MOBILISATION LYCÉENNE : LES ÉLÈVES DES OUTRE-MER RÉCLAMENT AUSSI DES RÉPONSES ADAPTÉES À LEURS DIFFICULTÉS - ACTU 1
Alors que le gouvernement annonce de nouvelles mesures pour répondre à la contestation lycéenne, le syndicat Les Lycéens dénonce une prise en compte insuffisante des élèves ultramarins dans les discussions nationales. En Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, les revendications révèlent des inégalités parfois anciennes.
La mobilisation des lycéens, qui a touché de nombreux établissements français depuis septembre 2026, soulève une question particulière pour les territoires ultramarins : leurs difficultés sont-elles suffisamment prises en compte dans les négociations nationales ?
Anaïs Ella, représentante de l’organisation Les Lycéens interrogé par Outre mer la 1ère déplore notamment le manque de représentation des élèves d’Outre-mer dans les discussions avec le gouvernement.
Selon elle, les autorités ne font pas suffisamment d’efforts pour aller à leur rencontre et comprendre leurs conditions de scolarité.
Le syndicat demande notamment l’abrogation de la réforme du lycée portée par Jean-Michel Blanquer, qui a remplacé les anciennes filières générales par un système de spécialités.
Si cette réforme permet aux élèves de choisir leurs enseignements, l’offre de spécialités varie selon les établissements. Les lycéens des territoires ruraux et ultramarins peuvent ainsi disposer de moins de possibilités que ceux des grandes agglomérations.
En Guadeloupe, des conditions d’études dénoncées
En Guadeloupe, les mobilisations ont notamment mis en avant les emplois du temps chargés, les difficultés de remplacement des enseignants, l’état des bâtiments scolaires et les inégalités d’accès aux formations.
La chaleur dans certaines salles insuffisamment ventilées peut rendre les cours particulièrement difficiles, tandis que les longues journées scolaires se combinent parfois avec des trajets importants en transport.
Les élèves demandent de meilleures conditions d’accueil, davantage de moyens humains et des emplois du temps mieux adaptés.
Le 8 octobre, une rencontre organisée par la Fédération des associations de parents d’élèves de Guadeloupe (FAPEG) a réuni représentants des élèves, parents, enseignants et syndicats pour rechercher des solutions.
En Martinique, la chaleur et les transports au cœur des préoccupations
En Martinique, les lycéens ont également dénoncé la chaleur dans les salles, la vétusté de certains établissements, les absences de professeurs et les journées particulièrement longues.
Pour les élèves qui vivent loin de leur établissement, les horaires de transport peuvent allonger considérablement la journée scolaire.
Les représentants lycéens ont aussi évoqué l’entretien des locaux, la restauration et les difficultés liées à l’orientation.
Le 15 octobre, ils ont été reçus par la Collectivité territoriale de Martinique et le rectorat.
La rectrice, Cécile Laloux, a annoncé des travaux sur le remplacement des enseignants, les rythmes scolaires et l’orientation.
De son côté, la collectivité estime que la rénovation globale des lycées nécessiterait plus de 860 millions d’euros, illustrant l’ampleur des besoins.
Certains représentants d’élèves ont toutefois regretté que les réponses proposées restent progressives, alors que plusieurs problèmes nécessitent, selon eux, des interventions rapides.
En Guyane, le manque de moyens reste une préoccupation majeure
En Guyane, les revendications rejoignent celles des autres territoires, mais prennent une dimension particulière en raison de la croissance démographique, des distances et des besoins en infrastructures scolaires.
Les élèves et les syndicats dénoncent notamment des classes surchargées, des enseignants absents ou non remplacés, des équipements insuffisants et des établissements nécessitant des travaux.
Dans certaines parties du territoire, l’éloignement géographique complique également l’accès à l’école et aux formations.
Ces problèmes sont dénoncés depuis plusieurs années par les organisations syndicales, qui réclament un plan de rattrapage d’urgence pour l’éducation en Guyane.
