SAINTE-LUCIE VA ACCUEILLIR DES PERSONNES EXPULSÉES PAR LES ÉTATS-UNIS-Actu 1
Sainte-Lucie doit accueillir cette semaine six personnes expulsées des États-Unis qui ne sont pourtant pas ressortissantes de l’île. Cinq hommes et une femme constitueront le premier groupe transféré dans le cadre d’un accord négocié entre Castries et Washington. Jusqu’à 10 personnes tous les trois mois pendant deux ans pourraient être accueillies, soit un maximum théorique de 80 personnes.
Il ne s’agit pas de Sainte-Luciens expulsés vers leur pays, mais de « ressortissants de pays tiers » : des étrangers que les États-Unis souhaitent expulser et qu’un autre État accepte de recevoir. Selon le ministre des Affaires étrangères Alva Baptiste, les six premiers arrivants ne sont pas des criminels et sont concernés en raison de leur situation migratoire irrégulière aux États-Unis. Ils ne seront pas détenus à leur arrivée.
Mais l’accord provoque désormais une vive réaction de l’opposition saint-lucienne. Le United Workers Party (UWP), dirigé par l’ancien Premier ministre Allen Chastanet, réclame davantage de transparence et estime que le gouvernement n’a pas suffisamment expliqué les garanties entourant l’accueil de ces personnes.
L’opposition s’interroge notamment sur les contrôles de sécurité effectués par les États-Unis. Le sénateur UWP Elisha Norbert demande par exemple comment Sainte-Lucie peut être certaine qu’une personne présentée comme n’ayant pas de casier judiciaire sérieux n’a pas bénéficié auparavant d’un effacement de condamnation. Autrement dit, l’opposition ne se contente pas de la garantie américaine selon laquelle les personnes transférées ne sont pas des criminels.
Le UWP demande également davantage d’informations sur leur statut juridique, leur hébergement, leur surveillance éventuelle, leur intégration et surtout le financement du dispositif. Ces interrogations sont d’autant plus importantes que le gouvernement reconnaît lui-même que certains aspects pratiques et juridiques doivent encore être réglés.
La polémique n’est d’ailleurs pas nouvelle. Dès janvier 2026, lorsque le gouvernement de Philip J. Pierre avait annoncé un mémorandum avec Washington, le UWP réclamait déjà des explications sur les risques sécuritaires et les conditions exactes de l’accord. Le Premier ministre avait alors assuré que Sainte-Lucie conserverait le droit de refuser les personnes présentant un casier judiciaire connu et que les informations sanitaires seraient communiquées avant leur arrivée.
L’affaire dépasse donc les six personnes attendues cette semaine. Elle pose une question plus large pour Sainte-Lucie et plusieurs petits États caribéens sollicités par Washington : pourquoi devraient-ils accueillir des personnes que les États-Unis expulsent mais qui ne sont pas leurs ressortissants, et quelles contreparties obtiennent-ils en échange ?
Pour le gouvernement saint-lucien, il s’agit d’un programme pilote limité, négocié en fonction des capacités du pays. Pour l’opposition, au contraire, les garanties et les détails communiqués à la population restent insuffisants. Et une question demeure : que se passera-t-il si certaines des personnes transférées souhaitent finalement rester durablement à Sainte-Lucie ?
LA MORT D’UN ÉTUDIANT HAÏTIEN RELANCE LE DÉBAT SUR LA POLITIQUE MIGRATOIRE AMÉRICAINE - Actu 2
La mort de Pierre Damas Bel, un étudiant haïtien de 20 ans installé dans l’Ohio, provoque une vive émotion aux États-Unis et relance le débat sur le traitement réservé aux Haïtiens depuis le durcissement de la politique migratoire américaine.
Arrivé aux États-Unis en 2024, Pierre Damas Bel venait d’être diplômé avec mention de Springfield High School. Joueur de football, ancien membre du JROTC, il avait commencé des études de neurosciences à Wright State University avec l’ambition d’intégrer ensuite une faculté de médecine.
