TENSION DIPLOMATIQUE ENTRE CUBA ET LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE - Actu 1
Une tension diplomatique inhabituelle oppose Cuba et la République dominicaine. Le 13 août, Saint-Domingue a demandé à plusieurs membres de la mission diplomatique cubaine de quitter le pays. Le gouvernement dominicain n’a toutefois pas rendu publiques les raisons précises de cette décision, tandis que La Havane affirme toujours ne pas avoir reçu d’explication satisfaisante.
Cuba soupçonne surtout une décision politique et accuse la République dominicaine de s’aligner progressivement sur la politique de Washington à l’égard de l’île. Pour l’instant, aucune preuve publique ne permet cependant d’affirmer que les États-Unis ont directement demandé l’expulsion des diplomates.
Le contexte alimente néanmoins les interrogations. Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Luis Abinader renforce considérablement sa coopération avec les États-Unis, notamment dans la sécurité, la lutte contre le narcotrafic, l’immigration et l’énergie. En juin, les deux pays ont également signé un accord ouvrant la voie à une coopération dans le nucléaire civil.
Dans le même temps, l’administration Trump a fortement durci sa politique envers Cuba, notamment à travers les sanctions économiques et la pression exercée autour des missions médicales cubaines à l’étranger. La République dominicaine avait déjà pris certaines distances avec La Havane : Luis Abinader avait notamment déclaré cette année qu’il ne considérait pas Cuba comme une démocratie.
Une autre explication circule dans la presse dominicaine : certains diplomates cubains auraient été soupçonnés d’activités de renseignement. Cette version n’a toutefois pas été officiellement confirmée par Saint-Domingue.
MALGRÉ LE BOOM PÉTROLIER, LE COÛT DE LA VIE RESTE ÉLEVÉ AU GUYANA-Actu 2
Le Guyana est devenu en quelques années l’une des économies connaissant la croissance la plus spectaculaire au monde, mais cette richesse pétrolière ne se traduit pas encore automatiquement par une amélioration équivalente du niveau de vie de toute la population.
Le contraste est particulièrement impressionnant. Le pays ne produisait pratiquement pas de pétrole il y a encore quelques années. Il extrait désormais près d’un million de barils par jour grâce aux gigantesques gisements offshore du bloc Stabroek exploités par le consortium mené par ExxonMobil.
Et la manne devrait encore augmenter. Les compagnies pétrolières ont désormais récupéré les quelque 55 milliards de dollars investis dans le développement des projets. Le mécanisme de récupération des coûts diminuant, la part de la production revenant au Guyana est passée d’environ 12,5 % initialement à près de 40 % aujourd’hui, selon le président Irfaan Ali.
Mais pourquoi la population ressent-elle encore autant la vie chère ?
Une première explication tient à la transformation extrêmement rapide de l’économie. L’arrivée du pétrole a entraîné une explosion des investissements, de la construction et de la demande, particulièrement autour de Georgetown. Des entreprises internationales, expatriés et travailleurs étrangers sont arrivés, tandis que les hôtels, bureaux et logements haut de gamme se multiplient.
Cette nouvelle demande exerce une pression sur les loyers, les terrains, les services et certains produits de consommation. Reuters relevait encore cette année le contraste entre les nouveaux hôtels et commerces haut de gamme de Georgetown et une population confrontée à l’augmentation du coût de la vie et à des salaires qui restent relativement faibles.
Deuxième problème : le Guyana importe encore une grande partie de ce qu’il consomme. Produire énormément de pétrole ne signifie pas produire davantage de nourriture, de médicaments, de machines ou de produits manufacturés. Les prix restent donc sensibles aux coûts internationaux du transport, du carburant et des importations.
Le gouvernement tente justement de limiter cette transmission des prix internationaux. Dans son budget 2026, il a maintenu à 0 % les droits d’accise sur les produits pétroliers, prolongé la réduction de la valeur utilisée pour calculer certains coûts de fret et réservé 9 milliards de dollars guyaniens supplémentaires aux mesures contre la vie chère. Des aides aux familles et aux enfants ont également été renforcées.
Mais Irfaan Ali reconnaît désormais qu’injecter toujours plus d’argent dans les ménages ne peut pas constituer l’unique réponse. Car si l’offre de logements, de nourriture, d’électricité ou de transports ne progresse pas suffisamment vite, davantage d’argent en circulation peut simplement alimenter la demande sans résoudre les causes structurelles de la hausse des prix.
C’est pourquoi le gouvernement cherche parallèlement à investir dans l’agriculture, les infrastructures, les transports et l’énergie afin de réduire durablement certains coûts.