Début octobre, plusieurs établissements se sont mobilisés et des rassemblements ont eu lieu devant la Collectivité territoriale de Guyane, chargée notamment des bâtiments des lycées.
Le 6 octobre, les revendications des élèves guyanais ont été présentées au gouvernement lors d’une visioconférence réunissant la collectivité, le ministre de l’Éducation nationale et la ministre des Outre-mer.
Parcoursup : les lycéens ultramarins demandent davantage d’égalité
L’accès à l’enseignement supérieur constitue une autre revendication importante.
Aujourd’hui, les lycéens de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane peuvent candidater dans les établissements de l’Hexagone.
Cependant, pour certaines licences non sélectives très demandées, Parcoursup applique une priorité géographique favorisant les candidats de l’académie concernée.
Lorsqu’une mention de licence n’existe pas dans leur académie, les élèves bénéficient d’une exception qui leur permet d’être considérés comme candidats du secteur dans d’autres académies.
En revanche, lorsque cette formation existe localement, ils peuvent être considérés comme candidats hors secteur pour une licence équivalente dans l’Hexagone.
Le syndicat Les Lycéens! réclame donc une adaptation de ces règles pour que les élèves ultramarins disposent de davantage de liberté dans leurs choix d’études.
Cette question est particulièrement importante dans des territoires où l’offre de formations spécialisées reste plus limitée, et où poursuivre ses études peut nécessiter un départ à plusieurs milliers de kilomètres.
Des annonces gouvernementales, mais des revendications persistantes
Le 26 octobre, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé plusieurs mesures en réponse à la mobilisation.
Le gouvernement prévoit notamment la création de 500 postes de professeurs supplémentaires, le renforcement du remplacement des enseignants absents et un plafonnement progressif des classes de seconde à 28 élèves.
Il annonce également un accompagnement de 500 lycées pour améliorer leur confort thermique et des évolutions de Parcoursup à partir de 2027.
Mais pour Anaïs Ella et son organisation, ces mesures ne répondent pas à la revendication centrale : une remise en cause de la réforme du lycée et des inégalités qu’elle entraîne.
La question reste également de savoir comment les dispositifs nationaux seront appliqués aux réalités ultramarines, où les besoins en rénovation, en recrutement et en transports peuvent être particulièrement importants.
LA JAMAÏQUE S’ABSTIENT À L’ONU SUR L’EMBARGO CONTRE CUBA : UN TOURNANT DIPLOMATIQUE HISTORIQUE - ACTU 2
Pour la première fois depuis plus de trente ans, la Jamaïque ne soutient pas la résolution de l’ONU demandant la levée de l’embargo américain contre Cuba. Cette décision marque un changement important dans les relations diplomatiques caribéennes, alors que Washington accentue sa pression sur La Havane.
Le 28 octobre 2026, la Jamaïque a créé la surprise en s’abstenant lors du vote annuel de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à la fin de l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.
La résolution a été adoptée par 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions. Un résultat en net recul par rapport à 2025, lorsque 165 pays avaient soutenu le texte.
Mais l’abstention jamaïcaine est particulièrement symbolique : depuis le début de ces votes annuels en 1992, Kingston avait toujours soutenu la levée de l’embargo.
Pourquoi cette décision est-elle historique ?
Les relations entre la Jamaïque et Cuba remontent à plusieurs décennies. Le 8 décembre 1972, la Jamaïque, la Barbade, le Guyana et Trinité-et-Tobago ont établi des relations diplomatiques avec Cuba, malgré l’isolement régional de La Havane encouragé par Washington.
Pour ces jeunes États caribéens, cette initiative représentait une affirmation de leur indépendance diplomatique : ils souhaitaient pouvoir choisir leurs partenaires sans dépendre systématiquement des positions américaines.
Depuis, Cuba a développé de nombreux programmes de coopération avec la Jamaïque, particulièrement dans la santé et l’éducation.
La position jamaïcaine contre l’embargo était ainsi devenue une constante de sa politique étrangère, maintenue par les différents gouvernements.