Mais sa situation a profondément changé cet été. Après la fin des protections dont bénéficiaient des centaines de milliers d’Haïtiens, ICE, la police américaine de l’immigration, l’a placé le 29 juillet sous un programme d’« alternative à la détention » et lui a imposé un bracelet électronique GPS, alors que sa procédure migratoire se poursuivait.
Selon sa famille, le jeune homme vivait très mal cette surveillance. Son père affirme qu’il lui avait fait part de son sentiment d’humiliation. La famille et plusieurs défenseurs de la communauté haïtienne affirment également qu’il aurait subi des moqueries liées à son bracelet électronique. Wright State précise toutefois qu’elle ne dispose, à ce stade, d’aucune information confirmant officiellement des plaintes ou une enquête pour harcèlement.
Le 31 août, Pierre Damas Bel a appelé son père pour lui dire qu’il ne se sentait pas bien moralement. Quelques heures plus tard, il est mort après être entré sur l’Interstate 70 et avoir été percuté par un poids lourd. Sa famille considère sa mort comme un suicide, tandis que la police routière de l’Ohio poursuit son enquête sur les circonstances exactes du décès.
Une affaire directement liée au débat sur le TPS
Le drame intervient quelques semaines après une décision majeure concernant les Haïtiens installés aux États-Unis. Le Temporary Protected Status (TPS) permet à des ressortissants de pays confrontés à une guerre, une catastrophe ou une crise majeure de résider et travailler temporairement aux États-Unis sans être expulsés.
La Cour suprême a permis en juin à l’administration Trump de mettre fin à la protection dont bénéficiaient plus de 300 000 Haïtiens. Dans l’Ohio, certains Haïtiens concernés par la fin de leur statut ont depuis été convoqués par ICE et placés sous bracelet électronique plutôt qu’en détention pendant la poursuite de leurs procédures migratoires.
C’est précisément ce dispositif qui est aujourd’hui contesté par plusieurs associations : le bracelet est généralement associé dans l’imaginaire collectif à la surveillance de personnes condamnées ou poursuivies pénalement, alors qu’une procédure d’immigration relève du droit administratif. Dans le cas de Pierre Damas Bel, le DHS confirme qu’il n’était pas détenu et que le bracelet constituait une alternative à la détention pendant sa procédure.
Le gouvernement américain défend sa politique
Le Department of Homeland Security (DHS) adopte une position très différente de celle de la famille et des associations.
L’administration confirme avoir placé Pierre sous surveillance électronique, mais refuse d’établir un lien entre cette mesure et sa mort tant que l’enquête n’est pas terminée. Elle souligne également que les migrants concernés peuvent choisir de quitter volontairement les États-Unis grâce au programme de « self-deportation », qui prévoit notamment un vol pris en charge par le gouvernement et, pour les personnes éligibles, une aide financière au départ.
Cette réponse a elle-même alimenté la polémique.
La directrice de la Haitian Bridge Alliance, Guerline Jozef, considère au contraire cette mort comme l’une des conséquences les plus tragiques du durcissement de la politique visant la communauté haïtienne. Même le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, s’est démarqué de l’administration Trump : il a qualifié la mort du jeune homme de « terrible tragédie » et considère la suppression du TPS pour les Haïtiens de Springfield comme une décision malavisée.
Springfield est devenue un symbole
L’affaire prend une dimension supplémentaire parce qu’elle se déroule à Springfield, ville de l’Ohio où s’est installée une importante communauté haïtienne.
En 2024, la ville s’était retrouvée au centre de la campagne présidentielle après la propagation de fausses accusations affirmant que des migrants haïtiens volaient et mangeaient des animaux domestiques. Ces rumeurs avaient été reprises jusque dans le débat politique national et avaient placé la communauté haïtienne de Springfield sous une exposition médiatique considérable.
