OUTRE-MER : LE SÉNAT ADOPTE UN TEXTE POUR DÉBLOQUER DES MILLIERS DE PROPRIÉTÉS FONCIÈRES - ACTU 1
Successions jamais réglées, terrains appartenant à des dizaines d’héritiers, absence de titres de propriété : le Sénat souhaite simplifier les démarches foncières dans les Outre-mer. Un problème ancien qui freine notamment le logement et l’agriculture.
Le mardi 3 novembre 2026, le Sénat français a adopté une proposition de loi visant à lutter contre les désordres fonciers dans les territoires ultramarins.
Porté notamment par le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel, ce texte cherche à résoudre des situations parfois bloquées depuis plusieurs générations.
En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion ou encore à Mayotte, de nombreuses familles rencontrent des difficultés pour prouver leur propriété, partager un héritage ou vendre un terrain.
Pourquoi autant de terrains sont-ils bloqués ?
Le problème trouve notamment ses origines dans l’histoire foncière des territoires ultramarins, marquée par la colonisation, les inégalités d’accès à la terre et des transmissions familiales parfois réalisées sans formalités notariales.
Au fil des générations, certaines successions n’ont jamais été officiellement réglées.
Une maison ayant appartenu à des grands-parents peut ainsi revenir à plusieurs enfants, puis à leurs propres descendants. Après plusieurs décennies, le même terrain peut appartenir juridiquement à plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine d’héritiers.
C’est ce qu’on appelle l’indivision successorale : plusieurs personnes détiennent des droits sur un même bien, sans que celui-ci ait été partagé.
La situation se complique lorsque certains héritiers vivent à l’étranger, sont décédés ou ne peuvent plus être retrouvés.
À cela s’ajoutent les coûts des démarches notariales, les difficultés d’accès aux archives et l’absence de titres de propriété clairement établis.
Un problème particulièrement important en Martinique
Selon les données présentées par le Sénat, 34 % des parcelles privées martiniquaises sont en indivision.
Parmi elles, environ 30 % comptent plus de trois propriétaires. Ces situations ont des conséquences directes sur la vie quotidienne.
Une famille peut occuper une maison depuis plusieurs générations sans pouvoir facilement la vendre ou obtenir les autorisations nécessaires à certains projets.
Des terrains constructibles restent inutilisés, alors que les besoins en logements sont importants.
Dans le secteur agricole, des parcelles peuvent également rester en friche faute d’accord entre les héritiers pour les exploiter ou les louer.
Quelles solutions prévoit le texte ?
La proposition de loi vise notamment à faciliter les procédures de succession et de partage des biens.
Elle prévoit de simplifier l’identification des héritiers, de faciliter certaines ventes et de renforcer l’accompagnement des familles par les collectivités.
Des mesures fiscales doivent également encourager la régularisation des propriétés et la transmission des patrimoines.
Le Sénat a cependant retiré plusieurs dispositions initialement proposées.
Il a notamment refusé de réduire de dix à cinq ans le délai permettant de bénéficier de certaines procédures simplifiées, en raison de risques juridiques.
Les sénateurs ont également supprimé une mesure qui aurait permis à l’État de récupérer temporairement l’usufruit de certains logements vacants pour les réhabiliter, estimant qu’elle pouvait porter atteinte au droit de propriété.
Des lois existaient déjà depuis 2018
Ce n’est pas la première fois que le Parlement tente de résoudre ces difficultés.
En 2018, la loi Letchimy, portée par l’élu martiniquais Serge Letchimy, avait déjà créé une procédure facilitant la sortie de l’indivision successorale dans plusieurs territoires ultramarins.
Elle permet, sous certaines conditions, de vendre ou de partager un bien sans obtenir systématiquement l’accord unanime de tous les héritiers.
Ce dispositif a été prolongé en 2024 jusqu’en 2038. Mais son utilisation reste limitée, selon les rapports parlementaires, notamment en raison de la complexité des dossiers et des difficultés à retrouver les ayants droit.
La nouvelle proposition de loi cherche donc à rendre ces outils plus efficaces.
CHARLES III TERMINE SA TOURNÉE CARIBÉENNE : UNE AVANCÉE SUR LES RÉPARATIONS POUR L’ESCLAVAGE - ACTU 2
Après neuf jours aux Bahamas, au Guyana et à Antigua-et-Barbuda, le roi britannique a achevé sa première tournée caribéenne depuis son accession au trône. Le voyage a été marqué par les revendications liées à l’esclavage et par un engagement inédit du Royaume-Uni à ouvrir des discussions sur la justice réparatrice.
