persona non grata par le Parlement vénézuélien, la Première ministre trinidadienne se retrouverait directement face à la dirigeante du Venezuela pour tenter de reconstruire les relations entre les deux voisins.
Pour Trinidad-et-Tobago, l’intérêt est largement énergétique : obtenir davantage de gaz pour alimenter une industrie qui manque de matière première.
Pour Caracas, le rapprochement permet de renouer avec l’un de ses voisins les plus proches et de réintégrer progressivement les circuits énergétiques caribéens.
Après plusieurs mois de confrontation politique, la géographie et les intérêts économiques semblent donc pousser les deux pays à se reparler.
LES ÉMIRATS ARABES UNIS ACCORDENT 10 MILLIONS DE DOLLARS D’AIDE HUMANITAIRE À HAÏTI - Actu 4
Les Émirats arabes unis vont débloquer 10 millions de dollars d’aide humanitaire d’urgence pour Haïti, alors que la crise provoquée par les violences et les déplacements de population continue de s’aggraver. L’annonce a été faite le 12 septembre sous les directives du président émirati Mohamed ben Zayed Al Nahyane.
L’aide sera distribuée par le Croissant-Rouge des Émirats et doit notamment financer des denrées alimentaires, des abris, des médicaments et du matériel médical, ainsi que des programmes d’accès à l’eau, d’assainissement et d’hygiène. Les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les populations les plus vulnérables seront prioritaires.
Cette enveloppe intervient alors que plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées en Haïti, dont environ la moitié sont des enfants, tandis que des millions d’Haïtiens restent confrontés à l’insécurité alimentaire.
Les Émirats indiquent que l’aide sera déployée avec des organisations internationales et des partenaires humanitaires afin de déterminer les zones et les besoins prioritaires. Une première phase doit se concentrer sur l’alimentation, les abris, la santé, l’eau et l’assainissement.
LE TOURISME FRANÇAIS PROGRESSE DE 14 % EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE - Actu 5
La République dominicaine continue de séduire les voyageurs français. Entre janvier et août 2026, 112 056 touristes français ont visité le pays, soit une progression de 14,3 % par rapport à la même période en 2025. La France représente désormais le neuvième marché touristique de la destination.
Cette progression s’inscrit dans une relation touristique déjà ancienne. Depuis plusieurs années, la République dominicaine fait partie des destinations caribéennes les plus importantes pour le marché français, portée notamment par Punta Cana, ses complexes hôteliers, ses plages et une offre importante de séjours organisés.
Le pays cherche désormais à renforcer encore cette présence. À l’occasion du salon professionnel IFTM Top Resa à Paris, les autorités dominicaines multiplient les rencontres avec les voyagistes, compagnies aériennes et professionnels français afin d’augmenter les arrivées européennes.
L’un des principaux enjeux concerne justement les liaisons aériennes. Air France doit relancer une liaison directe entre Paris-Charles-de-Gaulle et Punta Cana à partir du 30 novembre 2026, avec trois vols par semaine pendant la saison hivernale 2026-2027.
Cette connexion pourrait faciliter l’accès à la destination et soutenir davantage le marché français, alors que la République dominicaine connaît plus largement une période de forte croissance touristique.
En 2025, le pays avait déjà accueilli 132 747 visiteurs résidant en France. Avec une hausse de plus de 14 % enregistrée sur les huit premiers mois de 2026, la France confirme donc son importance pour une destination dominicaine qui cherche désormais à attirer toujours davantage de voyageurs européens.
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