Deux ans plus tard, la fin du TPS et l’intensification des contrôles migratoires replacent cette même communauté au centre du débat.
La mort de Pierre Damas Bel ne permet pas à elle seule d’établir que la politique migratoire américaine est juridiquement responsable de son décès. L’enquête sur les circonstances de sa mort se poursuit et les accusations de harcèlement doivent encore être établies indépendamment.
Mais son histoire cristallise une question désormais beaucoup plus large : jusqu’où peut aller la surveillance de personnes dont le principal problème avec les autorités américaines relève de leur statut migratoire ?
Pour des centaines de milliers d’Haïtiens qui avaient construit une vie aux États-Unis sous protection temporaire, la fin du TPS ne signifie donc pas seulement la menace d’une expulsion vers Haïti. Elle peut aussi signifier perte du droit au travail, procédures devant les tribunaux de l’immigration, contrôles d’ICE, surveillance électronique ou détention, alors même qu’Haïti traverse toujours une crise sécuritaire majeure.
EXXONMOBIL PRÉVIENT QUE LA PART DU PÉTROLE REVENANT AU GUYANA POURRAIT DE NOUVEAU DIMINUER - Actu 3
C’est une actualité assez technique, mais elle touche directement à l’une des grandes controverses du boom pétrolier guyanais : la manière dont les revenus sont partagés entre le pays et ExxonMobil.
Depuis le début de l’exploitation du pétrole en 2019, ExxonMobil et ses partenaires ont récupéré environ 55 milliards de dollars d’investissements et de coûts d’exploitation liés au gigantesque bloc Stabroek. Cette récupération s’est faite environ deux ans plus rapidement que prévu grâce à l’augmentation spectaculaire de la production.
Pour comprendre la polémique, il faut revenir au contrat signé en 2016. Exxon et ses partenaires peuvent utiliser jusqu’à 75 % de la production pour récupérer leurs coûts. Ce qui reste devient le « profit oil », partagé à 50/50 entre le consortium et le Guyana. Le Guyana perçoit également une redevance de 2 %.
Pendant plusieurs années, le plafond de récupération était quasiment saturé. Schématiquement, sur 100 barils, jusqu’à 75 pouvaient servir au remboursement des coûts, laissant 25 barils de profit à partager. Le Guyana récupérait donc environ 12,5 barils sur les 100, auxquels s’ajoutait sa redevance.
Mais la situation vient de changer : les 55 milliards ayant été récupérés, seulement environ 20 % de la production sert actuellement à couvrir les coûts courants. Sur les quelque 80 % restants, le Guyana en reçoit la moitié. Sa part effective de la production est ainsi montée à environ 39,8 %, plus la redevance de 2 %.
Attention toutefois à une nuance importante : le Guyana ne vient pas de passer de 12,5 % à 39,8 % du “bénéfice”. Le partage du profit oil est toujours de 50/50. Ce qui augmente est la proportion de la production totale qui devient du profit après récupération des coûts. Le gouvernement guyanais a lui-même corrigé cette confusion récemment.
Mais ExxonMobil va continuer à investir
C’est ici que commence la nouvelle controverse. Lors de la présentation des résultats d’ExxonMobil, son directeur financier Neil Hansen a expliqué aux investisseurs que de nouveaux investissements allaient être réalisés dans le bloc Stabroek. Et, conformément au contrat de 2016, ces nouvelles dépenses pourront à leur tour entrer dans la « cost bank » et être récupérées sur la production.
Autrement dit : une partie plus importante du pétrole pourrait de nouveau servir à financer les futurs développements avant d’être considérée comme du bénéfice à partager avec le Guyana.
Mais il faut là encore nuancer une affirmation qui circule actuellement : ExxonMobil n’a pas annoncé que le Guyana allait nécessairement retomber à 12,5 %.