Le roi Charles III a terminé, mercredi 4 novembre 2026, sa tournée de neuf jours dans la Caraïbe, accompagné de la reine Camilla lors de sa dernière étape à Antigua-et-Barbuda.
Depuis son arrivée aux Bahamas le 27 octobre, le souverain a multiplié les rencontres consacrées à la jeunesse, à l’environnement et aux relations entre le Royaume-Uni et les États caribéens.
Mais ce déplacement a surtout remis au centre de l’actualité une question historique : les réparations demandées par plusieurs pays caribéens pour l’esclavage et la colonisation britanniques.
Des revendications présentes tout au long du voyage
Aux Bahamas, première étape de sa tournée, Charles III a reconnu les souffrances et les injustices du passé colonial.
Ses déclarations ont toutefois été accompagnées de manifestations réclamant des excuses officielles et des réparations.
Au Guyana, deuxième étape, le souverain a rencontré le président Irfaan Ali et participé à plusieurs événements consacrés à la biodiversité, à la protection des forêts et aux communautés autochtones.
Le président guyanien avait également appelé à une approche des réparations permettant de financer le développement des pays historiquement touchés par l’esclavage.
Charles III exprime ses regrets, mais ne présente pas d’excuses officielles
Le 3 novembre, à Antigua-et-Barbuda, Charles III a ouvert le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, organisation réunissant 56 États membres.
Dans son discours, le souverain a qualifié la traite transatlantique d’épisode honteux de l’histoire et exprimé sa profonde tristesse face aux souffrances infligées aux populations réduites en esclavage.
Il a reconnu que cet héritage continuait de peser sur les sociétés caribéennes.
Cependant, Charles III n’a pas présenté d’excuses officielles au nom de la monarchie britannique, comme le réclament plusieurs gouvernements et organisations de la région.
Pour les défenseurs de la justice réparatrice, cette reconnaissance constitue un geste symbolique, mais elle ne répond pas entièrement aux revendications historiques.
Londres accepte d’ouvrir un dialogue sur les réparations
C’est finalement du côté du gouvernement britannique qu’est venue la principale évolution diplomatique.
À l’issue du sommet du Commonwealth, le Royaume-Uni a accepté de participer à un dialogue structuré et encadré dans le temps avec les parties concernées par la traite transatlantique et ses conséquences historiques.
Cet engagement figure dans le communiqué final adopté par les dirigeants réunis à Antigua-et-Barbuda.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’est déclaré ouvert à la possibilité d’excuses officielles pour le rôle du Royaume-Uni dans l’esclavage.
En revanche, Londres continue d’exclure le versement de réparations financières directes.
Les discussions pourraient notamment porter sur d’autres formes de coopération et de soutien au développement.
Pour les pays caribéens, l’ouverture de ce dialogue représente une étape diplomatique, mais pas encore un accord sur les réparations elles-mêmes.
Un débat qui dépasse la question financière
La CARICOM défend depuis plusieurs années un plan en dix points pour la justice réparatrice.
Celui-ci prévoit notamment des excuses officielles, des programmes de santé et d’éducation, des transferts de technologies et des mesures destinées à corriger les conséquences économiques et sociales de l’esclavage.
Les revendications concernent également les inégalités de développement héritées de la période coloniale.
La tournée de Charles III a par ailleurs rappelé que plusieurs pays caribéens continuent de s’interroger sur leurs liens avec la monarchie britannique.
Les Bahamas et Antigua-et-Barbuda reconnaissent toujours Charles III comme chef d’État, contrairement au Guyana, devenu une république en 1970.
Quel bilan pour cette tournée ?
Au-delà des questions historiques, le sommet du Commonwealth s’est achevé sur l’annonce d’environ 500 millions de dollars américains de nouveaux engagements dans plusieurs domaines, notamment les énergies renouvelables, la formation des jeunes et le développement économique.
Mais pour les pays caribéens engagés dans la lutte pour la justice réparatrice, la principale avancée reste l’acceptation britannique d’un dialogue officiel.