L’abstention du 28 octobre rompt avec cette tradition diplomatique de plus de trente ans.
La coopération médicale cubaine a été réorganisée
Un autre événement avait déjà soulevé des interrogations sur l’évolution des relations entre les deux pays.
En mars 2026, la Jamaïque a mis fin à son accord historique de coopération médicale avec Cuba, qui existait depuis environ cinquante ans.
Cette décision est intervenue alors que les États-Unis intensifiaient leurs critiques contre les missions médicales cubaines à l’étranger, accusant La Havane d’imposer des conditions de travail abusives à ses professionnels de santé.
Le gouvernement jamaïcain a cependant expliqué que la rupture résultait de désaccords sur les modalités de rémunération et les contrats de travail.
Mais cette décision n’a pas mis fin à la présence des soignants cubains en Jamaïque.
Le 7 octobre 2026, le ministre jamaïcain de la Santé, Christopher Tufton, a annoncé le retour de 157 professionnels de santé cubains, parmi lesquels des médecins et des infirmiers.
Avec les 43 professionnels restés dans le pays, environ 200 soignants cubains travaillent désormais dans le système public jamaïcain.
La différence concerne leur statut : ils sont recrutés directement sous contrats individuels, plutôt que dans le cadre de l’ancien accord gouvernemental.
Cette évolution montre que Kingston cherche à modifier certaines modalités de sa coopération avec Cuba, sans pour autant renoncer aux compétences médicales cubaines.
Les États-Unis ont-ils influencé le vote jamaïcain ?
L’abstention intervient dans un contexte de pressions américaines croissantes sur Cuba.
L’administration de Donald Trump a renforcé les mesures économiques contre La Havane et mené une campagne diplomatique pour convaincre davantage de pays de ne plus soutenir la résolution de l’ONU.
Les États-Unis justifient leur politique par leur opposition au gouvernement cubain et leurs préoccupations concernant les droits humains.
De son côté, Cuba considère l’embargo comme l’une des principales causes de ses difficultés économiques, aggravées par les pénuries de carburant, les coupures d’électricité et les problèmes d’approvisionnement.
La Jamaïque entretient des relations économiques, commerciales et sécuritaires particulièrement importantes avec les États-Unis.
Cette proximité alimente donc les interrogations sur les raisons du changement de vote.
Toutefois, aucune preuve publique ne permet d’affirmer que Washington a directement imposé cette décision à Kingston et le gouvernement jamaïcain a rejeté cette interprétation, affirmant avoir agi de manière souveraine.
Comment la Jamaïque justifie-t-elle son abstention ?
La ministre jamaïcaine des Affaires étrangères, Kamina Johnson Smith, reconnaît un changement de politique, mais insiste sur le fait que son pays reste préoccupé par la crise humanitaire cubaine.
Selon elle, soutenir chaque année la même résolution n’a pas permis d’améliorer la situation de la population.
Kingston affirme désormais vouloir encourager un dialogue entre Cuba et les États-Unis, accompagné d’une réduction des restrictions économiques et de réformes internes à Cuba.
Le gouvernement assure également rester opposé aux embargos unilatéraux.
Autrement dit, la Jamaïque ne déclare pas soutenir l’embargo américain, mais choisit de ne plus voter en faveur de la résolution qui en réclame la levée.
Une distinction diplomatique importante, même si elle suscite des critiques.
Une décision contestée en Jamaïque et dans la Caraïbe
Le People’s National Party (PNP), principal parti d’opposition jamaïcain, a demandé des explications au gouvernement.
Pour ses représentants, cette abstention constitue une rupture avec une politique étrangère qui défendait historiquement la souveraineté des États et la solidarité caribéenne.
Le scrutin révèle également des divisions au sein de la région.
Alors que plusieurs pays caribéens ont maintenu leur soutien à la levée de l’embargo, Trinité-et-Tobago a voté contre la résolution, tandis que la Jamaïque, Haïti et le Guyana se sont abstenus.
Avant le vote, plusieurs anciens dirigeants caribéens avaient pourtant appelé les gouvernements de la région à maintenir leur solidarité avec Cuba.