Un pays riche sur le papier, mais pas encore une population riche
C’est probablement le paradoxe le plus important du Guyana actuel. Le PIB par habitant s’est envolé grâce au pétrole, mais le PIB par habitant n’est pas le salaire moyen des Guyaniens. Une grande partie de la valeur créée provient d’un secteur pétrolier extrêmement capitalistique, employant relativement peu de personnes par rapport à son poids dans l’économie.
Les richesses pétrolières peuvent donc faire exploser les statistiques nationales sans que le revenu d’un chauffeur, d’un agriculteur, d’une caissière ou d’un enseignant augmente dans les mêmes proportions.
La pauvreté reste par ailleurs importante. Il faut néanmoins être prudent avec les chiffres : il n’existe pas encore de mesure officielle récente et incontestable permettant d’affirmer précisément quelle proportion de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Certaines estimations citées dans le débat politique guyanais vont jusqu’à environ 58 %, mais elles sont contestées et ne doivent pas être présentées comme une statistique officielle établie pour 2026.
Le constat général, lui, est beaucoup moins contesté : une partie importante de la population n’a pas encore bénéficié du boom pétrolier à la hauteur de la croissance affichée par le pays.
Le véritable défi commence maintenant
Il serait néanmoins faux de dire que l’argent du pétrole ne bénéficie absolument pas à la population. L’État finance des routes, ponts, logements, écoles, hôpitaux, aides sociales et transferts directs, tout en réduisant certaines taxes. Le budget 2026 prévoit par exemple jusqu’à 85 000 dollars guyaniens d’aides par enfant scolarisé en cumulant plusieurs dispositifs.
Mais le Guyana se trouve seulement au début d’une transformation économique qui pourrait durer plusieurs décennies.
CINQ ATHLÈTES CUBAINS FONT DÉFECTION EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE - Actu 3
Cinq sportifs cubains ont décidé de ne pas rentrer à Cuba après leur participation aux Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de Saint-Domingue 2026. Au 19 août, deux d’entre eux avaient déjà entamé des démarches pour régulariser leur situation en République dominicaine, tandis que les trois autres se trouvaient toujours dans le pays.
L’affaire est d’autant plus sensible qu’elle intervient en pleine tension diplomatique entre Cuba et la République dominicaine. Selon une enquête de la presse dominicaine, des membres des services de sécurité cubains auraient même été présents au sein ou autour de la délégation afin de surveiller les sportifs et d’empêcher de nouvelles défections. Cette information reste fondée sur des sources journalistiques et n’a pas été confirmée publiquement dans tous ses détails par La Havane.
Mais le départ de sportifs cubains lors de compétitions internationales est loin d’être nouveau. Depuis plusieurs décennies, des centaines d’athlètes ont profité de déplacements à l’étranger pour quitter Cuba. Dès les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de 1993 à Porto Rico, plusieurs dizaines de sportifs cubains avaient choisi de ne pas rentrer. Plus récemment, lors des Jeux panaméricains de Santiago du Chili en 2023, plusieurs membres de la délégation cubaine, dont des joueuses de hockey sur gazon et un athlète, avaient également quitté leur équipe.
Cela s’est également produit dans le contexte olympique : deux haltérophiles cubains avaient notamment fait défection pendant les Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Au fil des années, le phénomène a surtout touché le baseball, la boxe, l’athlétisme ou encore le judo.
Pourquoi autant de sportifs cubains partent-ils ?
Les raisons varient selon les athlètes et il serait réducteur de présenter toutes les défections comme strictement politiques. Les témoignages d’anciens sportifs cubains font néanmoins régulièrement ressortir trois facteurs : les difficultés économiques, les conditions d’entraînement et le contrôle exercé par l’État sur leur carrière.
Le système sportif cubain a longtemps permis à une île de seulement 11 millions d’habitants de devenir une puissance olympique. Mais la crise économique a considérablement dégradé les infrastructures et les moyens disponibles. D’anciennes athlètes ont notamment témoigné de salaires insuffisants, d’équipements dégradés, de difficultés à obtenir une alimentation adaptée au sport de haut niveau et d’un accès limité aux compléments et au matériel sportif.
S’ajoute une différence considérable avec ce que certains sportifs découvrent à l’étranger. Dans des disciplines très lucratives comme le baseball, quitter Cuba peut permettre d’accéder aux championnats professionnels, aux contrats commerciaux et à des revenus sans commune mesure avec ceux disponibles sur l’île. Des sportifs ayant quitté Cuba ont ainsi expliqué être partis autant pour améliorer leur situation économique et celle de leur famille que pour disposer de davantage de liberté dans la gestion de leur carrière.