HAÏTI : PLUS DE 2 000 SOLDATS SALVADORIENS DÉPLOYÉS, NAYIB BUKELE DÉFIE LES GANGS - ACTU 3
Parti à la recherche de quatre militaires disparus, le président salvadorien a lancé une intervention d’une ampleur exceptionnelle en Haïti. Alors qu’une partie de la population accueille favorablement cette offensive, les gangs demandent une médiation et l’ONU s’interroge sur le cadre de l’opération.
L’intervention du Salvador en Haïti prend une tournure inattendue. Depuis la disparition de quatre techniciens militaires salvadoriens, le 18 octobre 2026, après une embuscade près de Port-au-Prince, le président Nayib Bukele a envoyé plus de 2 000 soldats sur le territoire haïtien.
Une opération officiellement destinée à retrouver ses ressortissants, mais dont l’ampleur dépasse largement celle d’une mission de recherche classique.
Les quatre militaires appartenaient à la Force de répression des gangs (FRG), une mission internationale soutenue par les Nations unies pour aider Haïti à reprendre le contrôle des territoires dominés par les groupes armés.
Le 3 novembre, la Police nationale d’Haïti a annoncé avoir retrouvé leur véhicule blindé incendié dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets. En revanche, les quatre hommes restent introuvables.
Nayib Bukele s’adresse directement aux Haïtiens en créole
Le 29 octobre, Nayib Bukele a publié sur le réseau X un long message rédigé en créole haïtien, une initiative remarquée dans le pays.
Le président salvadorien a cherché à rassurer la population, affirmant que son intervention ne constituait pas une invasion et que le Salvador ne cherchait ni à contrôler Haïti ni à s’approprier ses ressources.
Il a expliqué que son objectif était de retrouver ses quatre compatriotes, tout en promettant de combattre les gangs qui terrorisent les habitants.
Selon Bukele, le Salvador prend en charge environ 90 % du coût de l’opération, avec une aide logistique limitée d’autres pays.
Le chef de l’État a également multiplié les vidéos montrant ses soldats, des véhicules blindés et des hélicoptères engagés dans les opérations.
Le 4 novembre, il a de nouveau défié les groupes armés, affichant sa volonté de les affronter directement.
Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité de sa politique sécuritaire au Salvador, où une vaste campagne contre les gangs a entraîné une chute importante des homicides, mais également des accusations de violations des droits humains et de détentions arbitraires.
Un chef de gang réclame désormais l’intervention de l’ONU
Face à cette intensification militaire, certains groupes armés semblent chercher une issue négociée.
Wilson Joseph, surnommé « Lanmò Sanjou », chef du gang 400 Mawozo, a annoncé avoir adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies pour demander l’envoi d’une délégation chargée d’engager un dialogue.
Le chef de gang affirme craindre une multiplication des victimes civiles lors des opérations militaires, notamment des frappes de drones.
Il s’est déclaré disposé à participer à des discussions et à déposer les armes, sans préciser les conditions qu’il exigerait en échange.
Il a également affirmé que les quatre Salvadoriens disparus étaient morts. Mais aucune preuve n’a été présentée pour confirmer cette déclaration, contestée par les autorités salvadoriennes, qui poursuivent les recherches.
Les Nations unies ont confirmé avoir reçu la lettre, tout en précisant que cela ne signifiait pas qu’elles approuvaient son contenu ou acceptaient d’ouvrir des négociations.
Une partie de la population haïtienne soutient Bukele
L’arrivée des soldats salvadoriens suscite également de nombreuses réactions en Haïti.
À Port-au-Prince, plusieurs habitants interrogés par les médias ont exprimé leur soutien à Nayib Bukele, espérant que son intervention puisse contribuer à rétablir la sécurité.
Depuis plusieurs années, les groupes armés contrôlent une grande partie de la capitale, provoquant déplacements forcés, enlèvements, violences sexuelles et paralysie de nombreuses activités économiques.
Pour certains Haïtiens, le président salvadorien représente une possibilité de changement après les résultats limités des précédentes missions internationales.
Son bilan sécuritaire au Salvador contribue à cette popularité.
Mais toutes les réactions ne sont pas favorables. Certains habitants et observateurs redoutent une intervention étrangère durable qui pourrait remettre en question la souveraineté haïtienne.
D’autres soulignent les différences entre les deux pays, notamment la faiblesse des institutions haïtiennes, l’ampleur du contrôle territorial des gangs et les risques encourus par les civils.