Neil Hansen a même expliqué que cela lui semblait peu probable. La production est désormais tellement importante environ 900 000 barils par jour que les futurs investissements devraient peser proportionnellement moins lourd qu’au début de l’exploitation.
Le risque d’une diminution existe donc, mais son ampleur n’est pas encore connue.
Pourquoi l’opposition veut changer les règles
Cette situation relance surtout une vieille polémique au Guyana : l’absence de “ring-fencing” entre les différents projets du bloc Stabroek.
Le principe est relativement simple. Avec un ring-fencing, chaque nouveau projet doit essentiellement rembourser ses propres coûts grâce au pétrole qu’il produit.
Sans cette séparation, les revenus générés par des projets déjà rentables peuvent contribuer à récupérer les dépenses engagées pour développer de nouveaux projets. Cela retarde mécaniquement le moment où davantage de pétrole devient du profit oil à partager avec l’État.
C’est précisément ce que plusieurs responsables politiques et spécialistes veulent empêcher pour les prochains développements.
L’opposition estime que les conditions accordées à Exxon lorsque le Guyana était encore un pays pétrolier très risqué ne se justifient plus forcément aujourd’hui. L’argument est puissant : en 2016, personne ne savait encore jusqu’où irait Stabroek. Dix ans plus tard, le Guyana produit autour de 900 000 barils par jour et le bassin a été largement dérisqué.
Le contrat Exxon-Guyana de nouveau au centre du débat
L’avocat et expert-comptable Christopher Ram fait partie de ceux qui réclament une renégociation. Parmi les pistes avancées figurent notamment une baisse du plafond de récupération des coûts, une augmentation des royalties et surtout une séparation des coûts entre les différents projets.
Des organisations de la société civile vont encore plus loin. L’Oil & Gas Governance Network estime par exemple que l’absence de ring-fencing a déjà coûté plusieurs milliards de dollars de revenus potentiels au Guyana. Ces estimations sont toutefois celles d’une organisation critique du contrat et ne constituent pas un chiffre officiellement reconnu par le gouvernement.
Le président Irfaan Ali n’a pour l’instant annoncé aucune renégociation. Mais son gouvernement reconnaît que la question du financement des prochains projets doit être examinée. Ali a indiqué que des discussions internes étaient en cours et que le Guyana allait solliciter des experts avant de déterminer la structure financière de la prochaine phase de développement.
LA CHINE PREND UNE PLACE CROISSANTE DANS L’ÉCONOMIE JAMAÏCAINE - Actu 4
La Chine est en passe de franchir un nouveau cap en Jamaïque. En 2025, l’île a importé pour 878,6 millions de dollars américains de marchandises chinoises, un record qui rapproche Pékin du seuil symbolique du milliard de dollars d’exportations annuelles vers le pays.
Quatre ans auparavant, en 2021, ces importations représentaient 463,8 millions de dollars. Elles ont donc progressé de près de 90 % en seulement quatre ans. La Chine représente désormais 11,7 % de toutes les importations jamaïcaines et s’est installée comme le deuxième fournisseur du pays derrière les États-Unis.
Mais derrière ces chiffres se dessine une relation beaucoup plus profonde. Routes, autoroutes, investissements, prêts, équipements, commerce : depuis une vingtaine d’années, la Chine est devenue l’un des principaux partenaires économiques de la Jamaïque dans la Caraïbe.
La Jamaïque achète de plus en plus chinois
La progression est particulièrement spectaculaire entre 2024 et 2025 : les importations chinoises sont passées de 696,8 à 878,6 millions de dollars, soit une hausse supérieure à 26 % en un an.
Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de vêtements, meubles, téléphones ou autres biens de consommation.
Près de la moitié des importations chinoises de 2025 ,416,2 millions de dollars concernait les machines et équipements de transport. Les matériaux et autres produits manufacturés représentaient 271,3 millions supplémentaires.
Parmi les produits régulièrement importés figurent notamment des pneus automobiles, des composants de climatisation, des batteries lithium-ion, des équipements électriques et différents composants industriels.
