Interview de l’auteur du manga réunionnais Redskin

Suite à notre article sur afromanga, Bd Afro/ Kemty, Naosibes a voulu en savoir davantage sur le manga Redskin qui s’inscrit dans un registre plus traditionnel. L’auteur de l’un des tout premiers manga réunionnais a bien voulu répondre à nos différentes questions.

Qui es-tu ? peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Yvan Soudy plus connu sous le nom de Staark, j’ai 32 ans et je suis auteur de Manga professionnel.

Quel a été ton parcours ?

J’ai fait des études en Jeux vidéo à l’Institut de l’image de L’océan Indien où avec mes amis on a créé le studio Pixel Butchers. Mon travail c’était la narration et la direction artistique. Puis j’ai intégré l’atelier Shovel (auteur de BD pro) avant de me lancer dans le manga.

STAARKÀ quelle période t’es-tu intéressé au manga ?

Je m’intéresse aux mangas depuis tout petit, à 8 ans je passais mon temps dans l’unique Point presse de mon quartier pour feuilleté des Dragon ball en Japonais.

Qu’est-ce qui t’a marqué dans les mangas, dans cette culture japonaise ?

L’Exotisme et l’intensité des personnages. Contrairement à la BD ou au comics dans les mangas, les personnages dégageaient des sentiments intenses, il pouvait mourir, pleuré, et se surpasser. On suivait leurs aventures et on le vivait avec eux. Et contrairement à mes amis qui s’intéressaient souvent qu’à l’animation, moi je touchais à tout, les gatchapon qu’on trouvait dans les boutiques chinoises, les Cnady japonais…

Peux-tu nous dire les mangas qui t’ont le plus marqué ?

En premier lieu : Dragon ball et Saint seiya, le club Dorothée m’a bercé et ces deux séries mon complètement influencé. Puis j’ai commencé à suivre des séries moins mainstream comme : yuyu hakuso, cutty honey, Orphen, Golden Boy…

Pourquoi t’être lancé dans la réalisation d’un manga ?

Parce que j’adore ça ! Je créais déjà des histoires étant petites et le manga et la forme de narration la plus adaptée à ce que je veux raconter.

Il existe très peu de manga venant de l’ile de la Réunion. N’as-tu pas eu peur du manque de rayonnement pour ton manga ?

On à déjà dépassé ce stade, mon manga fonctionne autant en métropole qu’à la Réunion grâce à internet, les youtubeurs spécialisés et les grands magazines comme anime land qui ont faits un accueille incroyable à la série.

STAARKCombien de temps s’est-il écoulé entre la phase de réflexion (élaboration) et la publication de ton 1er tome ?

Pratiquement 1 an, car je suis passé par de la prépublication amateur en ligne sur mangadraft.

De quoi t’es-tu inspiré pour créer l’univers de Redskin ? Quelles sont tes influences pour la création de tes personnages ?

Mes influences sont clairement Bleach et One piece et je me suis inspiré de l’arche de Noé et de la conquête de l’ouest pour créer l’univers.

Redskin met en lumière la préservation de la nature et la protection des espèces ? Pourquoi ce choix ?

Je voulais un héros avec des convictions et qui soit différent, je voulais quelqu’un d’antipathique. ET quoi de plus énervant qu’un écolo-extrémiste, sa cause est juste, mais il est horripilant. (mdr)

Agatho est l’un des derniers indiens vivants dans ton manga Redskin. Pourquoi avoir choisi un Indien comme personnage principal ?

Pour la conquête de l’ouest. Tout manga à un postulat narratif qui est connu est compris du plus grand nombre, les ninjas pour Naruto, les pirates pour One Piece. Moi j’ai choisi les Cowboy et les Indiens. Ils sont proches de la nature avec un folklore incroyable !

Il y a quelques références à ton ile dans ton manga. Est-ce une chose que tu penses aborder plus souvent ?

Oui il y a quelques références et il y en aura de plus en plus ! Une partie du prochain Arc : « Les Dieux d’Aulmarec » se passent dans les cirques, surtout Cilaos.

Es-tu en auto-édition ? As-tu des assistants pour t’aider à finaliser tes planches, ton story-board ?

Je ne suis pas en auto-édition, je suis chez : Des bulles dans l’océan édition. Et on n’a rien à envier aux plus grandes maisons d’édition de manga françaises. La série bénéficie de bien plus de soutiens que si j’étais chez Glénat ou Kana. Et d’ailleurs c’est ma maison d’édition qui paye mon assistant Julien Loha.

Depuis la publication de ton manga, consommes-tu toujours autant de manga ? Ta perception du manga a-t-elle changé ?

Oui je consomme toujours autant même si j’ai moins de temps, mais ma perception du manga n’a pas changé. Si je maîtrise les codes du manga c’est que depuis toujours j’ai pris cette posture d’analyste. J’analysais tout ce que je lisais.

Peux-tu vivre de ton manga ?

Ma série me rapporte pas mal d’argent directement ou indirectement. Mais je suis un très gros dépensier… mdr

Quels sont les difficultés auquel tu as été confronté dans l’élaboration de Redskin ?

Aucune c’est que du bonheur !!!

manga réunionnais redskinY ‘a-t-il des sacrifices à faire pour devenir mangaka ?

Oui ! Beaucoup de sacrifice de temps, c’est un métier chronophage.

Qu’est-ce qui te pousse à poursuivre Redskin ?

Raconter mon histoire au plus grand nombre, que tout le monde découvre et vibre sous ma plume.

Peux-tu donner 3 conseils à ceux qui voudraient se lancer dans le manga.

Lisez, écrivez plein d’histoire et dessinez des planches ! Et soyez persévérant ça prend des années avant d’avoir un niveau convenable.

Où peut-on acheter Redskin ?

Partout, Fnac, Cultura, librairie spécialisée et même Amazon.

 

Un grand Merci à Yvan d’avoir répondu à nos questions.

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