Donald Trump aurait donné son accord à Bukele
L’intervention salvadorienne soulève aussi la question du rôle des États-Unis. Selon une enquête du média américain Axios, publiée le 30 octobre, Nayib Bukele aurait personnellement contacté Donald Trump avant l’intensification du déploiement.
Le président américain lui aurait fait savoir qu’il ne s’opposait pas à son intervention.
Cette information, attribuée à des sources informées de leur échange, suggère un soutien politique américain.
Le Pentagone a également confirmé avoir fourni un soutien logistique au transport de militaires salvadoriens vers Haïti.
Ce rapprochement n’est pas nouveau. Bukele entretient des relations étroites avec l’administration Trump, notamment sur les questions migratoires et sécuritaires.
Toutefois, un accord politique de Washington ne constitue pas une autorisation internationale. La présence de forces étrangères sur le territoire haïtien dépend notamment du consentement des autorités haïtiennes et du respect du droit international.
Une opération qui interroge l’ONU
C’est l’une des principales particularités de cette intervention. Alors que le Salvador participait déjà à la Force de répression des gangs soutenue par l’ONU, les nouveaux soldats envoyés par Bukele ne sont pas tous intégrés à cette mission.
Selon les Nations unies, environ 200 militaires salvadoriens relèvent de la FRG, tandis que les renforts déployés récemment opèrent en dehors de son dispositif.
La distinction est importante. Le gouvernement haïtien affirme que les opérations étrangères se déroulent sous l’autorité nationale et que les forces internationales ne se substituent pas à l’État.
Mais le commandement exact des soldats salvadoriens, leurs règles d’engagement et la durée de leur présence restent insuffisamment précisés publiquement.
L’ONU rappelle que toutes les opérations doivent respecter le droit international, notamment les règles relatives à la protection des civils.
Pour plusieurs spécialistes, l’arrivée aussi rapide de milliers de militaires étrangers, parallèlement à une mission internationale déjà existante, crée une situation inhabituelle qui pourrait compliquer la coordination sécuritaire.
Une offensive qui pourrait changer la situation, mais à quelles conditions ?
Depuis le déploiement salvadorien, les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs secteurs de Port-au-Prince et de sa périphérie.
Des opérations conjointes ont été menées avec les forces haïtiennes, tandis que Nayib Bukele multiplie les déclarations annonçant sa volonté de combattre les groupes criminels.
Mais le sauvetage des quatre militaires disparus n’a toujours pas abouti.
L’intervention soulève désormais des questions qui dépassent cet objectif initial : combien de temps les troupes salvadoriennes resteront-elles en Haïti ? Quel sera leur rôle dans la lutte contre les gangs ? Et comment seront-elles coordonnées avec les forces haïtiennes et la mission internationale ?
Pour une population épuisée par des années de violences, l’espoir d’un retour à la sécurité est considérable.
GUYANE : LES FRAIS DE TENUE DE COMPTE BANCAIRE ONT AUGMENTÉ DE 56 % DEPUIS 2018 - ACTU 4
En huit ans, les frais annuels de tenue de compte sont passés de 17,23 € à 26,97 € en Guyane. Selon les données de l’IEDOM, les habitants paient désormais ce service environ 20 % plus cher que dans l’Hexagone.
Le coût des services bancaires continue de progresser en Guyane.
Selon les chiffres de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), relayés par le média Cap’infos le 4 novembre 2026, les frais annuels de tenue de compte bancaire ont augmenté de 56 % entre 2018 et 2026.
En 2018, ces frais s’élevaient en moyenne à 17,23 € par an. Ils ont atteint 21,99 € en 2022, puis 25,57 € en 2025 et 26,97 € en avril 2026.
Les frais de tenue de compte correspondent aux sommes facturées par certaines banques pour la gestion administrative d’un compte courant, indépendamment des éventuels frais liés aux cartes bancaires ou aux incidents de paiement.
Des services bancaires plus chers que dans l’Hexagone
La comparaison avec la France hexagonale révèle des différences importantes. En avril 2026, les frais moyens de tenue de compte s’élevaient à 22,39 € par an dans l’Hexagone, contre 26,97 € en Guyane.
Les clients guyanais paient donc en moyenne 4,58 € supplémentaires, soit environ 20 % de plus pour ce service. Et l’écart ne concerne pas uniquement la tenue de compte.