Le Planning Institute of Jamaica (PIOJ) estime que cette évolution est notamment alimentée par les besoins des secteurs de la construction, du tourisme, des infrastructures et des énergies renouvelables.
Autrement dit, l’explosion des importations chinoises accompagne aussi les investissements actuellement réalisés dans l’économie jamaïcaine.
Mais la Jamaïque vend très peu à la Chine
C’est probablement le chiffre le plus important de cette actualité. En 2025, la Jamaïque a acheté 878,6 millions de dollars de marchandises chinoises.
Dans l’autre sens, elle n’a exporté que 25,9 millions de dollars de produits vers la Chine. Cela signifie que pour 1 dollar de marchandises vendu à la Chine, la Jamaïque en a acheté près de 34 dollars.
Le déficit commercial est donc considérable. Le PIOJ reconnaît lui-même le double visage de cette relation : l’accès aux produits et équipements chinois soutient l’investissement et la croissance jamaïcaine, mais une dépendance excessive pourrait rendre l’économie vulnérable à des perturbations commerciales, géopolitiques ou logistiques.
La Jamaïque cherche donc désormais à transformer cette dépendance en opportunité industrielle.
Et si les produits chinois étaient en partie assemblés en Jamaïque ?
Plutôt que d’essayer de remplacer les produits chinois, la Jamaica Special Economic Zone Authority (JSEZA) défend une autre stratégie : importer des composants chinois, puis réaliser une partie de leur transformation ou de leur assemblage en Jamaïque.
Des entreprises installées dans les zones économiques spéciales le font déjà. L’une assemble par exemple des motos à partir de composants importés, tandis qu’une autre fabrique des circuits électroniques destinés notamment à des équipements médicaux et biométriques.
L’objectif serait d’étendre ce modèle aux batteries et équipements de stockage énergétique, composants automobiles, électronique, climatisation, électroménager ou machines légères.
La Jamaïque veut surtout exploiter sa position géographique.
Située à proximité des États-Unis, de l’Amérique centrale et des principales routes maritimes de la Caraïbe, elle pourrait importer des composants asiatiques, leur apporter de la valeur sur son territoire puis réexporter les produits finis ou semi-finis vers les marchés américains et caribéens.
La JSEZA travaille justement sur un nouveau plan directeur pour déterminer quels secteurs pourraient réellement être compétitifs et dans quelles parties du pays les développer.
Une relation avec la Chine qui remonte à plus de cinquante ans
Ce rapprochement économique n’est pas nouveau. La Jamaïque et la République populaire de Chine ont établi leurs relations diplomatiques le 21 novembre 1972, faisant de la Jamaïque l’un des premiers pays anglophones de la Caraïbe à reconnaître Pékin.
Mais la relation prend une dimension beaucoup plus importante à partir des années 2000 et 2010.
En 2019, lors d’une visite du Premier ministre Andrew Holness en Chine, les deux pays ont élevé leur relation au rang de « partenariat stratégique ». La Jamaïque est alors devenue le premier pays caribéen à établir ce niveau de partenariat avec Pékin et a formalisé sa participation à l’initiative chinoise des Nouvelles routes de la soie Belt and Road Initiative.
Cette relation s’est matérialisée dans le paysage jamaïcain. La China Harbour Engineering Company (CHEC) a notamment joué un rôle majeur dans la construction de la North-South Highway reliant les côtes nord et sud. L’entreprise chinoise est aujourd’hui liée à la société propriétaire de cette autoroute à péage.
La Chine a également participé ou contribué au financement de projets concernant la Southern Coastal Highway, le Montego Bay Convention Centre, des infrastructures routières, des équipements médicaux ou encore le Western Children and Adolescent Hospital.
En 2019 déjà, les investissements cumulés d’entreprises chinoises en Jamaïque étaient estimés à environ 2 milliards de dollars américains.