Cette évolution montre que les pays de la Caraïbe adoptent désormais des positions différentes face aux tensions entre Washington et La Havane.
TRINIDAD-ET-TOBAGO : LA PREMIÈRE MINISTRE CRITIQUE LES ANCIENS DIRIGEANTS CARIBÉENS QUI DÉFENDENT CUBA - ACTU 3
Kamla Persad-Bissessar accuse plusieurs anciens dirigeants de la CARICOM d’hypocrisie pour leur opposition à l’embargo américain contre Cuba. Deux jours plus tard, son gouvernement a voté contre sa levée à l’ONU, dans un contexte de rapprochement diplomatique avec Washington.
Les relations entre Cuba et plusieurs pays de la Caraïbe connaissent un tournant.
Le 26 octobre 2026, la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a vivement critiqué onze anciens chefs de gouvernement de la Communauté caribéenne (CARICOM), qui avaient appelé les États à soutenir la levée de l’embargo économique américain contre Cuba.
Parmi les signataires figurent notamment Keith Rowley, ancien Premier ministre de Trinité-et-Tobago, ainsi que les anciens dirigeants jamaïcains Bruce Golding et P. J. Patterson.
Dans une déclaration adressée à Guardian Media, Kamla Persad-Bissessar les a accusés d’hypocrisie, leur reprochant de défendre un système politique qu’ils refuseraient dans leurs propres pays.
La Première ministre considère le régime cubain comme autoritaire et estime que les dirigeants caribéens ne devraient pas le soutenir.
Mais les anciens responsables défendent une position différente : demander la levée de l’embargo américain ne signifie pas nécessairement approuver le système politique cubain. Leur démarche vise avant tout à dénoncer les conséquences des sanctions économiques sur la population et à défendre la souveraineté des États.
Un vote historique pour Trinidad-et-Tobago
Deux jours après ces déclarations, le 28 octobre, Trinité-et-Tobago a voté contre la résolution annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies demandant la fin de l’embargo américain contre Cuba.
C’est une première depuis l’introduction de cette résolution en 1992. Après une abstention cette année-là, le pays avait systématiquement soutenu le texte à partir de 1993.
Cette position historique s’inscrivait dans une tradition diplomatique remontant à 1972, lorsque Trinité-et-Tobago, la Jamaïque, la Barbade et le Guyana avaient établi des relations officielles avec Cuba malgré son isolement diplomatique dans la région.
Le vote du 28 octobre marque donc une rupture avec plus de trente ans de soutien à la levée de l’embargo.
Un changement qui accompagne le rapprochement avec Washington
Cette décision intervient alors que Kamla Persad-Bissessar renforce les relations de Trinité-et-Tobago avec les États-Unis depuis son retour au pouvoir en mai 2025.
Son gouvernement a notamment soutenu les opérations militaires américaines contre des embarcations soupçonnées de participer au narcotrafic dans la Caraïbe. Il a également renforcé sa coopération sécuritaire avec Washington, notamment en matière de surveillance maritime.
En février 2026, lors d’une rencontre avec la Première ministre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait publiquement salué le soutien de Trinité-et-Tobago aux opérations américaines dans la région.
Cette proximité s’étend également aux questions énergétiques et économiques, importantes pour cet État producteur de gaz et de pétrole.
Le vote contre la résolution sur Cuba apparaît ainsi cohérent avec l’orientation diplomatique adoptée par le gouvernement trinidadien depuis 2025.
GUADELOUPE : « NOU LAS PALÉ » PRÉSENTE SES REVENDICATIONS ET ANNONCE LA POURSUITE DE LA MOBILISATION - ACTU 4
Après deux semaines de tensions et de barrages routiers, le collectif guadeloupéen précise ses demandes et maintient la pression sur les autorités. La vie chère, l’accès à l’eau et les difficultés économiques restent au cœur du mouvement.
Le mouvement « Nou Las Palé » n’a pas dit son dernier mot en Guadeloupe.