Une carte bancaire à autorisation systématique coûte en moyenne 36,18 € par an en Guyane, contre environ 29 € dans l’Hexagone.
Les commissions d’intervention, prélevées lors de certaines irrégularités sur un compte, atteignent également 7,98 € en Guyane, contre 6,45 € dans l’Hexagone.
Ces différences peuvent s’additionner pour les clients qui utilisent plusieurs services payants.
La Guadeloupe et la Martinique également concernées
La Guyane n’est pas le seul territoire ultramarin où les services bancaires sont plus chers.
En avril 2026, les frais annuels moyens de tenue de compte atteignent 28,41 € en Guadeloupe et 28,06 € en Martinique.
Les deux territoires affichent donc des tarifs légèrement supérieurs à ceux de la Guyane.
Plus généralement, l’IEDOM constate que plusieurs services bancaires courants demeurent plus coûteux dans les départements ultramarins que dans l’Hexagone.
Cette situation intervient dans des territoires où les ménages doivent déjà faire face à des prix élevés pour de nombreux produits et services du quotidien.
Les banques ont-elles le droit de pratiquer ces écarts ?
La réglementation prévoit pourtant un encadrement des tarifs bancaires dans les départements d’outre-mer.
Les établissements concernés ne doivent pas pratiquer des tarifs moyens supérieurs à ceux de leurs propres réseaux dans l’Hexagone.
Cependant, cette règle ne signifie pas que la moyenne de l’ensemble des banques guyanaises doit obligatoirement être identique à la moyenne nationale.
Les comparaisons de l’IEDOM font apparaître des différences entre les territoires, mais elles ne suffisent donc pas, à elles seules, à démontrer une infraction à la réglementation.
Des concertations sont également organisées entre les représentants de l’État, l’IEDOM et les établissements bancaires afin de favoriser une modération des tarifs.
Une hausse qui interroge sur le coût de la vie
En Guyane, les frais annuels de tenue de compte ont encore progressé de 5,48 % entre avril 2025 et avril 2026, soit la plus forte hausse observée parmi les territoires ultramarins étudiés.
Il faut néanmoins préciser que l’augmentation de 56 % concerne uniquement les frais de tenue de compte, et non l’ensemble des tarifs bancaires.
L’étude de l’IEDOM porte également sur les services destinés aux particuliers. Elle ne permet donc pas de tirer les mêmes conclusions concernant les frais supportés par les entreprises et les professionnels.
GUADELOUPE : LA MINISTRE DES OUTRE-MER EN VISITE SUR FOND DE TENSIONS SOCIALES -ACTU 5
Après trois jours en Guadeloupe, du 4 au 6 novembre, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a achevé son déplacement en Guadeloupe.
Sa visite intervenait près de trois semaines après le début des mobilisations du collectif « Nou Las Palé », qui avait multiplié les barrages routiers pour dénoncer la vie chère, les prix des carburants et les problèmes d’accès à l’eau.
La ministre a rencontré des élus, des lycéens, des associations d’usagers de l’eau et des représentants économiques. Mais un événement a particulièrement retenu l’attention : sa confrontation directe avec les revendications du collectif.
« Nou Las Palé » obtient un échange, mais pas avec la ministre
Le jeudi 5 novembre, lors d’un déplacement à Pointe-à-Pitre, Naïma Moutchou a été interpellée par plusieurs membres de « Nou Las Palé », dont Ludovic Tolassy.
Le collectif, qui dénonçait depuis plusieurs semaines les difficultés de dialogue avec la préfecture, a demandé à être officiellement reçu.
La ministre s’est montrée ouverte à une rencontre. Mais le vendredi 6 novembre, les représentants du mouvement ont finalement échangé pendant une trentaine de minutes avec un membre de la délégation ministérielle, et non directement avec Naïma Moutchou.
À l’issue de cette réunion, Ludovic Tolassy a regretté l’absence de propositions concrètes.
Selon lui, aucune baisse des prix des carburants n’a été annoncée et aucun nouveau financement majeur n’a été confirmé pour rénover les réseaux d’eau.
Le collectif considère donc que les discussions n’ont pas permis de répondre à ses revendications.
Ses représentants ont également dénoncé les convocations judiciaires visant certains membres du mouvement et appelé les Guadeloupéens à poursuivre la mobilisation.