LE TOURISME EXPLOSE EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE PENDANT QU’IL S’EFFONDRE À CUBA- Actu 5
Deux des destinations touristiques les plus importantes de la Caraïbe connaissent actuellement des trajectoires totalement opposées.
La République dominicaine a accueilli 7,7 millions de visiteurs entre janvier et juillet 2026, un nouveau record pour cette période. Dans le même temps, Cuba n’a accueilli qu’environ 419 000 touristes internationaux, soit une chute d’environ 62 % par rapport aux sept premiers mois de 2025.
La République dominicaine se dirige vers un nouveau record
Entre janvier et juillet, 7 700 118 visiteurs sont arrivés en République dominicaine, soit 7 % de plus qu’en 2025, 10,4 % de plus qu’en 2024 et près de 70 % de plus qu’en 2019, avant la pandémie.
Attention toutefois à ce chiffre : il additionne 5,89 millions de touristes arrivés par avion et 1,81 million de croisiéristes.
Pour le gouvernement dominicain, la dynamique reste néanmoins exceptionnelle. Le ministre du Tourisme David Collado estime désormais que le pays pourrait dépasser 12 millions de visiteurs en 2026.
Cette croissance s’appuie notamment sur Punta Cana, mais aussi sur l’expansion du tourisme de croisière, les investissements hôteliers et une connectivité aérienne internationale particulièrement développée.
À Cuba, c’est exactement l’inverse
Cuba traverse l’une des crises touristiques les plus importantes de son histoire récente. Entre janvier et juillet 2026, l’île n’a accueilli qu’environ 419 000 touristes internationaux, contre 1,1 million sur la même période en 2025.
Cela représente une chute d’environ 62 % en seulement un an. Et cette crise est particulièrement importante pour Cuba car le tourisme constitue l’une des principales sources de devises étrangères du pays.
Avant la pandémie, en 2019, Cuba avait accueilli environ 4,3 millions de touristes internationaux. Le pays en est aujourd’hui extrêmement loin.
Pourquoi Cuba perd autant de touristes ?
Il n’existe pas une seule explication. Cuba traverse une grave crise économique et énergétique, marquée notamment par des pénuries de carburant et des coupures d’électricité. Ces difficultés compliquent le fonctionnement des hôtels, des transports et plus généralement de toute l’industrie touristique.
Mais en 2026, un autre facteur a considérablement aggravé la situation : le durcissement de la politique américaine contre Cuba. L’administration Trump a renforcé les sanctions et les pressions visant les entreprises étrangères travaillant avec l’État cubain et certains de ses conglomérats.
Les conséquences ont été particulièrement visibles dans le tourisme. Plusieurs grandes entreprises étrangères ont quitté ou fortement réduit leurs activités sur l’île.
Meliá, présente à Cuba depuis plus de trente ans, a ainsi mis fin en juillet à l’exploitation de ses 34 hôtels cubains. Iberostar et Barceló ont également cessé leurs activités hôtelières dans le pays.
Selon les autorités cubaines, sept groupes hôteliers internationaux gérant près de 46 % des chambres du pays avaient quitté le marché sous différentes formes au cours de l’année.
Les compagnies aériennes reculent également
La crise énergétique cubaine est devenue suffisamment importante pour obliger certaines compagnies à revoir leurs opérations, les avions rencontrant notamment des difficultés pour se ravitailler normalement sur l’île.
Iberia a ainsi prolongé la suspension de ses vols directs vers Cuba jusqu’en juin 2027.
Air France et Turkish Airlines font également partie des compagnies ayant suspendu leurs liaisons dans le contexte de la crise de 2026. Et c’est ici que le contraste avec la République dominicaine devient particulièrement visible.
Alors que certaines compagnies réduisent leurs capacités vers Cuba, la République dominicaine dispose d’un réseau aérien extrêmement développé avec l’Amérique du Nord, l’Europe et le reste de la Caraïbe.
Avant de se quitter :
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