Le mercredi 28 octobre 2026, ses représentants ont organisé une conférence de presse dans un restaurant des Abymes afin de présenter leur plateforme de revendications et de confirmer leur volonté de poursuivre la mobilisation.
Cette prise de parole intervient deux semaines après les premiers blocages du 14 octobre, qui avaient notamment paralysé les accès à la zone économique de Jarry, à Baie-Mahault, avant de s’étendre à plusieurs communes.
Quelles sont les revendications du collectif ?
« Nou Las Palé » rassemble des représentants de plusieurs secteurs professionnels et associatifs, notamment du bâtiment, de l’agriculture, de la pêche et des petites entreprises.
Le collectif réclame des mesures concrètes sur plusieurs problèmes qui touchent la Guadeloupe depuis des années.
Parmi ses principales préoccupations figurent la baisse du prix des carburants, l’accès continu à une eau potable de qualité, la sauvegarde des entreprises locales, l’emploi et les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les pêcheurs.
Le mouvement avait notamment demandé un retour aux tarifs des carburants de 2023, avec un gazole à 1,70 € et une essence sans plomb à 1,85 €.
Lors de la conférence de presse, plusieurs intervenants ont également dénoncé le manque de soutien à leurs secteurs d’activité et le sentiment de ne pas être suffisamment entendus par les institutions.
En présentant une plateforme commune, le collectif cherche désormais à structurer ses demandes et à obtenir des engagements précis.
Un dialogue toujours difficile avec les autorités
Les relations entre « Nou Las Palé » et le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, restent tendues.
Le collectif affirme avoir sollicité une rencontre officielle réunissant l’État et les principales collectivités territoriales, afin d’aborder simultanément des problèmes relevant de plusieurs autorités.
De son côté, le préfet a indiqué avoir invité certains représentants économiques liés au mouvement à une réunion organisée le 23 octobre.
Les membres du collectif contestent toutefois avoir reçu une invitation officielle dans les conditions souhaitées.
Cette divergence entretient le désaccord sur les modalités d’un éventuel dialogue.
Une mobilisation qui pourrait reprendre de l’ampleur
Après plusieurs jours de barrages, d’affrontements et de perturbations économiques, la situation s’est relativement apaisée.
Mais selon Ludovic Tolassy, membre du collectif, cette accalmie ne signifie pas l’arrêt du mouvement.
Il a notamment évoqué les drames survenus pendant la période de mobilisation et la volonté de respecter un temps de deuil.
Le collectif annonce désormais vouloir reprendre ses actions si aucune solution concrète n’est apportée.
Cette perspective inquiète également une partie des commerçants et des entreprises, dont l’activité a été fragilisée par les blocages routiers.
Si les problèmes dénoncés par les manifestants concernent largement la population, les méthodes employées suscitent aussi des critiques en raison de leurs conséquences sur les déplacements, les salariés et l’économie locale.
Une nouvelle étape dans la crise sociale
La présentation de cette plateforme marque une évolution dans la stratégie de « Nou Las Palé ».
Après avoir utilisé les barrages pour attirer l’attention des pouvoirs publics, le mouvement cherche à formaliser ses revendications et à obtenir une négociation réunissant l’État et les collectivités.
CHARLES III EN VISITE DANS LA CARAÏBE : LA QUESTION DES RÉPARATIONS POUR L’ESCLAVAGE AU CŒUR DES TENSIONS-ACTU 5
Pour sa première tournée officielle dans la région depuis son accession au trône, le roi britannique se rend aux Bahamas, au Guyana et à Antigua-et-Barbuda. Un déplacement de neuf jours marqué par les revendications de réparations, les débats sur la monarchie et le prochain sommet du Commonwealth.
Le roi Charles III a entamé, le mardi 27 octobre 2026, une tournée diplomatique de neuf jours dans la Caraïbe, la première depuis son accession au trône en septembre 2022.
Accompagné de la reine Camilla pour la dernière étape, le souverain doit visiter trois pays : les Bahamas, le Guyana et Antigua-et-Barbuda, où se tiendra le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth du 1er au 4 novembre.