Eau potable : un plan de réparation annoncé
La crise de l’eau a constitué l’un des principaux dossiers de la visite. Le 5 novembre, Naïma Moutchou s’est rendue à l’usine de production de Deshauteurs, à Sainte-Anne, où elle a rencontré des responsables locaux et des associations d’usagers.
La ministre a reconnu que les difficultés d’approvisionnement restaient inacceptables, malgré les financements publics déjà mobilisés.
Selon les estimations évoquées pendant son déplacement, près de 60 % de l’eau serait perdue à cause des fuites sur le réseau.
Le 6 novembre, sur RCI, elle a annoncé vouloir lancer un plan de réparation dans les prochaines semaines, en s’appuyant notamment sur les propositions déjà adoptées par les élus guadeloupéens.
Le président du Conseil départemental, Guy Losbar, a rappelé que le Département mobilisait 150 millions d’euros pour un plan d’urgence, dont les premiers travaux doivent débuter en novembre.
Mais il demande également à l’État de s’engager davantage dans la rénovation complète du réseau, dont les besoins sont évalués à plus de 2 milliards d’euros.
À ce stade, aucun engagement financier de l’État couvrant l’ensemble de ces travaux n’a été annoncé.
Vie chère : des pistes, mais pas de baisse immédiate des prix
Sur la vie chère, la ministre a reconnu les difficultés rencontrées par les familles pour faire face aux dépenses quotidiennes.
Elle a notamment annoncé vouloir élargir le Bouclier qualité-prix (BQP) à davantage de produits, tout en reconnaissant que ce dispositif ne permettait pas encore de faire suffisamment baisser le montant des courses.
Le gouvernement travaille également sur un projet de loi portant notamment sur les marges commerciales, les frais de transport des marchandises, les billets d’avion et les frais bancaires.
La ministre a aussi évoqué le développement de la production locale et des échanges avec les pays voisins de la Caraïbe pour réduire la dépendance aux importations.
Mais concernant les carburants, l’une des principales revendications de « Nou Las Palé », aucune baisse immédiate n’a été annoncée.
Guy Losbar a notamment demandé à l’État d’étudier un blocage exceptionnel des prix, de revoir les marges de la SARA et d’envisager des approvisionnements auprès de pays voisins. Il s’agit toutefois de demandes du Département, et non de décisions gouvernementales.
Les entreprises dénoncent les conséquences des blocages
L’éventualité d’une rencontre entre la ministre et « Nou Las Palé » a également provoqué des réactions parmi les organisations patronales.
L’UDE-MEDEF Guadeloupe et Entrepreneurs de Guadeloupe ont dénoncé le risque de donner une légitimité aux blocages, alors que des entreprises ont subi des pertes d’activité, des dégradations et des pillages.
Les organisations demandent que les commerçants et salariés touchés par les troubles soient également entendus et accompagnés.
Le gouvernement a évoqué des aides aux entreprises sinistrées, notamment des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros.
Ces dispositifs doivent soutenir leur activité, mais ils ne répondent pas directement aux revendications du collectif sur le pouvoir d’achat.
Lycéens et sécurité : des engagements à concrétiser
La ministre a également rencontré les représentants lycéens après les mobilisations d’octobre, qui dénonçaient notamment la chaleur dans les salles, l’état des bâtiments et les difficultés d’organisation des journées scolaires.
Naïma Moutchou a évoqué la mise à disposition de prêts pour accompagner la rénovation des lycées, ainsi que des mesures concernant les transports, la restauration scolaire et l’orientation.
Sur la sécurité, elle a rappelé les moyens supplémentaires prévus pour lutter contre le narcotrafic et la circulation des armes à feu, dans un territoire particulièrement touché par les violences armées.
Ces engagements devront cependant se traduire par des financements, des travaux et des résultats mesurables.
Une visite qui laisse plusieurs questions sans réponse
Au terme de son déplacement, Naïma Moutchou a affirmé vouloir être jugée sur les résultats plutôt que sur les promesses.
Mais les réactions montrent que les attentes restent importantes. Les représentants de « Nou Las Palé » regrettent l’absence de réponses immédiates sur les carburants et l’eau. Les organisations patronales demandent davantage de soutien aux entreprises touchées. Les élus souhaitent, de leur côté, des engagements financiers plus importants de l’État.
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