Le phénomène constitue donc depuis longtemps l’un des paradoxes du sport cubain : Cuba continue de produire des athlètes de très haut niveau grâce à une tradition sportive et un système de formation reconnus, mais éprouve de plus en plus de difficultés à conserver certains de ses meilleurs talents.
EUZHAN PALCY AU JURY DU FESTIVAL DU CINÉMA AMÉRICAIN DE DEAUVILLE - Actu 4
Nouvelle reconnaissance pour Euzhan Palcy. La réalisatrice, scénariste et productrice martiniquaise fera partie des neuf membres du jury de la compétition officielle du 52ᵉ Festival du cinéma américain de Deauville, organisé du 4 au 13 septembre 2026. Le jury sera présidé cette année par l’acteur et réalisateur Roschdy Zem.
Créé en 1975, le festival de Deauville est l’un des principaux rendez-vous européens consacrés au cinéma américain. Il présente aussi bien de grandes productions hollywoodiennes que des films indépendants et permet notamment de mettre en lumière de nouveaux réalisateurs. Treize films seront en compétition cette année pour plusieurs récompenses, dont le Grand Prix et le Prix du Jury.
La présence d’Euzhan Palcy est loin d’être anodine. Originaire de Martinique, elle a profondément marqué l’histoire du cinéma français et international avec « Rue Cases-Nègres », sorti en 1983 et adapté du roman de Joseph Zobel. Le film, consacré à la vie dans la Martinique coloniale des années 1930, lui permet notamment de devenir la première femme noire à recevoir le César du meilleur premier film, en 1984.
Quelques années plus tard, elle franchit une nouvelle barrière aux États-Unis. Avec « Une saison blanche et sèche », consacré à l’apartheid en Afrique du Sud, elle devient en 1989 la première femme noire à réaliser un film produit par un grand studio hollywoodien. Elle dirige alors un casting comprenant Donald Sutherland, Susan Sarandon et surtout Marlon Brando, qui accepte de sortir de sa retraite pour participer au projet.
Son parcours a finalement été consacré en 2022 lorsque l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui a remis un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Elle devenait alors la première réalisatrice noire à recevoir cette distinction et la deuxième réalisatrice française après Agnès Varda.
UN GUYANAIS SACRÉ MISTER UNIVERSE 2026, PENDANT QUE LA CARAÏBE SE PRÉPARE POUR MISS WORLD - Actu 5
La Guyane s’illustre sur la scène internationale. Diego Moraes, originaire de Sinnamary, a remporté le titre de Mister Universe 2026, lors de la compétition internationale organisée en Inde. Représentant la France, le Guyanais ne repart pas avec un seul titre : il décroche également les distinctions de Mister High Fashion 2026 et Mister Universe Top Model 2026. Les résultats publiés par l’organisation confirment ces trois distinctions.
Une victoire qui intervient alors qu’un autre grand concours international vient justement de commencer : Miss World 2026, organisé au Vietnam. Les candidates sont déjà sur place et la finale est programmée le 5 septembre. Cette édition revêt un intérêt particulier pour la Caraïbe, puisque plusieurs pays et territoires de la région disposent de leur propre représentante.
Parmi elles figurent notamment la Guadeloupe, la Guyane, la République dominicaine, le Belize, Curaçao, les Îles Caïmans ou encore la Jamaïque. Deux candidates sont déjà particulièrement connues du public français : Indira Ampiot, Guadeloupéenne, Miss Guadeloupe 2022 puis Miss France 2023, représente la France, tandis qu’Audrey Ho-Wen-Tsaï, Miss Guyane 2023 et première dauphine de Miss France 2024, représente directement la Guyane. Il s’agit d’ailleurs de la première participation de la Guyane à Miss World sous sa propre bannière.
L’organisation vient également de dévoiler le fonctionnement de cette édition. Les candidates sont réparties en quatre régions : Afrique, Americas & Caribbean, Asia & Oceania et Europe. Dix candidates de chaque région accéderont au Top 40. La sélection sera ensuite réduite à un Top 20, Top 12 puis Top 6, avec à chaque étape une représentation régionale encadrée. Dans le Top 6, une place sera notamment réservée à la meilleure candidate de la zone Americas & Caribbean.
Les concours intermédiaires auront également leur importance : Top Model, Head-to-Head, Beauty With a Purpose, Multimedia, Talent et Sports peuvent permettre aux candidates de gagner directement certaines places dans la compétition. Le public disposera également d’un vote susceptible de conduire une candidate jusqu’au Top 6.
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