Mais derrière les cérémonies officielles, ce voyage intervient dans un contexte diplomatique sensible. Plusieurs pays caribéens réclament une reconnaissance plus importante du rôle du Royaume-Uni dans l’esclavage et la colonisation.
Aux Bahamas, Charles III reconnaît les injustices du passé
Lors de sa première étape à Nassau, le roi s’est adressé à de jeunes Bahaméens le 27 octobre.
Il a reconnu les souffrances et les injustices historiques liées à l’esclavage, tout en saluant les réalisations actuelles du pays.
Cette déclaration intervient alors que des manifestants, notamment issus de la communauté rastafarienne, ont réclamé des excuses officielles et des réparations financières.
Pour ces militants, reconnaître les souffrances de l’esclavage ne suffit pas. Ils estiment que la monarchie britannique et le gouvernement doivent également répondre aux conséquences économiques et sociales durables de cette histoire.
Pourquoi les pays caribéens réclament-ils des réparations ?
Pendant plusieurs siècles, la traite transatlantique et l’économie des plantations ont participé à l’enrichissement de la Grande-Bretagne, tandis que des millions d’Africains ont été déportés et réduits en esclavage dans les colonies.
Aujourd’hui, plusieurs gouvernements caribéens estiment que cet héritage a contribué à créer des inégalités économiques et sociales qui persistent.
La Communauté caribéenne (CARICOM) défend depuis 2014 un plan en dix points pour la justice réparatrice.
Ses propositions ne se limitent pas à des compensations financières. Elles comprennent également des excuses officielles, des programmes éducatifs, l’accès aux soins, le transfert de technologies et des investissements dans le développement économique.
Le Royaume-Uni refuse toutefois, à ce stade, de présenter des excuses officielles au nom de l’État ou de verser des réparations financières.
Buckingham Palace a précisé que Charles III évoquerait les injustices historiques pendant sa tournée, sans annoncer de changement de position sur ces demandes.
Au Guyana, des demandes d’excuses et de reconnaissance
La deuxième étape du voyage doit conduire le roi au Guyana, ancienne colonie britannique devenue indépendante en 1966 et république en 1970.
Le président guyanien, Irfaan Ali, a estimé que la reconnaissance des souffrances causées par l’esclavage devait désormais être suivie d’excuses officielles.
Le pays porte notamment le souvenir de la révolte des esclaves du Demerara, en 1823, violemment réprimée par les autorités coloniales.
La visite doit également aborder des questions de biodiversité, de protection de l’environnement et de coopération avec les communautés autochtones.
Elle intervient dans un Guyana profondément transformé par l’exploitation de ses ressources pétrolières, mais toujours confronté à des enjeux de développement et d’inégalités.
Plusieurs pays envisagent de rompre avec la monarchie
La tournée intervient aussi alors que plusieurs États caribéens débattent de leur avenir constitutionnel.
Les Bahamas et Antigua-et-Barbuda sont indépendants, mais reconnaissent encore Charles III comme chef d’État.
À l’inverse, le Guyana est déjà une république, tout en restant membre du Commonwealth.
La Barbade a franchi cette étape en novembre 2021, en devenant une république et en remplaçant la reine Elizabeth II comme chef d’État.
La Jamaïque poursuit également des discussions institutionnelles pour abandonner la monarchie britannique.
Ces évolutions montrent qu’un pays peut devenir une république tout en conservant son appartenance au Commonwealth, qui rassemble aujourd’hui 56 États indépendants.
Le sommet du Commonwealth sous pression
La dernière étape du voyage aura lieu à Antigua-et-Barbuda, où Charles III participera à l’ouverture du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, le 1er novembre.
Cette rencontre doit notamment aborder le commerce, les investissements, la résilience climatique et le développement durable.
Mais les réparations pour l’esclavage devraient également occuper une place importante dans les discussions.
La secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchwey, a récemment estimé que les demandes de réparations ne pouvaient plus être ignorées.
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